La Crypte

Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
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 Preacher

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Fry3000
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MessageSujet: Preacher   Jeu 24 Nov 2016 - 16:43


Fiche du comic :
Auteur : Garth Ennis
Dessinateur : Steve Dillon
Année : 1995

Mon avis :
J’avais envie de poursuivre ma lecture des récits sombres et tordus d’Hellblazer, mais les albums qui m’intéressent sont actuellement en rupture de stock. Idem pour Punisher.
Preacher me semblait être un bon compromis : l’auteur n’est nul autre que Garth Ennis, qui a fourni d’excellentes histoires aux deux séries sus-mentionnées. Et incidemment, un ami m’en a fortement conseillé la lecture, après que j’aie commandé les deux premiers tomes de Preacher.

Ancien voyou, Jesse Custer est devenu le prêtre d’une petite ville paumée… jusqu’à ce que tous les habitants soient réduits en cendre dans l’église, au moment où Jesse s’est fait posséder par un être né de l’union d’un ange et d’un démon (une idée qu’Ennis avait déjà présenté dans Hellblazer, tiens donc).
L’entité, nommée Genesis, serait aussi puissante que Dieu, et elle donne à notre héros le pouvoir de faire faire ce qu’il ordonne, à n’importe qui.
Avec son ex Tulip et un inconnu qu’ils viennent de rencontrer, le prêtre se lance dans un road-trip où doit retrouver Dieu, littéralement, pour comprendre pourquoi il a quitté le paradis.
Des anges envoient à leurs trousses le "Saint des tueurs", un démon banni des enfers, apparemment invincible, pour qu’il récupère Genesis.

La mythologie divine dans Preacher se retrouve toute distordue, et il y a de quoi être perdu au début, car on laisse le lecteur dans le flou, avec des allusions à la hiérarchie au paradis et aux différents types d’anges, qui ne nous sont expliqués que plus tard. Mais là encore, difficile de comprendre quelle est la conception d’Ennis du paradis, représenté comme une sorte de satellite au milieu des nuages…
La religion est révisée de façon subversive et totalement blasphématoire, Ennis va loin dans son trip et sort régulièrement des énormités, tellement grotesques qu’on dirait la fan-fiction d’un esprit détraqué.
Et puis au milieu des anges, des saints et démons, on nous balance aussi un vampire dans le tas.
Un des buts d’Ennis et Dillon étant très certainement d’être aussi provocateur que possible, les insultes et blasphème parsèment les répliques un peu plus que nécessaire, et ça enchaîne les morts et scènes gores excentriques. Même une simple bagarre de rue se finit avec un nez arrachée et une gorge déchiquetée.

J’aimerais dire que Preacher est sauvé par son écriture, mais il y a des twists que je trouve trop gros, une caractérisation parfois grossière et incohérente (l’explication du tueur en série, n’importe quoi), et quelques facilités scénaristiques.
Pourtant, il y a beaucoup d’allusions à diverses pièces du puzzle qui ne nous sont pas encore livrées, qui laissent à penser que l’auteur a une idée précise d’où il va.
Et malgré tout… la lecture est plutôt prenante.
On trouve dans les dialogues quelques répliques énormes, vulgaires mais en même temps pleines d’esprit et d’imagination : (Jesse parlant de ses fidèles) "One look at their faces and I could tell the good lord was using my prayers to wipe his ass" ; "Curiosity won’t just kill the cat, it’ll bite its head off and stump-fuck the remains ‘til the sun comes up".
Il y a des personnages hauts en couleur, aucun d’eux n’est normal, même les personnages principaux plutôt équilibrés mentalement on des traits un peu tordus (Jesse qui a des visions de John Wayne). Pour les autres, c’est une belle brochette de losers, de tarés et de freaks… qui des fois, sont même attachants, bien qu’on ne les voit que pendant quelques numéros. Je pense à ce policier malchanceux, avec son partenaire qui surpasse tous les clichés du flic badass.
Le plus mémorable des personnages secondaires doit quand même être Arseface… j’ai hâte de voir ce qu’Ennis va en faire.
J’ai par contre du mal à m’attacher aux héros, et à les cerner, surtout Jesse. En partie parce qu’on retarde la compréhension de certains aspects de sa personnalité : pourquoi il est devenu prêtre ? Qui était-il exactement avant ? J’avais du mal à saisir aussi le rapport avec Cassidy, on ignore complètement que c’est censé être le grand amour entre eux, donc on ne comprend pas qu’elle le suive partout, et que lui soit assuré qu’il va la reconquérir.
On ne comprend qu’avec la révélation de tous ces secrets à partir du numéro 9… mais jusqu’alors, les personnages sont un mystère.
C’est plus personnel, mais j’ai aussi été déçu parce que je pensais que l’auteur irait dans une certaine direction, qui aurait été une idée géniale, mais non. J’ai cru qu’Ennis allait partir du principe que ces dégénérés qui font des horreurs sous prétexte de servir dieu sont en fait vraiment soutenus par lui, comme si c’était une entité égocentrique qui exigerait d’être aimé, même de force. Mais non. Zut.

