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 Carrie - Stephen King

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Fry3000
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MessageSujet: Carrie - Stephen King   Ven 7 Déc 2012 - 14:43


Fiche du livre :
Auteur : Stephen King
Année du publication : 1974
Genre : Horreur / Drame
Editeur : J'ai lu

Mon avis :
Je traînais dans un magasin de livres d'occasions, et bien qu'après avoir lu Ca je m'étais dit que j'attendrais avant de me lancer dans un autre ouvrage de Stephen King, j'ai l'habitude de traîner dans les rayons contenant ses livres, à regarder les couvertures, de Christine et Carrie notamment. J'ai probablement été influencé par le fait que la bande-annonce du remake et son affiche étaient sortie peu de temps avant, et qu'on m'avait demandé de faire un article dessus : j'ai finalement acheté Carrie. Je pense que je voulais le lire non pas pour mieux apprécier le film à sa sortie, mais pour donner un avis plus détaillé en ayant des arguments supplémentaires pour le descendre : je pourrais faire genre "moi qui ai lu le bouquin de Stephen King, blablabla..."

Parmi les nombreuses couvertures disponibles (car souvent, j'attends de trouver une édition avec une couverture qui me plaît), j'ai choisi celle que vous voyez ci-dessus. J’hésitais car, reprenant les traits de l’actrice jouant Carrie dans le film, elle avait une originalité en moins. Je ne me suis rendu compte que plus tard de la beauté de cette première de couverture : les traits de peintures fins et ondulés qui font les cheveux, les petits coups de pinceaux sur le front qui donne des petites imperfections à la peau, la délicatesse dans le dessin des yeux et des lèvres. Et puis ces doigts rougis par un éclairage particulier, mais dont la couleur figure évidemment le sang ; et c’est ongles qui, grâce à la couleur, ne font plus qu’un avec les doigts, comme si ceux-ci se finissaient par des griffes.
En une seule oeuvre, on mélange les techniques, choisissant celle qui correspond le mieux à chaque élément de l'image.
Du génie. Faut voir la couverture en vrai, la reproduction que j’ai trouvée sur le net est assez dégueu.

En faisant le choix de cette couverture néanmoins, je me suis retrouvé avec une édition plus ancienne à la traduction très datée parfois bizarre. "Elle a ses ours", une expression que je ne connaissais pas pour parler des règles. On ne parle pas de petit ami, mais de "jules". "En faisant chorus". On traduit "jacket" par "jaquette"… Il y a même des tournures de phrases étranges, des moments où on ne sait pas quel personnage est désigné par un pronom, et des vannes vraiment incongrus sans que je sache si c’est dû à la traduction d’un autre temps ou si Stephen King a un humour pourri : "Prends ton cidre et vas-t-en. Si jamais je le touchais, je risquerais de me transformer en or" p81.
Je pense quand même que la narration de King a ses zones de confusion. Au début, on a un article de journal datant de 1966, quand Carrie avait 3 ans, et puis sans aucune transition si ce n’est un espacement entre deux paragraphes, on passe au présent quand l’héroïne est ado, pour la fameuse scène des douches. Je n’aurais pas compris si je n’avais pas vu le film. Par la suite, on s’habitue aux passages entre récit et extraits d’articles de journaux ou documents divers, mais la première fois c’était déconcertant.
Les extraits de presse très tôt dans le roman font comprendre rapidement qu’il y a eu un incident grave (on parle de survivants, etc) et que Carrie a un pouvoir spécial ; c’est un peu la même démarche que dans le téléfilm ou la promo du remake, qui annonce de suite comment ça se finit.
Je préfère la démarche du film de De Palma, même si dans le livre au final la mise en parallèle apporte de bonnes choses.

Je viens de lire sur Wikipedia considère ce bouquin comme un livre de jeunesse imparfait.
L’auteur est quand même fort pour ses descriptions et caractérisations.
N’ayant lu que Ca, c’est celui-ci qui me sert de référence ; en tout cas, comme dans Ca, Stephen King décrit les sensations des personnages par des comparaisons qui semblent provenir d’éléments de leur propre vie ; on rentre dans l’esprit du personnage, qui devient encore un peu plus vivant : par exemple, Carrie compare cette brûlure qu’elle ressent aux yeux à ce qu’elle ressent après avoir lu de bout en bout le livre des révélations.
L’épisode de la "femme de Babylone" (qu’on voit dans le téléfilm, mais pas le film de De Palma) témoigne de comment Carrie était enfant, avant qu’elle ne soit démolie par la "maladie" de sa mère. La voisine voit la gamine encore innocente, et elle voyait en elle une enfant délicieuse. J’ai trouvé ça touchant et désolant à la fois, et surtout ça ajoutait une autre dimension, essentielle finalement, au personnage. Je ressentais de la pitié pour cette pauvre gamine qu’a été Carrie, la violence venant de sa mère est énorme.
King est fort pour décrire des images terribles, dans les deux sens du terme : la mère qui se griffe, Carrie recouverte de sang qui vide les bornes d’incendie, dont l’eau s’écoule en croix. J’ai beaucoup aimé aussi l’idée de rendre effrayant aux yeux de Carrie la statue du Christ chez elle ; c’est vrai que la religion a ses aspects creepy.
King parvient bien à faire ressentir du dégoût au lecteur, même moi j’ai trouvé assez affreux l’idée de la naissance de Carrie où sa mère baigne dans son sang après avoir coupé le placenta et le cordon ombilical au couteau. Il y a aussi un détail con, mais que beaucoup d’auteurs n’auraient pas osé placer pour éviter de donner une image trop répugnante du personnage principal : la bulle de morve au nez de Carrie. King la fait carrément gémir comme un bébé des fois, j’ai trouvé que c’était un peu exagéré, avec ses "ouin ?"… Si le personnage n’était pas irréel, je dirais que King se montre trop cruel envers elle à ce moments là.
Au final, il cherche quand même à avoir de la compassion envers elle, surtout à partir du début du bal. Il la rend belle aux yeux des autres (difficile à imaginer ce changement soudain ; paradoxalement, dans le film de De Palma où ça pourrait être encore plus compliqué, c’est au contraire très bien fait), et lui offre de bons moments une fois qu’elle s’ouvre aux autres : elle se surprend elle-même à faire de l’humour, à se sentir bien, …
Mais par la suite, je me suis demandé si l’auteur tenait à elle, ou au contraire faisait connaître à Carrie des choses qu’elles n’avaient jamais ressenties pour mieux la faire chuter ensuite ?

