La Crypte

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 The disaster artist : My life inside The room

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: The disaster artist : My life inside The room   Dim 20 Juil 2014 - 19:09


Fiche du livre :
Auteurs : Greg Sestero et Tom Bissell
Année : 2013
Editeur : Simon & Schuster

Mon avis :
Quand Greg Sestero a annoncé qu'il préparait un livre sur les coulisses de The room, j'avais hâte. Pour rappel, The room c'est ce film de 2003 écrit, réalisé et produit par Tommy Wiseau, désigné par beaucoup comme le meilleur nanar des temps modernes (quoique je modèrerais ces propos), et dont des célébrités comme David Cross, Jonah Hill ou Kristen Bell sont friands, cette dernière ayant même présenté le film, de sa propre initiative, lors d'un talk show.
Pour ceux qui ne connaissent pas, ou juste pour le plaisir masochiste des autres, voici la bande-annonce :


Une fois que le livre est sorti, plusieurs fois je me suis dit que je devais vraiment l'acheter, mais comme toujours, j'ai tardé. C'est une chose que je me suis dit notamment quand Nanarland en a fait la chronique, mais aussi avant, à chaque fois qu'un extrait était posté sur la page Facebook de The room. D'autres éditeurs pourraient penser que dévoiler autant de contenu d'un livre serait mauvais, mais là j'ai trouvé que c'était une très bonne démarche promotionnelle, puisque ça a relancé mon intérêt plusieurs fois, au vu des anecdotes dingues dévoilées en seulement quelques lignes.
En peu de temps, The disaster artist a carrément grimpé dans les meilleures ventes parmi les ouvrages sur le cinéma, sur le site amazon !
Il fallait décidément que je me dépêche de lire ça, surtout avant que ne sorte cette adaptation du livre annoncée par James Franco, et que tous les hipsters ne s'emparent de The room...

Il y a un questionnement qui, comme pour beaucoup, me tracasse depuis longtemps, et m’est revenu dès l’introduction de The disaster artist : que pense Tommy Wiseau de tout ça ? Il considère Greg Sestero, acteur principal du film, comme son meilleur ami, alors que celui-ci est très bien conscient de la médiocrité de The room et est l’auteur de ce livre où il n’y va pas de main morte. Il s’y moque ouvertement, et parfois un peu gratuitement, de Tommy. Je me suis senti mal pour celui-ci au début, même si ce qui est dit à son propos est très amusant. C’est tellement facile de se moquer de lui en fait, rien que la description de sa façon de s’habiller est hallucinante, si bien qu’il n’y a pas besoin d’en rajouter une couche comme le fait Greg Sestero.
Mais ce malaise que je ressentais s’est vite effacé, aussi bien parce que l’écriture présente un certain talent comique bien incisif (sûrement grâce au co-auteur qui a assisté Sestero) que parce qu’au fur et à mesure de la lecture, avec tout ce que Greg a vécu auprès de Tommy, on comprend qu’il ait eu un grand besoin d’évacuer.
Lorsque Greg Sestero nous présente Tommy Wiseau pour la première fois, celui-ci porte deux ceintures, dont une pour retenir ses fesses, "and it feels good" ; rien que ça, ça m’a laissé bouche bée, et je n’avais encore rien lu. Dès le début, The disaster artist nous livre des anecdotes dingues.
A la veille du début du tournage de The room, Tommy a convaincu Greg de jouer le second rôle principal, mais sans tenir au courant l’acteur déjà casté, même quand ils se sont mis à filmer les premières scènes. Et toujours lors du premier jour de tournage de son propre film, Wiseau est arrivé avec 4h de retard, et la première chose qu’il a fait a été de réprimander son équipe qui ne faisait rien sur le plateau. Tommy a fait construire ses propres toilettes dans le studio. Il a fait assembler un décor d’allée au lieu d’utiliser celle qui se trouvait juste dehors.
Lors des castings, que ce soit pour les acteurs principaux ou secondaires, il semble avoir trouvé à chaque fois le moyen de passer pour un sociopathe : soit il accueillait les comédiens en pleine nuit dans un parking, soit leur balançait à leur arrivée un "ta mère est morte !", s’attendant à ce qu’ils réagissent à cette situation donnée. Alors que durant tout le tournage, Tommy s’est servi de l’argument du choix des producteurs comme excuse pour ses décisions étranges, parmi les personnes créditées à ce poste, il y a en réalité une femme âgée qui n’a jamais mis les pieds sur le plateau, et le mentor de Tommy, décédé des années avant.
Si The room est déjà surprenant à voir, on se rend compte que ce qui se passait en coulisses ou ce qui n’a pas fini dans le film était encore plus fou. Tommy Wiseau avait une idée de sous-intrigue qui dévoilerait que son personnage est un vampire, et il souhaitait que sa voiture s’envole d’un toit.
Le livre apporte aussi un regard sur la genèse de scènes cultes, et des explications à divers mystères, comme la présence de photos de cuillères dans l’appartement de Johnny et Lisa ; aucun sens caché derrière cela, juste la flemme de retirer les photos de présentation dans des cadres tout juste achetés.
The disaster artist, c’est l’histoire d’un homme dont le raisonnement diffère de celui de n’importe qui, et qui a pourtant réussi à réunir autour de lui une équipe de cinéma, grâce à sa fortune mystérieusement acquise. Un homme qui, malgré les réactions de tout le monde aux choses incompréhensibles qu’il fait (aussi bien commander de l’eau chaude lorsqu’il va au restaurant qu’insister pour que chacun des 30 figurants lors d’une brève scène dans un coffee shop passe une commande fictive), ne se remet jamais, absolument jamais, en question ! Peu importe le nombre de personnes tentant de le faire changer d’avis ou cherchant à lui prouver qu’il a tort, Tommy refuse d’entendre raison.
C’est en partie grâce à cela que The disaster artist est rempli de moments priceless qui s’enchaînent et m’ont beaucoup fait rire. Ce qui est excellent, c’est que Wiseau a été entouré de professionnels qui ont tenté de sauver des aspects de son film avec un simple dose de bon-sens, et qui ont fini par laisser tomber, par exemple à force d’expliquer à l’acteur-réalisateur-scénariste-producteur que son personnage ne doit pas rire à l’histoire de cette femme adultère qui s’est fait tabasser.
Et dire qu’on apprend que Tommy souhaitait offrir aux spectateurs une tragédie qui les empêcherait de dormir pendant deux semaines…

