La Crypte

Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 La dixième victime

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 25
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: La dixième victime   Ven 6 Fév 2015 - 0:45


Fiche du film :
Réalisateur : Elio Petri
Scénaristes : Tonino Guerra, Giorgio Salvioni, Ennio Flaiano, Elio Petri
Année : 1965
Genre : Comédie / Thriller
Acteurs principaux : Marcello Mastroianni, Ursula Andress


Mon avis :
Il y a un bon moment, lors d'un blind-test ciné auquel je me rends régulièrement, j'avais vu un extrait de La dixième victime, film que je ne connaissais nullement jusque là. Le pitch était intéressant : dans un futur proche, des gens se lancent dans des chasses à l'homme en pleine ville, dans le cadre d'un "jeu".
Je devais aller au ciné avec quelqu'un aujourd'hui, et La dixième victime était le seul film nous intéressant vraiment tous les deux, elle l'ayant vu à 10 ans (quand même !), donc...

En relisant le résumé ces derniers jours, et en voyant un homme explique les règles de La Chasse en début du film, ça m'a fait penser à The purge, ce film récent qui avait l'air très mauvais, et dont le principe me semblait totalement débile : pour éviter des éclats de violence, les USA autorisent un jour dans l'année où tous les crimes sont permis.
Heureusement, il y a une distinction importante dans La dixième victime : on nous présente une futur où, pour canaliser la violence, les gens peuvent participer à La Chasse, qui leur permet de tuer d'autres participants. Par contre, il leur est interdit de tuer n'importe qui ; le meurtre de quelqu'un extérieur au jeu vaut 30 ans de prison. Certes, le film n’est pas pour autant réaliste, et la justification pour l’existence La Chasse est assez paresseuse ; on aperçoit juste à un moment un homme expliquer à un public que si le jeu avait existé en 1940, Hitler y aurait participé et, libérant ainsi son désir de violence, il n’y aurait pas eu de seconde guerre mondiale. C’est contestable, et surtout quand on voit dans le film l’ampleur que prend La Chasse, au point que plusieurs fois dans la journée on peut croiser des gens qui se tirent dessus, où qu’on soit, c’est plutôt ridicule.

Chaque participant de la chasse doit participer 10 fois avant de gagner une grosse somme d'argent et de nombreux privilèges ; 5 fois en tant que victime, et 5 fois en tant que chasseur. La victime ne connaît rien de l'identité de son chasseur, alors que ce dernier sait tout de sa cible.
Ursula Andress joue Caroline Meredith, une participante qui va en arriver à sa 10ème chasse, et à qui on propose un programme TV diffusant son dernier meurtre, pour la rendre encore plus populaire. Elle répond simplement de contacter son agent.
Le film est incroyablement précurseur ; déjà au bout de 5mn, j'ai vu tout un tas d'idées et de thèmes repris dans tellement d'autres films : The running man, The purge, Ultimate game, Death race 2000, Rollerball, toute cette floppée de films sur la télé-réalité et sur les sports dangereux, Tueurs nés aussi pour l'idée que la TV fait de meurtriers des stars, etc. Et le film semble même avoir en quelque sorte inspiré la réalité, ayant inventé le principe avant même qu'il ne se concrétise ; tout comme 5 ans plus tôt, le film Le voyeur inventait le principe de snuff !
Il y a aussi une scène qui indique que dans cette société futuriste, on élimine les vieux pour laisser la place aux autres : les parents du personnage de Mastroianni sont cachés dans une petite pièce derrière un passage secret. Une scène pour le moins étrange, mais La dixième victime est rempli de moments vraiment absurdes ou bizarres.
La vision du futur est bien kitsch, les costumes sont un peu risibles, et il y a Tommaso, le robot du héros, qui ne ressemble à rien, il est moche et sacrément glauque.
Mais en dehors de l’univers futuriste, il y a toute l’histoire concernant les mariages annulés du personnage principal par exemple, qui m’a un peu largué…
En fait le film a un humour pince-sans-rire et vraiment absurde, qui déstabilise un petit peu.
Il y a cette scène où les personnages sont dans une rivière, et constatent simplement qu’un cadavre flotte dans l’eau, s’en agaçant comme s’il s’agissait d’un emballage de nourriture qui souillerait la nature. Ou alors la scène où l’on découvre qu’il y a des endroits où il est interdit de se tirer dessus, comme il serait interdit de fumer, ce qui indigne certains participants de la même façon.

Le personnage d’Ursula Andress, pour sa dernière chasse, est à la place du prédateur, la proie est Marcello Poletti, le personnage de Mastroianni. La femme évite de se faire repérer, elle use de stratagèmes pour faire disparaître la suspicion de sa victime, et se met également à le séduire. Elle a besoin de l’amener dans un certain lieu, pour pouvoir le tuer face aux caméras de TV. L’homme quant à lui essaye de savoir si cette femme est son chasseur ou non, et en même temps prépare des moyens de la tuer, au cas où.
Ca aurait pu être très intéressant de voir les manigances de chacun pour piéger l’autre, mais je trouve que les ressorts scénaristiques ne sont pas suffisamment futés. A un moment, la femme, qui a fait croire à sa victime qu’elle voulait l’interviewer pour un documentaire sur la vie sexuelle des Italiens ( ???), essaye de le rendre jaloux en s’accompagnant d’un autre homme. Je n’ai pas compris la logique de cette démarche.
Et le jeu de séduction mutuel ne marche pas pour moi, je n’ai pas cru en leur attirance l’un pour l’autre. Les personnages sont censés développer des sentiments réels, mais le film ne parvient à nous montrer aucun lien se tisser, aucune complicité ou entende palpable entre eux. Et pourtant, dès le lendemain de leur rencontre, la fille parle sérieusement d’épouser l’homme, d’avoir des enfants avec lui… Les personnages ne s’aiment pas, je les imagine uniquement avoir une attirance physique l’un pour l’autre, mais sûrement pas avoir des sentiments aussi puissants qu’ils le prétendent.
Par ailleurs, je suis assez déçu aussi que les personnages soient aussi… ordinaires. Je ne crois pas non plus au fait qu’il s’agisse de tueurs. Le film aurait pu exploiter le principe de psychopathie, car j’ai du mal à imaginer messieurs et mesdames Tout-le-monde participer à La Chasse.

Je trouvais que la fin était assez cool… jusqu’à la série de twists complètement pourris, qui gâchent complètement la conclusion. La toute dernière image en plus est horriblement kitsch.

J’étais un peu crevé à un moment, du coup mes yeux ont commencé à se fermer vers le milieu du film, à cause des voix monocordes et de la musique (qui fait bien hippie). Autrement, je trouve que La dixième victime est un film intéressant, mais pour lequel je suis partagé. Il y a de bons éléments, mais j’ai pas trop adhéré à l’univers et l’humour absurdes.

Bande-annonce VOST :

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.users-board.net
 
La dixième victime
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Crypte :: Cinéma :: Autres déviances et bizarreries-
Sauter vers: