La Crypte

Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Spetters

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 25
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Spetters   Dim 7 Fév 2016 - 6:48


Fiche du film :
Réalisateur : Paul Verhoeven
Scénariste : Gerard Soeteman
Année : 1980
Genre : Drame
Acteurs principaux : Hans van Tongeren, Renée Soutendijk, Toon Agterberg

Mon avis :
J'adhère beaucoup moins aux réalisations Hollandaises de Verhoeven, je préfère quand sa subversion s'applique à des genres de films plus Hollywoodiens, mais Spetters est le plus réputé de ceux qu'il a tourné avant de rejoindre les USA.
Et puis, c'était le film programmé à ce 4ème festival Toute la mémoire du monde à la Cinémathèque qui était suivi d'une masterclass.

Spetters suit le destin d'une bande de jeunes à l’esprit rebelle, réunis par leur passion pour le motocross. C’est amusant de suivre leurs frasques, qui font l’objet de gags parfois très drôles tout en attestant d’un style de vie très grisant. Il y a un ton de teen movie, mais sans les excès des productions américaines, ici il y a une sensation de réalisme, bien que les protagonistes osent tout. On baisse le décolleté d’une fille bourrée, on s’embrasse entre mecs hétéros pour déconner, … on fait le concours de celui qui a la plus grosse, et chez Verhoeven, c’est littéralement le cas !
Il y a un vrai sentiment de liberté qui se dégage des aventures du groupe de personnages, transmis par le goût de la subversion de Verhoeven, qui de plaît à montrer le sexe et des transgressions diverses de façon très frontales (c’est même, techniquement, pornographique).
On a également le plaisir de cette ambiance 80’s très marquée, avec ce qu’elle a de meilleur (Blondie et Iggy Pop à la BO) ou de pire (ces styles vestimentaires !).

Mais cet esprit de transgression généralement bon enfant prend très aisément une teinte plus sombre, quand dans le même esprit de déconne que pour le reste, les héros en viennent, comme si c’était normal, à martyriser des homos qui passaient par là.
C’est ça qui est fort avec Verhoeven, sa capacité à jongler avec les tons, créer des contrastes qui mettent mal à l’aise ; et on retrouve ça dans ses autres films.
Et pourtant, Spetters doit bien être l’œuvre qui démontre que Verhoeven n’est ni homophobe, ni misogyne, comme on le lui reproche souvent. La tournure de certains évènements rend ce film étonnamment tolérant envers la communauté gay pour un film fait en 1980, et on a également déjà un personnage féminin fort, "couillu" si j’ose dire, qui devance les héroïnes de Basic instinct ou Showgirls. Il est là aussi question d’une femme manipulatrice, qui laisse croire qu’on la domine, alors que c’est elle qui prend le contrôle par son charme. Simple serveuse à un stand de beignets et frites, Fientje essaie de séduire quiconque a des chances de lui offrir un avenir plus radieux.
Or, alors que Spetters avait une dominance comique au début, ça tourne au drame fataliste quand on constate que tous les personnages essaient d’une façon ou d’une autre de se sortir de leur misère, alors qu’ils en reviennent toujours à leur médiocrité ; ils se cassent la gueule malgré toutes leurs tentatives. Et à chaque fois que la fille parie sur l’avenir d’un type avec qui elle couche, elle échoue en même temps qu’eux.
Et il y a des séquences réellement sordides, enfin une en particulier (dans le métro en chantier…) qui m’a fait halluciner.
Mais Verhoeven couvre pratiquement tous les drames de son cynisme ; même quand on essaie de se montrer gentil envers un ado tout juste handicapé, c’est en lui offrant un fauteuil roulant mieux que l’ancien. C’est présenté comme une chose positive, mais la sinistre ironie de la situation saute aux yeux.

Spetters dure presque 2h, et c’est plaisant de suivre le parcours de chaque personnage sur une longue période. Contrairement à d’autres qui m’accompagnaient, je n’ai pas trouvé le film trop long ; je pense d’ailleurs que c’est celui que je préfère de la période Hollandaise de Verhoeven. Par contre, je m’imagine mal le revoir, ça serait moins divertissant que revoir du Total recall ou du Basic instinct.

