La Crypte

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 La prochaine fois je viserai le cœur

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: La prochaine fois je viserai le cœur   Mer 24 Déc 2014 - 23:55


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Cédric Anger
Année : 2014
Genre : Thriller / Drame
Acteurs principaux : Guillaume Canet, Ana Girardot

Mon avis :
Les films français, surtout récents, on ne peut pas dire que j'en regarde beaucoup. Mais en allant voir je ne sais plus quel film, j'avais vu au cinéma la bande-annonce de "La prochaine fois je viserai le cœur", qui prenait assez aux tripes. C'est basé sur des faits réels mais ça, ça m'importe peu, j'étais intéressé par le fait que le personnage principal soit cet homme troublé, qui exerce en tant que gendarme mais tue des femmes dans un même temps. La bande-annonce promettait aussi une intrigue policière intéressante, puisque le héros doit enquêter sur sa propre affaire, et fait face à une de ses victimes qui a survécu.

Bon, depuis que j’ai vu le remake de Maniac, c’est ma référence en terme de film de serial killer. Avec "Henry, portrait d’un serial killer", il décrit superbement le mode de pensée du tueur. Difficile de ne pas y penser donc quand je vais voir La prochaine fois je viserai le cœur. Le tueur, Franck Neuhart, traque aussi en voiture : à la fois arme et carapace dans laquelle il est à l’abri, à l’aise, depuis laquelle il observe les femmes dans la rue et choisit ses victimes.
La musique est lancinante, composée de beaucoup de cordes, elle est très… classique, dans tous les sens du terme. Forcément, à côté de la BO punchy et en même temps mélancolique de Maniac, j’aime moins.
Franck (à une lettre près le même prénom que le tueur de Maniac) se fait violence, on voit qu’il se déteste, et qu’il déteste ce qu’il fait, bien qu’il y soit forcé.
Franck, comme je dirais 99% serial killers, a des troubles sexuels ; il semble au premier abord fermé aux relations, étant indifférent à la fille qui vient faire le repassage chez lui (sa mère le taquine avec ça ; "Innocent comme tu es, il faudrait qu’une fille se déculotte pour que tu soupçonne quelque chose"), mais en même temps frustré, comme semble l’indiquer cette scène où il observe un couple s’embrasser, dans un café.
Des éléments essentiels à la description d’un serial killer crédible, mais ça en reste là.
Je comprends cette envie de casser des choses qui vient soudainement à Franck (même si c’est juste… casser des œufs à la coque), mais en fin de compte je n’y ai pas cru, j’ai eu l’impression que ça faisait forcé, ces poussées de violence sont assez injustifiées et m’ont surtout déplu pour leur cruauté gratuite. Voir le héros tabasser un vieux étrange, ça m’a troublé (je ne demande pas à ce qu’on comprenne ma réaction pour autant).
En fin de compte, le film ne rentre pas tant que ça dans la peau du tueur, et je le regrette. Et surtout, il ne s’interroge pas assez sur lui et ses motivations. Que ce soit pour ses meurtres, ou même le fait qu’il soit policier ; c’est pas anodin, qu’est-ce qui l’a mené à devenir policier ? D’autant plus que son chef le considère comme son meilleur homme, et pourtant on ne le voit jamais travailler en dehors de cette affaire. Pour moi c’est un manque.
Franck se marre avec ses collègues, mais le reste du temps garde un air très maussade. (par ailleurs, quand il se marre avec eux, c’est vraiment des blagues d’un autre âge, disons… je comprends pas pourquoi Franck se marre à ce point après avoir appelé des policiers des "poulets" en tapant sur le toit de leur voiture, il semble fier comme si c’était la farce du siècle). Ca ne le dérange pas non plus de piéger en voiture en sachant qu’un de ses collègues va en être victime.
En fait ça ne crée par une dualité chez le personnage, je ne le comprends simplement pas.
Il y a une scène, une scène uniquement, où le personnage est pris d’hallucinations. Non seulement ça arrive de nulle part, mais en plus le choix pour représenter ce trouble de l’esprit du personnage est des plus douteux : on voit un tas de vers de terre sur la vitre de sa voiture. Ok, on a vu avant des zooms sur des vers de terre en forêt qui semblaient troubler le héros, mais… pourquoi ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Autre chose qui m’a gêné, c’est que le récit est trop décousu. On passe d’une séquence de façon un peu hasardeuse. Soudain, on découvre que Franck est en voiture avec la fille qui fait son repassage, et qu’il va chez elle. Ah ?
Et en sa compagnie, il se comporte comme un vrai connard, et pourtant elle est éprise, elle le trouve génial. On n’y croit pas un instant.
Plus problématique encore : quand Franck est suivi par des policiers, et croise un autre van de police sur sa route, et tout d’un coup… on ne sait comment, il se retrouve ailleurs, embourbé dans un fossé. Il faut croire qu’il n’y a personne sur ses talons pour le moment, car il prend le temps d’effacer vite fait du sang sur le volant.
La bande-annonce donnait l’illusion que cette victime qui n’est pas morte aurait reconnu le policier comme était son agresseur. En fait, non. Et on ne revoit pas cette fille dans le reste du film. On n’a donc pas cet élément de tension potentielle comme fil rouge. On m’a bien eu !
Quand les séquences fonctionnent, c’est à part entière, comme celle très efficace où Franck prend une fille en stop, parle de son affaire, lui montre son arme, … la tension monte, on ne sait pas à quoi s’attendre, ce type est fou, il est imprévisible.
Autrement, l’enquête n’a rien de captivant.
Ca en devient même risible à un moment, quand le héros doit faire circuler un portrait-robot du tueur… qui lui ressemble beaucoup. A chaque plan où la caméra passe du portrait au visage de l’acteur, on croirait un gag. Mais non.

Le dénouement, je m’en foutais un peu, ce qui pouvait arriver au personnage principal, dont on ne se sent nullement proche, m’importait peu. De toute façon, on connaît l’issue dès le carton de début qui nous dit que le tueur a été arrêté en 1979.
A son supérieur, Franck confesse "je vais le dire à vous, et à vous seul : oui c’est moi."
No shit ?! En même temps, avec tous tes articles de journaux sur le tueur accrochés au mur, et toutes les armes éparpillées, et le fait que t’aies caché un flingue pour tirer sur ton chef 5mn plus tôt, il n’y avait plus trop de doutes.

PS : "Une femme ne devrait jamais dire à un homme qu'il est gentil".

Bande-annonce :

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