Et pourtant, il arrive qu’on ait de l’empathie pour Tommy, lorsqu’il fait preuve d’une humanité inattendue. Alors que Greg Sestero, lors des débuts de sa carrière d’acteur, était au plus bas, seul Tommy a su lui faire la remarque avisée qu’il fallait pour lui remonter le moral.
Et quand Tommy évoque son rêve d’avoir sa propre planète, aussi ridicule que ce soit, comme Greg j’ai trouvé ça d’une naïveté touchante. Oui car il y a tout de même des passages où l’auteur laisse voir l’affection qu’il a malgré tout pour son ami, et pose un regard vraiment attendri et sincère sur ce dernier.
C’est la candeur de Tommy qui le sauve de l’antipathie complète, alors même qu’il se montre régulièrement glauque voire inhumain : après la fin officielle du tournage, au lieu d’apporter son support suite à la rupture de Greg avec sa copine, il s’en est servi pour écrire une scène où les protagonistes parlent des femmes et des relations amoureuses.
Tommy Wiseau est un personnage –non, une entité– qui était déjà entouré d’une aura de mystère, et que The disaster artist rend encore plus intriguant. On a envie de percer tous ses secrets, alors même qu’il refuse de dévoiler quoi que ce soit même à ses plus intimes connaissances.
C’est un homme qui refoule sa vie passée, et refuse d’admettre son âge. Il y a dans le livre un passage où on a presque pitié de lui : Greg trouve une photo de Tommy Wiseau jeune, et se fait la réflexion que quelque chose de terrible a dû arriver à ce type, sur cette image. (Par ailleurs, et ça c’est du collector, on nous gratifie d’un bon nombre de photos de Tommy jeune en milieu d’ouvrage.)
Des bribes de son histoire sont tout de même rassemblées par Greg Sestero dans The disaster artist. Tommy aurait grandi dans un pays d’Europe dévasté par la guerre, et serait passé par la France, pour finalement arriver aux Etats-Unis. Surnommé Birdman pour les jouets qu’il vendait représentant des oiseaux, il se serait inspiré du mot "oiseau" pour trouver son nouveau nom. Si on a quelques informations sur l’origine de sa fortune, il reste encore beaucoup de zones d’ombres pour le moins douteuses, voire inquiétantes.

Sestero se présente évidemment de façon plus flatteuse, et consacre beaucoup de temps à faire le récit de ses débuts en tant qu’acteur. Bien que cela ne concerne pas toujours The room, c’est intéressant d’avoir un aperçu de l’enfer qu’est la recherche d’un rôle pour un jeune comédien perdu dans la masse. On se rend tout de même compte qu’avant de se lancer dans le projet de Tommy, Greg s’est avéré être un acteur prometteur. Et depuis The room, plus rien… a-t-il été découragé de poursuivre son rêve d’enfant, ou est-ce que son rôle dans ce nanar lui colle à la peau depuis ? C’est dommage mais c’est quelque chose que Greg Sestero n’aborde pas, ayant choisi de conclure son livre au moment où les lumières s’éteignent dans la salle lors de l’avant-première de The room. Ce qui est honorable, il faut le dire, mais je regrette du coup qu’on ne connaisse pas les réactions du public (parmi lequel se trouvait la veuve de Stanley Kramer, avec qui Tommy s’était lié d’amitié !), ni la réaction de Tommy à cela, ni même le point de vue de Greg Sestero sur les répercussions de la sortie de The room.
C’est sûrement la seule chose qui me manque dans ce livre effarant, hilarant, et encore plus fascinant que le film dont il traite.
En refermant l'ouvrage, il est plus que jamais pertinent de se dire "What a story, Mark".

Pub du livre :

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