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 Les affamés : Chroniques d'une jeunesse qui ne lâche rien

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Les affamés : Chroniques d'une jeunesse qui ne lâche rien   Dim 24 Aoû 2014 - 23:59


Auteur : Léa Frédeval
Année : 2014
Editeur : Bayard

Hier, samedi 23, dans un moment de déprime, je me suis souvenu d'un bouquin sur la génération Y, évoqué par une collègue de travail. Elle en avait fait une description plaisante (génération d’hommes qui se calquent sur des pères absents, qui ont été élevés au porno, etc) , mais ne se souvenait ni du titre ni de l'auteur. Après de nouvelles recherches, j'ai retrouvé un article qui semblait parler du livre en question :
http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/02/26/raconte-generation-y-largent-nest-tabou-nen-a-250255
J'ai eu une envie soudaine de l'acheter, pour entretenir un peu cet état de déprime, et tant que j'y étais, je comptais me prendre un bouquin d'Houellebecq parlant lui du "déclin d'une civilisation". Chic.
Après une recherche infructueuse dans un magasin d'occasion où on a fouillé mon sac à la sortie (ça devient moins rare, je ne sais pourquoi), j'ai opté pour acheter du neuf. Je ne me souviens même pas du dernier bouquin que j'ai acheté neuf, et en plus Les affamés coûte 18€. Bon, ça fera de l'argent à Léa Frédeval, mais c'est ironique vu qu'elle présente une jeunesse qui galère financièrement. Bon, apparemment elle adresse son ouvrage à une autre génération que la nôtre, mais je pense tout de même que ce sont les jeunes qui s'intéresseront à ce livre.

Léa Frédeval prévient de suite, sa vie n'est pas extraordinaire, elle ne veut pas se faire le porte-parole d'une génération, mais fait des constats sur des situations qui concernant tout de même beaucoup de gens de son âge. Au moins, elle n’a pas la prétention de pouvoir dresser un seul et même portrait, elle ne généralise pas.
L’auteur se dit ordinaire, mais en tout cas son écriture est parfois inspirée, elle trouve des formulations sympas – "Rendre compte de l’épuisement d’une génération qui vient à peine de naître" – et des mots d’esprit : "l’intérêt porté à notre jeunesse ne survient que lors des élections (…) Certains diront qu’il en est de même pour les fonctionnaires ou les agriculteurs. Sauf que jamais, jamais, la jeunesse ne s’est mise en grève", "Dans la famille « remuage de couteau dans la plaie », je demande l’ensemble de la généalogie".
(Bon par contre, il y a quelques fautes pas corrigées dans le livre, et ça c’est moins classe)

Je savais que comme pour le film Ghost world dans lequel j’avais reconnu ma situation de l’époque où je l’ai vu, "Les affamés" serait un bouquin qui s’apprécierait si lu au bon moment.
Difficile de ne pas se reconnaître au moins dans certaines situations évoquées.
Parfois, le livre a eu pour effet de me faire prendre d’autant plus conscience de choses que je savais déjà, et ça ne fait pas de mal (cf toute cette condamnation détaillée du principe de stage, inventé "le jour de l’abolition de l’esclavage"). Bien qu’elle ne raconte rien de tellement nouveau, du moins pour moi, l’auteur trouve les formules juste pour nous secouer et nous rendre compte de la gravité d’une situation : "mais est-ce que normal est synonyme d’acceptable ?", "c’est un fait : être jeune aujourd’hui est un argument suffisant pour rendre légitime le mépris et l’exploitation", etc.
Par contre, je me rends vraiment compte comme j’ai plus de chance que la plupart, puisqu’il y a beaucoup de choses citées dans le livre que je n’ai pas vécu. Mais c’est justement cette différence qui rend la lecture un peu plus intéressante pour moi : j’y découvre le point de vue de quelqu’un dont les parents ont divorcé, ce qui l’a obligé à prendre sur soi et grandir "seule", quelqu’un qui a vécu et relate le (dys)fonctionnement de la fac, …

Léa Frédeval propose un décryptage futé du succès des réseau sociaux pour notre génération, qu’elle met en lien avec tout ce qu’elle a dit avant sur le désir de trouver sa place. "Ce fut l’opportunité inespérée de devenir acteur de la société. C’est du moins la sensation que ça nous procure".
Il y a une mise en lien intéressante entre le divorce des parents et notre rapport aux relations, la vision des choses inconsciemment influencée par le départ du père ou de la mère, mais après je ne sais pas dans quelle mesure cette théorie est fondée. Je me suis reconnu dans les symptômes qu’elle décrit, sans avoir vécu non plus l’abandon d’un des deux parents.
L’auteur arrive presque à rendre justifié le fait que l’on boive en grande quantité, mais quand elle aborde après le sujet du cannabis comme quelque chose de salvateur, je me suis dit qu’elle défendait trop des choses (alcool inclus) qui relèvent de la faiblesse humaine.

De manière générale, je suis très friand des anecdotes et aperçus de scènes de vie, d’autant plus qu’ici ils sont propices à introduire un zeste d’humour ; dommage que ces anecdotes ne soient pas plus nombreuses, mais c’est parce qu’elles sont limitées par la nécessite d’un propos à y rattacher à chaque fois.
Il y a pas mal de ces anecdotes que j’aime, celles qui m’accablent en voyant ce dont sont capables les humains, quand l’auteur parle de la drague. C’est pas mal d’avoir le point de vue d’une femme sur le sujet, comment elle le… subit, souvent. Intéressant et dramatique à la fois.

Ce que je reprocherais au livre c’est son organisation un peu brouillonne. Un peu sorti de nulle part, on a un brûlot contre les hipsters, agréable à lire même si hors-sujet.
Et au début, comme à cause d’un besoin de remplir les pages, on trouve des trucs pas bien pertinents. L’auteur prend plusieurs synonymes du mot "jeune" trouvés dans un dico, et en commente plusieurs qui sont péjoratifs, sans prendre en compte que tous ne se réfèrent pas à la même définition du mot "jeune".
Et on peut remarquer que Léa Frédeval exploite souvent trop longtemps une même idée, en la déclinant de nombreuses fois avec des formulations différentes.
Vu que le livre fait 200 pages, avec un lexique et une table des matières inclus, je me demande vraiment si ce n’est pas le minimum qu’on lui ait demandé de remplir.

Je me dis que je n’aurais pas dû payer 18€, mais j’avais pas envie d’attendre de le recevoir en le commandant d’occasion sur le net.
Les affamés est un bouquin plutôt plaisant à lire, que je me suis forcé, sans trop de mal, à lire le plus vite possible (deux soirées, donc), mais je ne vois pas trop quelle utilité il aura pour moi sur le long terme. On n’y trouve que des constats, quelques mots d’encouragements à la fin, c’est tout.
Je crois que j’aurais préféré lire une fiction avec pour personnage principal un de ces jeunes de la génération Y.

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