Il y a de nombreux foreshadowings par la tournure de certaines phrases : "Il y avait déjà quelques danseurs sur la piste (…) ils semblaient des fantômes immatériels" p153, "Elle n’aperçu dans la vitre qu’un reflet fantomatique et frustrant de sa silhouette, mais rien ne semblait clocher" p125.
A force, King insiste de trop sur le fait que la soirée sera inoubliable, que rien de mal ne va arriver, etc…
Une figure de style qui marche bien par contre, c’est quand King évoque la cigarette de Billy, qui "brasillait dans la nuit, comme un œil malfaisant" p134 ; c’est assez cinématographique car vraiment visuel, et ça m’évoque un élément semblable dans Fenêtre sur cour, on en avait parlé en cours.
C’est un détail qui fonctionne bien. Dans un autre genre, un détail amusant qui relève de l’humour noir : quelqu’un qui, quand les équipements anti-incendies s’allument dans le gymnase durant le bal, dit "le terrain de basket va être fichu". Tellement ironique.
Autrement, dans l’écriture on peut retrouver des éléments communs à Stephen King (dans Ca, en tout cas) : l’usage des parenthèses pour les pensées furtives des personnages, la localisation des évènements dans le Maine, le nom Hanscom…

Par rapport au film de De Palma : le copain de Chris est décrit comme étant un "greaser", je me demande si ce n’est pas pour ça que Travolta a été casté pour l’adaptation ciné.
Il y a pour moi beaucoup d’apports dans le film : la prof qui montre plus d’empathie avec Carrie, le fait que l’héroïne danse avec Tommy, l’idée de Carrie qui trône au milieu des flammes (alors que dans le bouquin, elle sort du gymnase et enferme les autres dedans), et l’ironie de l’usage des tuyaux pour tuer les élèves au milieu de l’incendie.
Le livre a confirmé un truc dont je n’étais pas tout à fait sûr : quand Carrie voit la prof rire, c’est bien une illusion. En tout cas, dans le film, étant donné la caractérisation moins ambivalente de l’enseignante, je m’étais dit que tous ces rires étaient perçus par Carrie et ne correspondaient pas vraiment à la réalité ; c’est donc bien rendu, et le film de De Palma est réellement très intelligent.
Faudrait que je le revoie, je lui mettrai peut-être 8/10 plutôt que 7, du coup.
C’est moins évident dans le film par contre que ce qui se passe au bal reproduit l’incident dans le douches, mais en même temps dans le bouquin il y a tout ce lien établi entre le sang et le pêché…

A la lecture, je me suis encore plus demandé quelle était l’utilité du remake si, à en juger par le trailer et les premières images, il reprend les idées du film de Brian De Palma, plutôt que d’offrir une autre vision qui se réfère davantage au livre ? De toute façon, à mon goût le premier film est mieux que le livre…


Sinon, j'ai vu la bande-annonce du film Carrie 2, ça a l'air vraiment nul, ça me donne presque envie de le voir :

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MessageSujet: Re: Carrie - Stephen King   Lun 10 Déc 2012 - 23:07

Au moins tu a apprit des veilles expresions assez marrante ! Le film de De palma est vraiment bien , si tu veux le revoir il est sur you tube en entier .
Concernant le téléfilm Carrie 2 la haine c'est une vrai boursoulflure , je l'avait vu a l'époque sur M6 (qui sont habituer a ce genre de déconvenance).
Moi non plus je ne voit pas l'interet du remake. Les majors vont se remplir les poches c'est tout !
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Fry3000
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MessageSujet: Re: Carrie - Stephen King   Mar 11 Déc 2012 - 13:15

J'ai le film de De Palma en DVD, mais merci.
D'ailleurs les bonus m'avaient appris que d'autres passages du livre (la chute de pierres, la voisine qui prend un bain de solei, ...) devaient être dans le film au départ.

C'est marrant, je crois que c'est sur M6 que j'avais vu le téléfilm "Carrie", qui était un remake aussi ^^

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