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 Police fédérale Los Angeles

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Fry3000
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MessageSujet: Police fédérale Los Angeles   Sam 26 Déc 2015 - 1:38


Fiche du film :
Réalisateur : William Friedkin
Scénaristes : Gerald Petievich et William Friedkin
Année : 1985
Genre : Policier
Acteurs principaux : William Petersen, Willem Dafoe, John Pankow, Darlanne Fluegel

Mon avis :
J'ai vu Traqué de Friedkin hier, je n'y ai pas adhéré, mais je me suis dit par la suite qu'il serait temps que je me voie ce classique du même réalisateur qu'est Police fédérale Los Angeles. Un polar de Friedkin dans les 80's, c'était pour moi...

Jim Hart, vieux flic rôdé, enquête sur une affaire de faux billets… à 2 jours de sa retraite. J’ai vu suffisamment d’épisodes des Simpsons, où c’est un gag récurrent, pour savoir que ce n’est pas bon signe. Et effectivement, suite à son décès, c’est son partenaire, Richard Chance, qui doit prendre la relève, prêt à coffrer le meurtrier peu importe les moyens employés ; que ça soit dans le cadre de la loi ou non.
Il se voit toutefois imposer un nouveau coéquipier, moins enclin à s’écarter du droit chemin. Une situation plutôt classique, quoiqu’on n’exploite pas tant que ça les rapports entre les deux personnages. Le film s’attarde davantage, de temps à autres, sur la relation, plus originale, entre Chance et sa maîtresse, qui est également son informatrice, qu’il manipule en lui faisant croire à la suspension de sa conditionnelle. Elle a aussi la particularité de s’informer en se rapprochant de ses suspects (mais à quel point ?).
L’intrigue policière est jalonnée de situations délicates qui sont autant de casse-têtes pour le héros, mais plus que par l'histoire, j'ai été marqué par la façon dont elle est mise en scène.

L’esthétique, la musique, et même le contexte de L.A. avec ses néons, ses palmiers, ses levers ou couchers de soleil… Tout ça sent les 80’s à plein nez, et j’en suis très friand. Mais j’adore encore plus quand un grand cinéaste s’empare de tout le kitsch de cette époque pour lui donner de la classe (comme De Palma entre 80 et 84).
Police fédérale Los Angeles regorge de superbes idées visuelles, qui magnifient des scènes qui pourraient être banales. Les besoins du scénario rejoignent parfois les prétentions artistiques, une action comme la vérification d’une planche à billets se retrouve à fournir un plan à la limite de la poésie, lorsque le faussaire souffle sur sa création et fait apparaître le dessin.
Et des plans d’apparence tout simples se retrouvent avec une composition magnifique, aussi soignée que s’il s’agissait d’une photographie, avec une utilisation intelligente des décors urbains.
Il y a aussi un joli travail sur les bruitages et la musique, en harmonie avec le montage, ce qui rend captivantes des séquences qui auraient pu être un peu laborieuses, comme cette démo étape par étape de la fabrication de faux billets.
La BO électro, très marquée par son époque aussi, est toutefois d’un dynamisme qui insuffle de la puissance et de la tension aux scènes plus mouvementées. On parle bien plus souvent de la poursuite en voiture de The French connection, mais je trouve que celle de Police fédérale Los Angeles prend bien plus aux tripes.
Par ailleurs la violence du film a, je trouve, un puissant impact, sans avoir à se manifester trop souvent ni virer au gore.

Il y a quelques coups de mou sur les deux heures que dure ce long-métrage, mais quelle œuvre belle et puissante. Police fédérale Los Angeles vient déjà se placer dans mes polars favoris, et dépasse L’exorciste pour arriver au sommet de mon top Friedkin.

Bande-annonce VO :

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Dernière édition par Fry3000 le Jeu 6 Oct 2016 - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Police fédérale Los Angeles   Dim 3 Jan 2016 - 0:53

To live and die in LA ayant été un gros coup de cœur, je me suis acheté le DVD zone 1 (celui zone 2 n'a aucun bonus), qui contient un making of de 30mn.
Friedkin y mentionne voir son film comme présentant un "monde de contrefaçon", le terme ne s'appliquant pas juste aux faux billets fabriqués par le méchant mais aussi à l'ensemble des personnages, leurs rapports et émotions, leur statut de policier, etc.
Et l'acteur principal fait remarquer que son personnage se croit non seulement au-dessus des lois mais aussi au-dessus de la vie et de la mort. D'où ces séquences où il fait du saut à l'élastique. D'où cet esprit de tête brûlée. D'où ce danger auquel il s'expose si souvent et qui, selon Friedkin, ne pouvait que le mener à la mort.
Putain, pourquoi j'ai pas remarqué tout ça par moi-même ? L'avis que j'ai rédigé ci-dessous est tellement creux, à ne parler que de l'esthétique. Il aurait fallu que j'aie plus de recul pour proposer une meilleure analyse.

Mais on a aussi un aperçu de la méthode Friedkin dans le making-of. Il n’a pas fait tant de films que j’apprécie, mais j’adore quand même ce cinéaste, il est décidément en marge.
Il voulait tourner To live and die in LA de façon indépendante, et faire dans la rapidité étant donné qu’ils tournaient souvent dans des décors réels, dans les rues, etc. Quitte à faire une entorse aux règles pour avoir ce qu’il veut. Comme faire courir son acteur sur l’espace entre deux tapis coulissants, dans un aéroport, bien qu’on le lui ait interdit, sous risque de se faire jeter.
Et l’équipe a vraiment fait des faux billets, avec l’aide de "consultants". Le fils de l’accessoiriste en a même piqué quelques uns, ce qui a causé quelques problèmes avec les vrais services secrets.

Friedkin dit aussi préférer la spontanéité dans le jeu de ses acteurs, et du coup il n’aime pas les répétitions. Il a tendance à faire croire aux acteurs qu’ils répètent, avant de crier "cut" et de passer à la prise suivante.
Et la scène où Chance démolit la valise censée contenir de l’argent, c’est l’acteur qui improvisait, parce que personne n’avait dit de couper. Et qu’il brise la valise et qu’un annuaire en tombe, ça n’était pas prévu non plus.

La séquence de poursuite, qui m’a marqué, a nécessité 6 semaines de tournage. En équipe réduite, car le film avait déjà dépassé son budget.
Et quand on voit les héros rouler en sens inverse sur l’autoroute, la voiture était tractée par un autre véhicule, et placée sur un mécanisme qui la faisait tourner, donnant l’illusion qu’elle dérape. Dans le film, en plan serré, l’illusion est parfaite, on croirait vraiment que la voiture zig-zague pour éviter ceux qui arrivent en sens inverse.

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