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 Scream the TV series

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Scream the TV series   Sam 29 Aoû 2015 - 13:00


A la fin des 90’s, Wes Craven a fait un coup d’éclat avec Scream, qui a momentanément relancé l’intérêt du public pour les slashers. Selon moi, le succès du film s’explique par sa capacité à s’adresser aussi bien aux fans d’horreur de longue date, en proposant une analyse et une mise en abyme futées des codes des slashers des 80’s, qu’à un public de néophytes. Le film a cartonné parmi les jeunes, donnant lieu à 3 suites qui se sont de plus en plus éloignées de ce qui, pour moi, faisait vraiment l’intérêt du premier : son propos ! Dès Scream 3, il n’y avait plus rien de nouveau à dire sur le cinéma d’horreur, et il ne restait plus qu’un slasher bête et basique, sans valeur ajoutée.
Hormis d’un point de vue financier évidemment, le succès de Scream auprès du jeune public lui a nui, et maintenant, je vois l’adaptation en série sur MTV comme le point d’orgue de la dépossession, par la nouvelle génération, de ce qui faisait l’âme de ce qui était autrefois un film d’horreur intelligent.

MTV, à une époque, c’était des séries acerbes et subversives comme Daria ou Celebrity death match. Aujourd’hui, entre 16 and pregnant, Jersey shore ou encore Mon incroyable anniversaire, il n’y a plus que des programmes abrutissants, dont Daria se serait allègrement moquée…
Alors autant dire que je doutais que la chaîne ait suffisamment de recul par rapport à ce qu’ils font maintenant pour qu’on retrouve une once de second degré dans ce Scream version TV.

Dès le premier épisode, on nous fait la blague, "You can’t do a slasher movie as a TV series". Voilà la tentative de la série de tenir un propos méta. Je pense que les scénaristes n’auraient rien pu trouver de plus facile, et c’est amené de façon tellement forcée.
A chaque fois, ça débute en classe de littérature, où le prof laisse les élèves dériver vers un sujet qui n’a aucun rapport avec le cours, qu’il s’agisse des motifs supposés du tueur qui sévit actuellement, ou de culture horrifique. Et les échanges sont si peu naturels que ça en est facepalmique : tous y mettent leur grain de sel, comme si tous avaient pour références Halloween, Romero, ou Massacre à la tronçonneuse (dans Scream 2, il y avait une séquence similaire, mais qui se déroulait au moins dans une classe de cinéma).
On n’a droit qu’à de vaines tentatives pour "faire comme", mais sans la même ingéniosité.
Il y a un personnage en particulier qui reprend le rôle que tenait Randy dans les films, et chaque fois qu’il doit tenir un propos méta, il y a une trop grande insistance dessus. Il perd tout naturel et adopte une intonation et des formulations dignes d’une voix-off de bandes-annonces ; tu lui poses une question sur l’identité du tueur et il détourne la conversation d’un "The real question is… who’s next ?!". Mais ta gueule.
Les petites répliques qui se veulent piquantes sont quand à elles grotesques, "then he ran like… the McRib was back". Juno du pauvre.
Le jeu peu naturel des acteurs n’aide pas non plus. La plupart des personnages sont des clichés, et les pouffes et les jocks se sentent obligés de surjouer.
La série substitue à Woodsboro la ville de Lakewood, où tous les ados ont un physique de mannequin et vivent dans de grandes et luxueuses maisons. Si l'esprit original de Scream avait été conservé, ça aurait été l'occasion parfaite de s'en moquer, de détourner l'image véhiculée par d'autres séries pour ados comme Teen wolf, Gossip girl, Pretty little liars, etc... Mais non.
It's not TV... it's MTV.

Un autre symptôme de la présence d’MTV aux commandes, c’est la BO, parfois merdique, et au mieux correcte. A mon avis les morceaux ont été choisis pour des raisons purement promotionnelles, surtout qu’en même temps qu’un épisode est diffusé, à chaque fois qu’une chanson est entendue, le titre s’affiche en bas de l’écran, avec l’adresse du site de la chaîne.
Plus pitoyable encore : l’affichage du hashtag "whoisemmascaller" lors d’une scène au téléphone, juste pour créer le buzz.
C’est un cas flagrant où les considérations du marketing ont pris le dessus sur celles artistiques. Scream n’est plus une œuvre, c’est un produit ; c’est devenu le cas à partir du moment où le succès du premier film, et donc sa rentabilité, en a fait une marque.
Cette série n’aurait pas existé autrement, sous ce titre ou un autre, tout simplement parce qu’elle n’a rien de nouveau à proposer.

