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 Sombre

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Sombre   Mer 8 Juil 2015 - 22:11


Fiche du film :
Réalisateur : Philippe Grandrieux
Scénaristes : Sophie Fillières, Philippe Grandrieux, Pierre Hodgson
Année : 1998
Genre : Drame / Thriller
Acteurs principaux : Marc Barbé, Elina Löwensohn

Mon avis :
Il y a 5 ans maintenant, on nous avait présenté un extrait de Sombre en école de cinéma, je ne sais plus trop pourquoi. J'ai eu l'impression d'avoir là un film à la fois bizarre, glauque, et unique en son genre. Une œuvre d'une grande noirceur avec un style de cinéma d'auteur.
Le fait que ce soit Français m'intéressait davantage.

Le personnage principal de Sombre, Jean, est un tueur en série qui gagne sa vie en tant que marionnettiste, il parcourt les routes de France pour produire son spectacle à la "Guignol". Du moins, c’est ce qu’on devine, progressivement, car aucune information ne nous est livrée aussi clairement. Le film reste très obscur, aussi bien figurativement que littéralement (tout est sous-exposé). D’ailleurs, le métier du protagoniste importe peu au final, le contraste entre l’innocence de son gagne-pain et ses exactions n’étant pas du tout exploité. La seule utilité que je vois à cet emploi, c’est cette idée de génie qu’a eu Grandrieux de détourner les images de ces enfants qui crient face au spectacle, pour créer une première séquence anxiogène.
Mais il y a beaucoup plus de choix de mise en scène du cinéaste qui m’ont déplu. Il y a cette volonté de troubler, je suppose, en restant, durant de longs passages, en très gros plan, plus ou moins dans le flou. Il y a carrément des plans, issus de nulle part, dont on ne comprend pas ce qu’ils représentent.
De nombreuses scènes se déroulent avec une certaine distance qui nous est imposée. Des fois Jean y apparaît, comme perdu. On a l’impression de voir le monde à travers les yeux d’un autiste ; et je ne dis pas ça pour me moquer, mais il y a véritablement des évènements représentés uniquement par des images abstraites, uniquement quelques sons qui sont conservés tandis que d’autres ont été effacés…
Je suppose que c’est ça, être dans l’esprit du tueur, déconnecté du reste du monde. (mais pour le coup, personnellement je préfère largement la façon dont c’est exprimé dans Schizophrenia : c’est plus clair et ça prend bien moins la tête)
Bien sûr, le personnage reste très silencieux. Ce qui est surprenant, c’est que lorsqu’il parle, il a une voix normale, assurée, qui pour moi ne correspond pas tellement au profil de cet homme incapable d’avoir des interactions sociales normales.

J’espérais que le film allait évoluer, car 2h comme ça…
Sans compter la mise en scène, même les évènements ont de quoi lasser, puisqu’on peut tout résumer par ce cycle : Jean prend la route, fait son spectacle, trouve une femme qui la moitié du temps est une prostituée, et la tue.
Le sexe, quand il y en a, n’a rien d’excitant, et les meurtres sont soit ellipsés soit filmés, comme je le disais, de sorte qu’on ne voie pas grand chose. Je pense que Grandrieux veut éviter de procurer au spectateur un quelconque plaisir. Mon interprétation, c’est que le protagoniste mène une existence morne, et essaye en vain de ressentir quelque chose, par le sexe ou le meurtre.
Si l’intrigue de Sombre évolue, légèrement du moins, la forme reste la même, et ça devient usant.
De plus, on ne comprend pas toujours ce qui se passe ni pourquoi. Il y a des ellipses qui soulèvent des problèmes de logique, on voit l’effet sans qu’on puisse en imaginer la cause. Et incidemment, on ne comprend pas la façon de penser des personnages. Que Jean se fasse héberger chez une femme et sa sœur, sans qu’on ait vu comment on en est arrivé là, bien que ce soit difficile à imaginer, on peut encore y croire ; mais par la suite, qu’il se retrouve de nouveau chez elles alors qu’il a fait preuve de sa dangerosité, ou alors qu’ensuite une des filles revienne vers lui… ce n’est juste pas cohérent.
Je me doutais que je n’allais pas tenir les 2h sans sauter des passages, mais j’ai quand même tenu bon un certain temps. J’ai pu profiter d’une superbe séquence de malaise, celle de la "soirée"… mais c’est une des rares originalités de ce film qui n’évolue pas.
Je ne comprends pas quelle a été l’intention de Grandrieux en faisant sombre. Ce n’est pas divertissant, et il n’y a pas de message non plus.

Le film présente des points intéressants, mais s’épuise, et épuise, très vite.
Je voulais aimer Sombre… j’ai été déçu.
En tout cas j’ai appris une chose ce soir : ce n’est pas parce qu’un réalisateur a une vision unique que c’est forcément bien.
Mais peut-être que je cherche trop à raisonner, alors que le film s’apprécie davantage si on en reste à ses ressentis.

(bon au moins le clip de Grandrieux pour Manson était bien, mais il n'y avait pas besoin de narration)

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