Bande-annonce VO :

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.users-board.net
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 25
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Re: Spetters   Dim 7 Fév 2016 - 8:06

Bon, concernant la masterclass maintenant :
Paul Verhoeven a 2 ans de plus que Dario Argento, mais il est autrement plus en forme, on lui donne aisément 10 ans de moins. Et ça rassure, ça promet peut-être encore de bons films de sa part.
Le Hollandais fait partie (avec Lloyd Kaufman et John Waters) des types que je trouve les plus fun en interview. En masterclass, ses réponses étaient un brin irrévérencieuses, parfois très drôles. A l'image de ses films, donc.
J'adore sa franchise. Il a redit qu'il aimait pas le scénario de RoboCop, et qu'il l'a fait juste pour placer sa symbolique avec Jésus. Alors que d'autres, acteurs ou réalisateurs, alignent leur discours sur le succès ou l'échec d'un film.
Ce qui m'a surpris, c'est qu'il ait exprimé un désintérêt pour les scènes d'action à côté... alors que vu comme il y va à fond dans ses films américains, je pensais qu'il adorait ça.
Et apparemment, après ce gros succès de RoboCop, il a fait les films suivants juste parce qu'on lui filait le script.
Vraiment, j'adore ce réalisateur, pour cette forte personnalité, qui se retrouve dans son œuvre.
J'ai pu poser une question (a-t-il vu les suites de ses films ?), mais j'ai aussi eu la réponse à une autre que je n'avais pas formulé : quel est son film qui l'a fait connaître aux USA ? Et apparemment, c'est grâce à Soldier of Orange.

Je voulais me dépêcher de sortir car il enchaînait sur une séance de dédicace. La sortie était laborieuse : on nous a indiqué 4 ou 5 fois une sortie différente. Heureusement qu'il n'y avait pas d'incendie dans la salle, on aurait été foutus.
Bon, moi qui trouvais la dédicace d'Argento expéditive... c'était pire pour Verhoeven. Un intermédiaire prenait l'objet à faire signer, le refilait au cinéaste, et on ne pouvait même pas lui adresser un seul mot. La traductrice était placée entre moi et lui, j'ai dû m'adresser à elle, et insister pour avoir mon prénom sur le DVD.
Là encore, je n'ai pu faire signer qu'un objet, j'ai dû choisir Flesh+blood, où j'avais déjà la signature de Rutger Hauer.
J'ai appris plus tard que les premiers avaient pu signer autant d'objets qu'ils voulaient. C'est seulement à 15mn de la fin (d'une séance de dédicace qui a duré en fait moins d'une heure), qu'on a annoncé aux gens restants qu'ils n'avaient droit qu'à un objet. Et un peu plus loin derrière moi, on a choisi arbitrairement quelqu'un qui serait le dernier à avoir sa signature.
C'est très... injuste. Ce serait plus logique de limiter à un certain nombre d'objets dès le début.

4h plus tard, nuit Verhoeven. Il a présenté les 3 films.
En premier, Total recall. Fucking genius. On a tout le plaisir d'une série B avec le budget d'un blockbuster et un scénario futé.
En second, Showgirls. Je trouve ça audacieux de l'avoir programmé parmi les trois films, vu comme celui-là est peu apprécié. Un film tapageur, un étalage de mauvais goût, des personnages sales, vicieux, manipulateurs, matérialistes, beaufs, à la vision totalement déformée des rapports humains, et qui balancent des répliques complètement horribles mais du coup hilarantes. C’est jusqu’au-boutiste, d’un énorme cynisme, et pourtant Verhoeven filme avec soin, fait dégager une énergie dingue de chaque séquence. Putain mais quelle merveille.
Et en dernier, Starship troopers. Je trouvais ça lourd déjà quand j’étais ado, je trouve ça lourd là encore. Je me suis ennuyé malgré toute l’action. Et esthétiquement je trouve ça cheap, on dirait du Stargate SG1 comme l’a dit Ugo. C’est pas mauvais mais c’est vraiment celui que j’aime le moins dans les films Américains de Verhoeven.

Bon il est 9h du matin, j’avais besoin d’écrire (ouais parce qu’en plus de ce texte, il y a mes critiques de Spetters et Showgirls), alors que d’ici 5h je dois être à la séance de Suspiria…

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.users-board.net
 
Spetters
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Crypte :: Cinéma :: Films divers-
Sauter vers: