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Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
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 Tickled

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Tickled   Dim 9 Oct 2016 - 1:43


Fiche du film :
Réalisateurs : David Farrier, Dylan Reeve
Année : 2016
Genre : Documentaire

Mon avis :
Encore une fois il faut que je remercie le site Cracked pour me faire découvrir des trucs insolites ; dans le cas présent, le film Tickled, dont j’avais regardé la bande-annonce il y a des mois de ça. En moins de 3mn, elle faisait passer du rire au frisson, alors qu’il s’agit d’un documentaire. Pour être informé de la sortie, j’avais suivi la page sur facebook… ce qui a surtout servi à me frustrer à chaque fois qu’y étaient partagés de nouveaux avis élogieux.

Tickled est la première réalisation de David Farrier, ayant sûrement franchi le pas car il est directement concerné par les évènements relatés dans le film.
Farrier étant un journaliste Néo-Zéalandais qui s’intéresse à la pop-culture et à des tendances parfois insolites, tout a commencé avec ce qui devait n’être au départ que le sujet d’un reportage parmi d’autres. Après être tombé sur une vidéo de compétition de chatouilles, le reporter a contacté les organisateurs pour une interview… et non seulement on a décliné sa demande, mais il a par la suite reçu une série d’insultes homophobes de la part de Jane O’Brien media, la compagnie s’occupant de ces évènements.
Quand on pense qu’avec un simple refus plus poli, il n’y aurait pas eu tout ce qui a suivi...
Cette agressivité n’a fait qu’inciter David Farrier à faire lui-même des recherches sur cette société, et à peine a-t-il débuté qu’on l’a menacé de procès. Et encore, il n’avait encore rien découvert jusque là.

Ce n’est que lorsque Farrier et son co-réalisateur ont pu contacter un des participants, le seul à accepter de parler, qu’ils ont commencé à avoir une idée de ce qui se tramait.
Les compétitions recrutent des personnes en manque d’argent, de jeunes athlètes parfois mineurs, uniquement des hommes, qui ne savent pas vraiment dans quoi ils s'engagent avant d'être attachés et chatouillés devant une caméra. Ces films à tendance homo-érotique finissent sur internet, accompagnés des noms des participants, et ce même sans leur autorisation. Et quand ceux-ci protestent, pour faire court, on fait de leur vie un enfer.
Les vidéos, qu’on pouvait trouver cocasses au départ, paraissent alors complètement glauques quand on connaît leur contexte.
Et souvent, ces gens ne peuvent rien faire si ce n’est subir, voir leur vie personnelle et professionnelle corrompue, par une compagnie qui a largement les moyens financiers de se défendre.
C’est effrayant, on se dit que n’importe qui peut tomber dans les griffes de pareils détraqués, sans aucun moyen de s’en sortir, encore moins d’obtenir justice.
Je trouve du coup très courageux de la part des cinéastes d’avoir résisté aux menaces et d’être allés jusqu’au bout pour découvrir toute la vérité sur Jane O’Brien media… car le film n’est pas avare en surprises. Le pire étant que ce n’est pas la première incarnation de la personne derrière tout ça.

C’est sûrement son côté reporter qui fait ça, mais Farrier explore vraiment son sujet de sorte à ne pas uniquement laisser du milieu qui est dépeint la vision négative qu'en donne Jane O'Brien ; le cinéaste interviewe également un réalisateur de vidéos fétichistes, toujours en rapport avec les chatouilles, mais qui a un rapport beaucoup plus sain avec sa propre lubie et ses acteurs.
En plus de ça, ce contrepoint aide à mieux définir ce qu’il y a de dérangeant avec Jane O’Brien media : le fait que la société semble dirigée par des gays refoulés, qui prennent leur pied en filmant des jeunes hommes qui se chatouillent… mais qui, entre autre façons de persécuter les participants non-coopératifs, menacent de répandre des rumeurs sur leur homosexualité présumée.
Si on excepte des passages qu’il a fallu tourner en caméra cachée, Ticked bénéficie aussi d’une bonne réalisation et surtout d’un très bon montage, dont le rythme soutenu fait qu’on ne décroche à aucun moment.
Il y a quelques procédés de mise en scène qui font penser à de la fiction, comme avec ces bruitages de rires qui font froid dans le dos, mais ils servent le film sans trahir son aspect documentaire.
Tickled se présente parfois comme un drame (lorsqu’on en apprend plus sur la famille d’O’Brien, c’est tragique), mais le plus souvent comme un thriller (il y a même une filature en voiture !), et le film se vit comme tel.
J’ai eu des frissons tout au long du film, simplement parce que ce qu’il présente est réel… et c’est plus effrayant qu’une fiction.

Le film est encore trop récent pour qu’on mesure son impact, mais j’espère sincèrement que les personnes associées à Jane O’Brien media auront, d’une façon ou d’une autre, ce qu’ils méritent. Parce qu’à ce jour, ils n’ont pas encore été condamnés et continuent ce qu’ils font.
Tickled, c’est un récit à la David contre Goliath, où on veut voir les gentils gagner contre les méchants oppresseurs, pourtant beaucoup plus forts. Mais il faut encore attendre pour connaître la fin de l’histoire.

Bande-annonce VO :

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