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 Cocaine cowboys

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Cocaine cowboys   Sam 2 Jan 2016 - 19:01


Fiche du film :
Réalisateur : Billy Corben
Année : 2006
Genre : Documentaire

Mon avis :
Hotline Miami m’avait fait un tel effet que j’avais cherché à retrouver les mêmes sensations devant un film, en vain. Il y a toutefois un long-métrage que les deux créateurs du jeu-vidéo citaient comment influence première : Cocaine cowboys. Sauf qu’il s’agit d’un documentaire. Alors non, je ne m’attendais pas à y retrouver cette violence si savoureuse et prenante du jeu, mais le sujet était quand même tentant : l’histoire des trafics de coke à Miami dans les années 70 et 80 ; sorte de version réelle de Scarface.

Jusqu’au début des 70’s, Miami était encore une destination de vacances prisées, et un lieu où les retraités venaient mener une vie paisible. Puis le sud de la Floride est devenu le lieu idéal pour faire parvenir la drogue aux USA : une vaste côte non surveillée, aucun contrôle des arrivées en bateaux ou en avion… Bientôt, 95% des imports en drogue arrivaient par là.
Le marché était mené par les Colombiens et les Cubains, les premiers transportaient la drogue, les seconds la distribuaient.
Mais les deux principaux intervenants du documentaire sont deux américains, Jon Roberts et Mickey Munday, qui font le récit d’une véritable success story insensée. Roberts a commencé lorsqu’il a découvert une immense quantité de coke chez un ami, après son décès. Plus il vendait, généralement à des médecins, avocats, pilotes, (et autres métiers qui rapportent), plus on lui présentait de nouveaux amis à qui vendre. Il a même vendu aux Grateful dead et à une équipe de Superbowl. A un moment, il gagnait des centaines de milliers en vendant 5 à 10 kilos d’un coup.
Son commerce marchait tellement qu’il ne pouvait plus fournir assez de marchandise. C’est alors que sa copine lui a présenté son ami pilote, Mickey Munday.

Ce qui est génial, c’est que ces deux types, qui ont joué une part importante dans ce commerce de la coke, déballent tout devant la caméra sans problème, et racontent parfois des trucs dignes d’une fiction.
Munday et Roberts sont allés à la rencontre d’un Colombien, Rafa, qui était prêt à leur fournir la coke dont ils avaient besoin. Il a appuyé sur un bouton, le mur s’est ouvert, et il y avait plus de coke qu’ils n’en avaient jamais vu.
Ils font part aussi de leurs techniques, plutôt astucieuses. Ils ont acheté une propriété privée, avec leur propre piste d’atterrissage, et garaient leurs avions dans de fausses granges.
Et pour le transport de coke en voiture, ils faisaient un convoi avec une voiture à l’avant à l’arrière pour surveiller, ou alors ils plaçaient le véhicule sur une dépanneuse.
Ils voyageaient de Colombie à Miami en avion ou en bateau, et ont une fois remorqué un bateau de la police qui était en panne.
Et apparemment, sous Noriega, le blanchiment d’argent était légal au Panama.
Pendant des années, la police n’avait aucune idée de ce qui se tramait, ça a été une surprise totale quand on a balancé Munday et Roberts ; sans quoi ils auraient pu continuer impunément.

Il y a des trucs qu’on ne voit pas dans les films, car on n’y croirait pas, mais apparemment la coke était tellement omniprésente dans les 80’s que dans certains clubs, les employés aidaient les clients à la consommer.
On pouvait payer de grosses sommes en cash, pour des voitures ou des avions, sans qu’on ne pose de question.
Roberts raconte qu’il avait tellement de fric qu’il ne savait plus où le planquer. Et il dépensait des milliers de dollars par soir, dans des clubs ou restaurants. Il a découvert qu’on pouvait acheter pratiquement n’importe qui, c’est juste une question de prix.
Et le trafic de drogue à l’époque faisait marcher l’économie, ça a fait prospérer les banques et a carrément participé au développement de la ville.

Le documentaire présente comme un tournant un massacre en lien avec le trafic de drogue qui a eu lieu près d’un centre commercial en 1979. Une guerre avait lieu entre les Cubains et Colombiens, si j’ai bien compris.
C’est là qu’apparaît le terme "cocaïne cowboys", c’est le nom attribué par les media de l’époque aux trafiquants.
Les meurtres sont devenus courant à Miami à partir de là, atteignant un nouveau record chaque année. La ville est devenue véritablement le lieu le plus dangereux sur Terre ; la tagline de Miami Connection disait donc vrai ?
De plus, en 1980, Fidel Castro a expulsé tous les indésirables de Cuba (meurtriers, alcoolos, handicappés, prostituées, …), les mettant sur des bateaux en direction de Miami, ce qui n’a pas amélioré la criminalité.
Miami avait alors besoin de plus de flics. Il était autrefois interdit de rejoindre la police à ceux qui avaient déjà consommé de la drogue. Cette restriction a été réduite, peu à peu, sans effet, jusqu’à ce qu’il soit juste question de ne pas être sous l’influence de la drogue actuellement pour pouvoir rejoindre la police.
Et forcément, ça a créé un regain de corruption…

Durant la seconde partie du documentaire, Munday et Roberts s’effacent un peu, pour laisser place au témoignage de Rivi Ayala, un tueur à gage au service de Griselda Blanco, la Marraine du trafic de drogue. On est suspendu aux paroles de Rivi, l’intrigue est prenante comme une fiction. Il a rencontré Blanco quand il a foutu en l’air une tentative d’assassinat, et on lui a donné une semaine pour retrouver ces types et les tuer.
C’est à partir de là qu’il a commencé à bosser pour Blanco, qui tuait ou faisait tuer des gens pour n’importe quel prétexte, qui en avait rien à faire des dommages collatéraux, aimait découper ses victimes, et aurait tué plusieurs de ses maris.
Un personnage présenté sans aucune qualité qui pourrait la racheter, une figure froide et sans cœur comme on n’en voit même pas au cinéma.

Cocaine cowboys dure 2h et vu la durée, c’est très impressionnant la quantité d’images et d’archives audio que le réalisateur a pu retrouver. Le problème en revanche, c’est qu’on ne connaît pas forcément la source, il peut y avoir des images d’illustration qui n’ont aucun rapport avec le propos. J’ai reconnu l’affiche de So fine, un film dans lequel a joué la copine de Jon Roberts, mais ils ont mis la photo de ce dernier à la place de l’acteur du film…
On voit aussi très souvent que le montage "triche" en coupant dans les paroles, on entend parfois le début de la phase suivante d’un interlocuteur alors qu’on est sur un plan où il vient de clore ses lèvres. Mais il y a tellement d’anecdotes dans ce documentaire, que ça dure 2h même en compressant les infos à ce point, du coup la frénésie du montage est compréhensible.
Ca donne un docu très riche et complet, qui couvre bien des aspects de son sujet, et s’avère aussi prenant voire plus impressionnant qu’un film de gangster.

Bande-annonce VO :

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