Comme le fait remarquer le personnage de Monsieur Meta, dans les slashers, une fois que surviennent les premiers meurtres, ça ne prend pas longtemps avant que les cadavres s’accumulent et qu’on ne trouve le tueur. La solution proposée par cette série, c’est de combler avec des romances affligeantes, des histoires de coucheries et de tromperies, et autres intrigues ridicules dignes de ces séries que j’évoquais un peu plus tôt. Scream, c’est Gossip girl mais avec des meurtres.
Et Monsieur Meta en fait mention, selon lui l’important n’est pas de savoir de suite qui est le tueur, mais de s’intéresser aux personnages, de savoir si l’équipe de basket de l’école va gagner le match (sic), afin de souffrir lorsque quelqu’un va mourir.
Là, le personnage ne cherche même plus à analyser d’autres œuvres, il parle directement de l’histoire dont il fait partie, de façon pas voilée du tout. Tout son discours est forcé, et qu’il soit à ce point conscient de faire partie d’une fiction est absurde.
Et tout de même, on atteint un nouveau fond quand un personnage nous dicte ce qu’on est censés ressentir !
D’autant plus que les intrigues sentimentales sont tellement bidon que je ne pouvais que me foutre du sort des protagonistes. Et ils peuvent mettre autant de musique mielleuse qu’ils veulent sur les moments d’émotion ou de drame, ça ne change rien.
Quand une des filles meurt, le lendemain ses amies parlent de son mascara. I shit you not.

Mais comme pour respecter un quota de frayeurs, il y a beaucoup de séquences où on tente de faire croire qu’il va se passer quelque chose, qu’un meurtre est imminent… alors que ce n’est qu’un leurre. Et la série abuse très rapidement de ce procédé.
Une autre chose qui prolonge artificiellement la durée, c’est le manque de réactivité des personnages. L’héroïne, Emma, est stalkée au téléphone dès l’épisode 1, et bien qu’elle soit convaincue dès le second appel qu’il s’agit du tueur, elle ne prévient même pas la police. Et il n’y a absolument aucune raison à cela ; ce n’est pas comme si elle avait quelque chose à cacher (par ailleurs, ce n’est qu’au 3ème appel que le tueur la menace directement si elle prévient quiconque). Et même quand le tueur annonce un meurtre, Emma ne prend pas la peine de prévenir qui que ce soit, pas même la future victime.
Je déteste ça quand les scénaristes rendent volontairement absurde le comportement des personnages afin de pouvoir faire survenir un meurtre ; j’ai vu ça dans tellement de mauvais films d’horreur et ça m’énerve toujours autant. Là on a notamment cette conne qui est en train de mourir, le téléphone à la main, et quand on lui demande où elle est, elle préfère contempler les étoiles que de répondre.

Il y a toutefois une qualité que je reconnais à Scream, c’est son utilisation des nouvelles technologies. Tout passe par des SMS, facebook, des selfies, … et ça correspond plutôt bien à ce qui se passerait, j’imagine, dans un cas pareil où un serial killer menace une petit communauté. Le rôle de la journaliste fouineuse tenu par Gale dans les films est remplacé par une podcasteuse spécialisée dans les affaires de meurtres. Une idée sympa, bien que j'ai du mal à croire qu'elle se déplace de ville en ville juste pour son podcast.
En revanche, je trouve ça très gros que le tueur soit un hacker de génie, pouvant se faire passer pour n’importe qui au téléphone. Et il est tellement omniscient que ça en est ridicule ; la seule explication rationnelle serait qu’il a mis tout le monde sur écoute, mais à aucun moment les personnages ne se demandent comment il a pu, par exemple, entendre telle conversation.

J’ai déjà fait ça pour des films, mais Scream est le premier cas de série que j’ai regardé pour pouvoir en dire du mal, bien que je pensais tout de même regarder une saison entière. Mais au bout de 3 épisodes et demi, je me suis demandé pourquoi je continuais…
Il ne faut pas abuser des mauvaises choses. Et ça aurait probablement causé des dommages, sur le long terme, de se frapper le front plusieurs fois par épisode…
La seule chose qui aurait été susceptible de me retenir, c’est la révélation de l’identité du tueur au dernier épisode, mais en fait ça ne m’intéresse même pas. C’est peut-être même là le plus gros fail de la série, non ?

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