La Crypte

Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Alice de l'autre côté du miroir

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 25
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: Alice de l'autre côté du miroir   Mer 15 Jan 2014 - 22:54


Fiche du livre :
Auteur : Lewis Carroll
Année : 1871
Editeur : Folio

Mon avis :
Depuis que j'ai lu le premier Alice, j'avais envie de lire cette suite. Je n'ai découvert qu'après l'achat du premier livre que pour avoir ce second récit dans une édition avec, elle aussi, les dessins de John Tenniel et les notes de Jean Gattégno si utiles durant la lecture, il fallait forcément acheter une édition réunissant les deux histoires. Il n'y en a aucune aussi complète avec uniquement Alice de l'autre côté du miroir.
En jouant récemment à American McGee's Alice, j'ai été poussé à acheter cette édition en question. Je regrette un petit peu de ne pas avoir lu le livre avant de jouer au jeu, qui lui fait un peu référence, mais il n'y a rien de bien grave là-dedans.

En commençant à lire, j'ai trouvé Alice vraiment niaise et gamine, dans l'itnro elle parle à ses chats et accumule les réflexions très enfantines ; ah, ce n'est pas pareil que la version de McGee, il faut se remettre dans le bain !
Alice de l’autre côté du miroir est aussi le récit d’un rêve, mais la différence avec le premier livre, c’est que le passage dans le monde imaginaire nous est signalé, Alice en a un peu conscience, puisqu’elle dit à son chat "faisons comme si…" afin d’imaginer une certaine situation. Elle imagine ce qu’il peut bien y avoir dans la maison qu’elle voit de l’autre côté du miroir de son salon, avant de passer à travers. On se doute bien qu’Alice s’est endormie.
Lewis Carroll trouve des idées inventives et amusantes d’user des possibilités du monde des rêves : Alice croit qu’elle invente une nouvelle façon de se déplacer, elle descend des escaliers en ayant l’impression de voler au-dessus du sol. Peu après, elle prend un sentier qui part de la maison dans le miroir, mais les détours du chemin la ramènent, quoi qu’elle fasse, devant la maison. "Je n’ai jamais vu une maison se mettre en travers du chemin des gens !". C’est totalement illogique, mais Alice persiste à croire en ce monde. Tout cela rappelle vraiment bien des sensations que l’on a lorsqu’on rêve.
Finalement, pour atteindre sa destination, Alice doit aller dans le sens inverse.

Lewis Carroll a l’idée de faire revenir la reine rouge, mais sous la forme d’une pièce d’échec ; je trouve ça malin étant donné que le thème qui guide cette histoire, c’est une partie d’échecs, le monde de l’autre côté du miroir étant un échiquier géant. Le caractère de la reine a un peu changé aussi, elle n’est plus aussi belliqueuse qu’avant (en tout cas, elle n’a pas la manie de demander à ce qu’on coupe des têtes), mais elle a tendance à donner à Alice des ordres minutieux et absurdes, sur la façon de se comporter.
Il y a des années, au collège je crois, on avait vu un documentaire en cours de SVT ; je ne me souviens de rien du tout, si ce n’est qu’à un moment, un intervenant citait la reine rouge dans Alice (je pensais que c’était le premier livre, mais non) : "on est obligé de courir tant qu’on peut pour rester au même endroit". Le scientifique qui avait sorti cette citation disait que pour en rester au même niveau, l’humanité devait sans cesse faire de nouvelles découvertes ; courir pour rester au même endroit. Je ne sais pas si c’est le sens que Lewis Carroll voulait donner à cette phrase, ou si il voulait juste inventer quelque chose d’absurde. Le monde qu’il présente manque de logique, probablement volontairement, c’est un monde sans aucune règles, car évidemment, les personnages se déplacent sans problèmes, qu’ils courent ou non. Mais à un moment, jusqu’à ce que l’auteur décide du contraire. Un peu plus tard, la reine trace des cases sur le sol, et apprend à Alice que pour se déplacer dans la case suivante, elle va devoir aller encore plus vite qu’avant… s’y rendre probablement en train. Ca n’a aucun sens, mais dès qu’Alice franchit la ligne entre les deux cases, elle se retrouve dans un train. Et à chaque changement de case, elle apparaît dans un lieu nouveau.
On apprend aussi que de l’autre côté du miroir, on peut avoir une mémoire qui va dans les deux sens et se souvenir du futur ; la reine blanche souffre avant même de se piquer au doigt.
Il y a de l’absurde bien pensé, ce qu’invente l’auteur ne paraît pas juste être du n’importe quoi, c’est plus réfléchi que ça. Carroll nous livre des réflexions absurdes superbes : "pourquoi les insectes ont un nom s’ils ne répondent pas quand on les appelle ?" (ce qui amène à la présentation d’une forêt où rien n’a de nom ; une fois qu’elle s’y trouve, Alice en oublie le sien, ainsi que celui des animaux et des arbres)
Comme à son habitude, Lewis Carroll s’amuse avec des réflexions sur le langage : "Je voudrais bien avoir des yeux comme les tiens, être capable de voir Personne ! Et à une si grande distance, par-dessus le marché ! Tout ce que je peux faire, moi, c’est voir les gens qui existent réellement" (le genre de chose qu’on dit avec ironie, mais dit ici très sérieusement) ; "Répondre à la porte ? (…) Quoi qu’elle vous a demandé, c’te porte ? (…) – Voilà un moment que je tape dessus ! – Faut pas faire ça… faut pas, parce que ça la contrarie, pour sûr" ; "C’est confiture tous les deux jours, or aujourd’hui, c’est un jour, pas deux jours". Et l’auteur propose également des jeux de mots sympas, et là encore, presque toujours impossibles à traduire : "breadandbutterfly", "lass, with care", … il n’y a que quelques fois que le traducteur arrive à adapter : le jeu de mot arbre à bois/aboie, alors qu’en anglais c’est "bough wough"…

C’est dans cette suite que l’on découvre aussi le fameux poème "Jabberwocky". Bon, c’est joli, mais ça n’a rien de spécial en fait. Il en est de même pour la majorité des poèmes, très nombreux, dans ce roman, qui sont tous marqués par le style particulier et un peu absurde de Carroll.
Il y a également le poème du morse et du charpentier, repris par Disney, et dont on parle dans Dogma. On a l’impression en le lisant qu’il est censé y avoir un message, mais lequel ?
Et c’est aussi dans cette suite qu’il y a Tweedle Dee et Tweedle Dum ! Je me souvenais même pas qu’ils n’étaient pas présents dans le premier livre. Donc en fait toutes les adaptations d’Alice qui les incluent mêlent les deux récits…
Toutes les rencontres d’Alice seraient pensées en fonction d’une partie d’échec, chaque personnage correspondant à une pièce. Je n’y connais rien en échec (car tout me réussit !), et je n’ai pas tout compris des correspondances entre les persos, mais si c’est vrai, c’est pas mal.

Alice de l’autre côté du miroir est une suite qui vaut le premier livre pour moi, même si j’ai l’impression qu’en général il est moins apprécié.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.users-board.net
 
Alice de l'autre côté du miroir
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Alice de l'autre côté du Miroir
» [BD 3D + BD + DVD] Alice de l'Autre Côté du Miroir (Octobre 2016)
» Alice : de l'autre côté du miroir
» [Carroll, Lewis] De l'autre côté du miroir
» Alice - Lewis Carroll.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Crypte :: Discussions :: Livres-
Sauter vers: