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 The truth - Neil Strauss

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: The truth - Neil Strauss   Lun 26 Déc 2016 - 1:12


Auteur : Neil Strauss
Année : 2015

J'avais dévoré en quelques jours le livre The game, et même après 500 pages, je savais que ça allait me manquer, ces quelques propos pertinents sur les relations et surtout ces anecdotes sur les pick-up artists.
Je voulais en savoir plus, donc j'ai enchaîné sur l'émission de téléréalité de Mystery, mais j'avais aussi envie de lire d'autres récits réels de Neil Strauss. Mon choix s'est naturellement porté sur son dernier livre en date, The truth, présenté plus ou moins comme la suite de The game, mais sur un sujet différent.
A la fin de son plus gros bestseller, Neil Strauss disait au revoir à la communauté des PUA après avoir trouvé chaussure à son pied. Et The truth, nommé à l'origine "Game over", traite des relations de couple de l'auteur après qu'il soit devenu un dragueur compulsif.

Dès les premières pages, l’écrivain se livre de façon beaucoup plus crue, et du coup sûrement avec plus d’honnêteté aussi. Ce n’est sûrement pas après les évènements de The game qu’il est devenu cet animal qu’il décrit, qui ne peut se retenir de visualiser toutes les femmes autour de lui et comment coucher avec elles ; je me doutais un peu qu’il avait enjolivé par le passé son état d’esprit et camouflé une partie de la réalité de ce qui fait un PUA, pour adoucir le jugement du lecteur. Il y avait sûrement une part de déni aussi de sa part, pour se convaincre qu’il était plus humain que ses comparses.
Strauss dévoile aussi des recoins sombre de sa vie privée et celle de ses proches, sans gêne. Le livre s’ouvre après qu’il ait trompé sa nouvelle copine.
Ironiquement, si The game a valu à Strauss la reconnaissance de nombreux lecteurs qu’il a aidé à trouver le bonheur, lui n’a toujours pas trouvé de quoi être heureux dans sa vie de couple.
Suite à son adultère, l’ex-PUA rejoint un centre psychiatrique qui soigne les addictions diverses. Les règles y sont à côté de la plaque, et les traitements absurdes, d’une sévérité excessive (si on s’en tient au portrait du sex addict qui y est dressé, ça devrait correspondre à 95% de la population).
Mais tout n’est pas à jeter, et la thérapie mène tout de même Neil à avoir une révélation bouleversante sur les rapports complètement tordus avec ses parents. Tout comme The game, The truth se lit comme un roman, avec des twists émotionnels dingues de temps à autres.
L’auteur partage les diagnostics de la même façon qu’il partagerait le savoir des PUA, permettant ainsi l’introspection du lecteur en même temps. On peut se rendre compte à quel point la façon dont on perçoit les relations de couples dépendent du rapport avec les parents… j’avais déjà eu une intuition de ce genre, mais je ne me rendais pas compte d’un tel lien de cause à effet, et tout ce qu’expose Strauss semble se tenir.
EDIT 26/01/17 : Je me rends compte rétrospectivement que ce bouquin m'a quand même ouvert les yeux sur de nombreux points par rapport à mes parents...

Ce séjour en clinique le pousse également à se poser davantage de questions, très pertinentes, mais qui auraient tendance à déranger en société. Pourquoi vouloir le formater à la vision traditionnelle du couple ? Pourquoi la monogamie serait considérée comme la norme ? Pourquoi rechercher l’exclusivité dans le sexe quand on cherche la variété dans tous les autres domaines ?
(et en même temps, Strauss se demande s’il est juste de se poser ces questions ou si inconsciemment il cherche à justifier son addiction au sexe)
Partagé entre le désir de diversité et l’envie de construire une famille, Strauss a aussi du mal à concilier son envie d’être en couple avec le fait de devoir supporter les défauts qui vont avec.
Ainsi débute sa quête pour trouver le type de relation qui lui convient le mieux, explorant toutes les formes possibles.

