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 The lure

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: The lure   Mer 7 Sep 2016 - 21:29


Fiche du film :
Réalisatrice : Agnieszka Smoczynska
Scénariste :  Robert Bolesto
Année : 2015
Genre : Fantastique / Drame / Comédie musicale
Acteurs principaux : Marta Mazurek, Michalina Olszanska, Kinga Preis

Mon avis :
Le site Cracked m’aura souvent diverti quand je ne savais trop quoi faire, et m’a fait découvrir tout un tas de bizarreries. Les articles, très souvent des listes aux sujets accrocheurs, m’ont fait connaître des faits historiques insolites, des anecdotes obscures sur la pop-culture, et des œuvres étranges (comme Poochinski !). Il y a quelques mois, il y avait un article au titre un peu racoleur, "6 Awesome New Movies That No One Told You About", où j’ai appris l’existence de Tickled (documentaire que j’ai hâte de voir), Operation avalanche, et The lure.
Ce dernier était projeté cette année à L’étrange festival, et il s'agit d'un drame/comédie musicale Polonais avec des sirènes tueuses. C’est à peu près tout ce que j’en savais, le teaser restant lui aussi très mystérieux, mais ça suffisait pour me donner envie.

Le physique des sirènes de The lure correspond à l’imaginaire collectif, ce corps mi-femme mi-poisson, alors que dans la mythologie il s’agissait de têtes de femmes sur des corps d’oiseaux, mais le film en revient à la nature originelle de ces créatures : des charmeuses d’hommes, qui les attirent par leur chant, pour les manger.
Les héroïnes de The lure, Silver et Golden, sont deux sœurs issues de la mer, qui sortent de l’eau un soir ; des humains les voient… et hop, elles finissent dans un cabaret.
Elles sont présentées au patron de la boîte, qui ne s’étonnent pas de voir leurs jambes se transformer en énorme queue d’animal marin au contact de l’eau ("elles sont vraies ?", tu viens de les voir se transformer, tu crois quoi, qu’on vient de te faire un tour de magie ?), non, il est simplement admiratif, et pense de suite à les embaucher pour chanter et faire du strip-tease.
Le cabaret, par ses éclairages et ses musiques, adopte un style 80’s plutôt sympathique. Quoique, l’étalonnage moderne rend les couleurs trop saturées à mon goût.
Ca fait plaisir au début d’entendre "I feel love" de Donna Summer, mais les chansons suivantes, celles composées pour le film, sont juste correctes, elles n’ont rien de mémorables (j’ai encore la composition de Moroder en tête, alors que les autres chansons, je n’en garde déjà aucun souvenir)
Mais en plus, ces passages musicaux sont bien trop nombreux. Je trouvais que c’était une bonne idée d’employer le chant des sirènes pour amener des numéros musicaux, ça aurait été encore mieux si ça avait eu une fonction dans l’intrigue ; il y a bien une séquence où l’une des filles chante par nécessité, pour se tirer d’une mauvaise situation, mais c’est la seule occurrence.
Il y a de quoi se questionner sur l’utilité d’autres chansons, comme celle où les sœurs chantent à propos de la vie en ville, tandis qu’elles font du shopping. Ça n’est même pas second degré.

A côté de ça, The lure n’arrive pas à développer correctement une histoire. Le film effleure de nombreux thèmes sans vraiment les traiter, esquisse de nombreuses intrigues et relations entre les personnages sans les mener à terme. On voit alors défiler des séquences sans trop de lien entre elles.
On pourrait penser que The lure va traiter du rapport entre les sirènes et la femme qui les recueille, une quadragénaire qui semble être une vieille gloire du cabaret, mais qui se contente de chanter sans se déshabiller. Je me suis imaginé qu’elle prenait les deux sœurs sous son aile pour vivre par procuration à travers elles, bien plus jeunes… mais aucune scène du film ne va en ce sens. Alors que ce n’est quand même pas un hasard si la réalisatrice a choisi une actrice plus âgée, et en a fait une ancienne vedette (on peut voir des affiches dans l’appartement du personnage).
L’une des sœurs aspire à devenir humaine, pour poursuivre sa relation avec un homme, un peu comme dans une version trash de La petite sirène. Mais leur relation n’est jamais correctement établie, elle ne se base que sur des échanges de regard et une scène où le type aide la fille à se relever. Et c’est censé suffire.
L’autre sirène se plaît comme elle est, et ne se gêne pas pour manger des humains de temps à autre. Ce qui nous amène à un autre souci du film, lié également à la pauvreté de son écriture : on ne comprend pas l’univers que The lure essaye à peine d’établir. Pendant longtemps je n’ai pas su si l’existence des sirènes était connue de la plupart des humains (si c’était le cas, pourquoi est-ce que cette femme crie à leur vue au début ? Ça n’a aucun sens quand j’y repense, tout ce qu’elle voit à ce moment-là c’est deux femmes dans l’eau, et elle les amène au cabaret ensuite), mais au bout d’un moment, il semble apparent que si. Car soudain, on découvre que ce n’est pas une procédure médicale si rare, que de remplacer la queue d’une sirène par des jambes. C’est d’ailleurs tout simple : il suffit de couper au milieu du ventre, et coudre le bas du corps. Bah oui, c’est pas si compliqué une greffe, en fait.
Mais donc, pourquoi laisse-t-on les sirènes circuler librement, alors que ça ne semble pas être un secret, qu’elles mangent les hommes ? Il y a bien une scène où l’une des sœurs est interpellée par la membre d’une milice, mais elle s’en débarrasse, et on n’en parle plus.

Les sirènes parlent à un moment d’aller à New York. Et puis on n’en parle plus.
Soudain un type allume la radio et se met à danser et à chanter en playback. Sans raison. Et on passe à autre chose.
The lure est un film qui ne sait pas où il va, qui manque de cohérence, et qui à défaut d’avoir un scénario bien organisé, s’appuie sur des numéros musicaux, si nombreux qu’ils en sont souvent gratuits, ou sur quelques expérimentations visuelles, pas mauvaises mais qui, là encore, ne sont pas justifiées. Ce qui, à force, m’a ennuyé.
Oui The lure est un film insolite, et unique en un sens, mais c’est creux.

Je crois que la réalisatrice était censée présenter le film, or elle n'était pas là, et on ne nous a rien dit à ce sujet. Peut-être qu'elle nous aurait éclairé sur ses intentions, mais je doute que mon avis en aurait été changé.

Bande-annonce VO :

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