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 Network, main basse sur la TV

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Network, main basse sur la TV   Ven 15 Jan 2016 - 22:33


Fiche du film :
Réalisateur : Sidney Lumet
Scénariste : Paddy Chayefsky
Année : 1976
Genre : Drame
Acteurs principaux : Faye Dunaway, William Holden, Peter Finch

Mon avis :
J’ai découvert Network en école de cinéma, on nous avait passé un extrait en année prépa je crois (probablement dans le cours sur les media de Mr Smith). Ca m’avait intéressé, cette critique des dérives de la TV qui remonte quand même à la fin des 70’s. Un ami me l’a encore recommandé avant-hier. Mais le déclic, c’est hier, quand j’étais en train de me demander quel serait le prochain film que je verrais, et que je lisais le bouquin sur Body double, où ils citent soudain Network comme la meilleure critique que le cinéma ait fourni sur la télévision. Ne m’en dites pas plus.

Howard Beale, présentateur TV en vogue, perd son audience. Puis sa femme, à son décès. Il déprime, boit, et enfin perd son boulot. Il annonce alors en direct que d’ici une semaine, devant la caméra, il va faire sauter sa cervelle. De quoi laisser le temps aux chargés de comm de faire la promo.
Le lendemain, censé présenter ses excuses à l’antenne, il choisit plutôt de déclarer tout ce qui lui pèse depuis toutes ces années, il lève le voile sur tout le "bullshit". Et crée un record d’audience. Et alors qu’il s’élevait contre la chaîne, celle-ci veut réemployer sa rage pour en faire une émission, voyant comme ça a plu au public.
Beale devient vraisemblablement fou, il aurait entendu des voix lui dictant ce qu’il devait dire à la télévision, mais la chaîne est aux anges : l’émission est un succès.
Beale pousse à la révolte, et il fait réagir les gens, qui ne restent plus spectateurs… leur mouvement de contestation commun a quelque chose de grisant, pendant quelques secondes, avant de s’avérer profondément triste car ils se contentent de répéter à l’exact une phrase qui leur a été dictée, et ça sert d’outil de mesure de l’impact de l’émission.
Peu importe la force des vérités délivrées par Howard Beale dans ce qui devient littéralement le "Howard Beale show", c’est pris pour un simple spectacle parmi d’autres. Le pauvre homme ne s’en rend même pas compte, il a été pris au piège à cause de l’illusion qu’il pouvait changer les choses. Il devient un simple instrument ; d’ailleurs une fois passées les 10 ou 15 premières minutes du film, il restera désincarné ; les vrais personnages sont les autres acteurs de la chaîne.

Mais pour moi, il n’y a rien de surprenant. Il y a 40 ans, ce dont parle Network était sûrement nouveau, mais ces histoires de courses à l’audience, de mauvais journalisme ou de contrôle des media par les grandes corporations, ce sont des choses dont je suis déjà conscient. Soit parce que je l’ai vu dans d’autres films (Tueurs nés, Nightcrawler, ou même Anchorman 2), soit parce que je l’ai simplement constaté par moi-même.
Il y a bien un propos un peu différent que Network essaye de tenir sur la désensibilisation aux problèmes humains par la télévision, mais ça s’applique aussi au cinéma… mais ça, forcément, le film ne le dit pas. De toute façon ce n’est pas un message qui m’a affecté, parce que je pense qu’on peut encore être en contact avec ses émotions malgré l’image faussée des rapports humains qu’on peut voir dans des fictions. Les rapports sont simplement différents.
Ce qui m’a gêné aussi, c’est que le film reste sérieux et réaliste la plupart du temps, mais fait des incursions dans le burlesque (le contrat avec la guerilla), et exagère largement certaines situations (le final, que je n’ai pas du tout aimé). Ca m’a sorti du film, et ça gâche le propos je trouve, car la pertinence de Network réside dans son réalisme. Critiquer par la simple représentation d’une réalité, ou du moins de quelque chose de crédible qui correspond plus ou moins à la réalité.

Il y a un personnage, ami avec Howard et en charge de son émission, qui s’oppose à cet avilissement du métier de journaliste. Il représente une génération en train de disparaître, laissant la place à une autre incarnée par Faye Dunaway, qui a grandi avec la télévision et ne recule devant rien pour faire de l’audimat. La première séquence où ils se confrontent, où l’homme rejette les idées qui l’indignent de la programmatrice, se finit avec lui qui l’invite à dîner. What ?
Je pensais que la jeune femme ambitieuse cherchait juste à séduire son collègue pour mieux le piéger, mais non, leur relation est traitée comme une romance au premier degré, et c’est raté.
Certes le scénariste était conscient que ça ne pourrait pas marcher entre eux, mais à la façon dont ça débute, il n’y a même pas cette illusion qui aurait pu faire passer le fait qu’ils se mettent ensemble, c’est juste forcé.
Par ailleurs, je trouve pour le coup le personnage de Dunaway pas encore assez déshumanisé, il reste entre deux eaux ; étant donné ses intentions, et surtout sa décision dans le dénouement, elle aurait mérité d’être dépeinte plus tôt comme bien plus insidieuse. Parce que je vois bien où on veut en venir avec cette femme vigoureuse qui ne vit que pour son boulot et est prête à tout, mais la caractérisation du personnage ne va pas avec ce profil.

Je suis assez partagé donc, j’ai aimé Network mais il y a des défauts que je ne peux pas ignorer.

Bande-annonce VO :

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