Neil pénètre d’abord dans une communauté polyamoureuse, et se rend à une pseudo-conférence complètement taré, quelque part entre l’expérience new-age, la secte, et le camp nudiste pour vieux… et qui se finit en orgie.
Il se tourne ensuite vers l’échangisme, et parvient à représenter le mode de pensée de cette communauté envers laquelle on peut avoir des préjugés comme étant quelque chose de sain.
Les couples s’aiment et se désirent, même s’ils ont besoin de satisfaire leur sexualité avec d’autres personnes.
Ce n’est pas pour autant que le récit est moins drôle ou dingue, très loin de là : c’est même durant cette partie que j’ai littéralement éclaté de rire.
Les étapes suivantes, c’est de se créer un harem de 3 femmes, puis tout simplement de tester une relation ouverte avec quelqu’un aux aspirations semblables.
Mais à chaque fois, rien ne convient parfaitement à l’auteur ; à chaque fois, il se retrouve avec autant de règles à respecter, si ce n’est plus, que dans un couple monogame, et des relations aussi complexes nécessitent plus de travail pour fonctionner.
Comme on le lui fait remarquer à un moment, Neil Strauss donne uniquement l’illusion d’être quelqu’un de bien. Même s’il ressent parfois de la culpabilité. Parce que pour que son harem soit viable par exemple, ça requiert un tout autre niveau de manipulation et d’égoïsme que lorsqu’il était juste pick-up artist, et utilisait déjà des moyens sournois de mettre des femmes dans son lit.
Je suis surpris que quelqu’un d’aussi intellectuel ne tienne pas compte du mal qu’il fait.
Avec son trio, il a finalement une épiphanie qui l’empêche d’aller trop loin… mais il n’y a pas moyen d’être sûr que ce ne soit pas un autre moyen d’amadouer le lecteur.

Ce qui est dingue, c’est qu’en l’espace de 4 ans, Neil Strauss a testé un peu toutes les formes de relations qui soient ; il est comme un manuel vivant.
Strauss est un type cultivé, et on sent à chacun de ses ouvrages sa soif de savoir, car pour chaque sujet auquel il s’intéresse, il s’implique à fond : il rencontre des gens du milieu, lit de nombreux ouvrages de référence, … Et il transmet ce qu’il en retient, et ce qu’il tire de ses propres expériences, au lecteur pour qui c’est très enrichissant également. Surtout que l’écrivain pose un regard différent sur des sujets sur lesquels on a des a priori.
Par exemple, j’ai été surpris d’apprendre que le but pour les hommes échangistes rencontrés par Neil n’est pas nécessairement de coucher avec d’autres femmes, mais ça peut être d’exposer celle qui les aime, pour obtenir l’admiration de ses comparses. Ou il s’agit de trouver sa compagne si extraordinaire qu’on a envie de la partager avec d’autres hommes.
J’ai eu de plus le plaisir de retrouver, comme dans The game, des pensées étonnamment profondes, à la fois bien vues et drôles par leur formulation. Strauss n’a pas perdu son sens de l’humour, très acerbe, et a la capacité de tirer des remarques amusantes de tout un tas d’observations.
Le style d’écriture est fluide et joliment imagé, et il y a même quelques idées brillantes de mise en forme du récit, bien qu’il ne s’agisse pas de fiction (vers la fin, on alterne entre la narration des étapes d’un évènement, et l’énumération d’une liste de conseils, de sorte qu’on dirait que les deux se correspondent)
C’est sans cesse captivant, il y a des phrases brillantes et/ou amusantes presque à chaque page, et une des plus belles définitions de l’amour que j’ai pu lire.

Je suis content pour Neil Strauss que tout se soit bien terminé pour lui au terme de sa quête… mais j’ai été un brin déçu que ça soit grâce à un happy-end classique, digne d’une comédie romantique, après tout ce qu’il a vécu et expérimenté… Même si la conclusion est très belle et exaltante, et qu’elle découle logiquement de tout ce qui a précédé.
L’histoire d’amour racontée est loin d’être commune et parfaite, mais elle est magnifique.

J’avais refermé The game en n’en retenant que des sentiments positifs : c’était grisant à lire, ça m’avait donné envie de sortir, de communiquer, de parler à des inconnu(e)s, en testant certaines des méthodes évoquées.
Alors que ce que The truth met ultimement en avant est une forme supérieure de connexion à autrui, bien plus difficile et longue à obtenir. C’est un ouvrage qui m’a paru un peu plus plombant aussi, en raison de passages qui ont résonné bien moins agréablement en moi.
Mais les deux livres m’ont ouvert l’esprit, sur de nombreux points.
Par contre, la démarche de Neil Strauss est notamment d’invalider le mode de pensée qu’il avait quand il a écrit The game, or mon enthousiasme suite à la lecture de cet autre livre n’est pas encore retombé, et je veux rester dans cet état d’esprit.
The truth est plein de remarques très justes, qui peuvent être prises comme des conseils pour mener une vie de couple équilibrée…
Mais les conseils, on accepte de les prendre en compte… ou non.

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