Pour ce qui est du dessin, je suis souvent partagé par rapport au travail de Steve Dillon, je trouve généralement son style trop lisse pour les récits trashs qu’il illustre souvent (par exemple… Hellblazer et Punisher, encore une fois). Mais dans Preacher, j’ai eu du mal à reconnaître son style habituel au début, et tant mieux ; son dessin est un peu plus brut, les visages plus marqués par l’usure, ce qui leur donne plus de caractère.
Il y a un bon travail de colorisation aussi, ce qui fait parfois toute la différence. Les tons sont sobres, légèrement ternes, et la palette employée se limite à quelques couleurs seulement par séquence, ce qui donne des ambiances maussades qui me plaisent bien.
Et les couvertures de Glenn Fabry sont absolument sublimes ; j’avais déjà pu admirer son travail sur, devinez quoi… Hellblazer encore, à peu près à la même époque où Dillon bossait dessus aussi.

Pour le moment je reste assez partagé sur Preacher, j’aime bien mais je ne trouve pas ça brillant non plus. J’attends de lire la suite pour voir comment certains éléments se mettent en place.

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MessageSujet: Re: Preacher   Ven 9 Déc 2016 - 17:53


A la fin du tome précédent, Jesse et Tulip se remettaient ensemble, et là ils retrouvent Cassidy.
Je me disais bien qu'il devait rester quelque chose dans la mythologie de Preacher qui n'avait pas encore été expliqué, et c'est le cas avec le Graal. C'était évoqué comme une entité et non un objet, sans qu'on sache ce que ça désigne. On apprend que c'est une organisation qui doit protéger les descendants du Christ, en vue de faire du dernier en date le nouveau messie pour l'apocalypse en l'an 2000.
Mais il y a un renversement au sein de l'organisation, avec un des membres qui recherche Jesse, pour que ce soit lui le messie.

On nous présente un tas de nouveaux personnages tordus : un duo d’investigateurs sexuels (quoi que ça veuille dire… on n’a aucune explication sur leur boulot), un homme religieux gargantuesque et boulimique à la tête du Graal, un descendant du Christ qui est un gamin consanguin (je trouve l’idée superbe), et Jesus de Sade, un riche dépravé qui s’adonne à toutes sortes d’excentricités sexuelles.
Les personnages sont plutôt funs, mais la présence de tous ces êtres farfelus n’est pas justifiée. Pourquoi est-ce que les héros croisent la route d’autant de tarés, comme s’ils étaient des aimants à freaks, ou comme si leur monde n’était peuplé que de monstres ?
Il y a quelques situations amusantes, mais à force ça ne m’a plus trop amusé, Garth Ennis accumule trop de n’importe quoi. Le bourreau eunuque, et surtout le type qui devient homo malgré lui… c’est trop con.
Pareil avec les répliques vulgaires complètement random et connes, ça peut m’amuser tout comme me paraître forcé.

Etonnamment, il y a quand même un traitement affecté des personnages principaux. Ennis aborde notamment le drame du vampire, qui voit tous ses amis vieillir et disparaître. Cassidy est décrit comme un type sensible, sous sa façade je-m’en-foutiste.
Et l’auteur renforce aussi l’amour entre Tulip et Jesse.
Mais les héros ne sont ni crédibles, ni cohérents.
On ne croit pas en Tulip en machine à tuer ; elle a appris à se servir d’un flingue, mais de là à abattre toute seule un groupe de mercenaires…
Et Jesse bat à chaque fois des groupes à mains nues, on ne sait comment ni pourquoi.

D’après l’intro, Ennis a eu plus de liberté de ton sur Preacher, après avoir changé d’éditeur. Et on dirait qu’il en profite aussi pour régler des comptes, en exposant des avis tranchés.
Par le biais de ses personnages, l’auteur s’attaque à plusieurs reprises à la psychanalyse, il démonte Charlie Chaplin en disant que ses fans doivent être des détraqués qui baisent des moutons ; il a une théorie comme quoi on sait à quel type de personne on a affaire en fonction de leur préférence pour Chaplin ou Laurel et Hardy… j’ai eu la même pensée à une époque, mais avec Chaplin et Buster Keaton (en tout cas ça m’a donné envie de revoir du Laurel et Hardy).
Et Ennis trouve encore le moyen de parler du Vietnam, un de ses sujets fétiches, avec une excuse bidon : Jesse tombe sur un vétéran qui a connu son père, et raconte leur histoire. La vision de la guerre est d’ailleurs plutôt grotesque ici.
Puis il y a encore une histoire sur les conflits en Irlande, qui m’a laissé indifférent.

J’accroche toujours pas à Preacher, j’ai même moins apprécié ce second tome que le premier.
Il y a quelques bons éléments, mais le scénario n’est pas particulièrement malin, Garth Ennis cherche à choquer par des moyens faciles, ses idées "subversives" sont assez peu originales.
Et je me suis mis à me désintéresser complètement de l’histoire… qui avance très peu, au passage, à force de multiplier les flashbacks et les intrigues secondaires.
Je ne sais pas si je vais continuer Preacher. Je vais lire autre chose, je verrai si j’en reviendrai à ce comic plus tard, mais il est probable que non.

PS : Les couvertures de Glenn Fabry sont toujours aussi puissantes par contre.

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