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 God bless America

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Fry3000
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MessageSujet: God bless America   Mar 18 Sep 2012 - 22:14


Fiche du film :
Réalisateur et scénariste : Bobcat Goldthwait
Année : 2011
Genre : Comédie
Acteurs principaux : Joel Murray, Tara Lynne Barr
Résumé : Frank, un quinquagénaire divorcé qui a perdu son emploi et apprend qu'il a une tumeur, décide de se suicider... avant d'avoir une meilleure idée. L'arme à feu qu'il avait en bouche, il la retourne contre tous ces idiots qui l'accablent dès qu'il allume la télévision. En chemin, il rencontre Roxie, une ado déjantée qui veut à tous prix l'aider dans sa tache.

Mon avis :
J'ai découvert "God bless America" quand il était déjà disponible aux USA en DVD, en voyant sur Senscritique qu'un de mes éclaireurs (Mr_Méchant) avait posté une critique. En survolant ce qu'il avait écrit, j'avais été intéressé par ce film, que j'ai mis sans trop y réfléchir dans mes oeuvres à consommer en cliquant sur un simple bouton sur le site, sans trop conviction non plus, me disant que ça allait être comme tant d'autres films pas trop connus que j'ai eu l'envie de voir à un moment mais que j'allais oublier. D'autant plus que la note attribuée au film sur le site jusque là n'était pas super.
Je ne sais plus quand j'ai vu la bande-annonce US, mais ça aurait dû m'intéresser davantage que ça.
Le film est passé au marché du film à Cannes, le tout premier jour. Ne me fiant qu'au programme du festival lui-même, qui ne présentait qu'un film le soir-même pour la cérémonie d'ouverture, j'avais pensé qu'il n'y avait aucun film à voir ce jour-ci. On m'a prévenu, mais le temps que je vienne, que le groupe se déplace vers la salle, qu'on voie qu'il faut des invitations, que je cherche à aller au stand de la société, etc... il était trop tard. Heureusement que les jours suivants, la mécanique s'était mis en marche et j'avais rapidement appris le fonctionnement du marché et du festival.
Quoi qu'il en soit, il n'y avait qu'une séance de God bless America à Cannes...
Puis il y a peu de temps, j'ai appris, halluciné, que ce truc allait sortir au ciné en France.
J'ai raté les séances à L'étrange festival à cause de mon travail, mon envie d'aller à une séance de A fantastic fear en présence du réalisateur, et le fait qu'un de mes collègues voulait le voir lors de sa sortie au ciné.
Cependant, j'ai vu l'autre jour qu'il y avait une avant-première ce soir, et ayant fait rater le film à un de mes amis en le conviant avec moi à voir A fantastic fear (il n'a pas trop aimé le passage éclair du réalisateur...), ainsi j'ai vu God bless America plus tôt que prévu.

Si vous avez survécu à ce pavé inutile, voici enfin mon avis sur le film :
(bon en fait j’ai écrit cette intro avant la séance pour gagner du temps, mais je vais continuer à raconter ma vie)
La séance était dans le cadre du "Festival America", un festival littéraire qui se déroule dans la petite ville où j’ai passé mes années de collège et lycée. (Ca a fait rire le public quand un des persos du film propose de se rendre en France en disant que c’est un pays anti-américains.)
Si on doit la présence de God bless America au programme, c’est parce qu’il était à Deauville, et que je film ayant gagné le grand prix n’était pas disponible. Ouf !
Avec les deux présentatrices avant la séance, le ton qu’elles employaient, l’âge moyen du public, et le fait que tout le monde ait l’impression de se connaître à force de se côtoyer au festival, il y avait un ton qui faisait "tea party". M’étais demandé si les gens du public savaient ce qu’ils étaient venus voir, et si les présentatrices avaient vu le film ou l’avaient juste choisi par défaut parce qu’il était à Deauville. J’ai arrêté avec mes préjugés et la dame qui était allée au festival a remonté dans mon estime quand elle a dit que God bless America avait été son coup de cœur. Elle a présenté le réalisateur et le film avec un texte préparé qui semblait être surtout une récupération d’infos sur le net. Ce qui était plus intéressant, c’était les citations du réalisateur qu’elle avait sélectionnées.
J’en ai retenu deux. D'abord, "le problème quand on fait un film qui fait réfléchir, c’est qu’il y a toujours quelqu’un qui ne comprend rien".
Je reviendrai sur l’autre citation plus tard.

God bless America, c’est la concrétisation d’un fantasme. Celui du réalisateur, le mien, celui de mon comparse qui a vu le film avec moi, celui de n’importe qui ayant eu trop longtemps à supporter des cons au point qu’on a juste envie de les tuer. Tout le monde vient à y penser à un moment. Je ne pense pas que ce soit juste moi qui suis taré, c’est juste que je n’ai pas honte de l’avouer.
Le personnage principal de God bless America est Frank Murdock, un quinquagénaire aigri qui exprime ses frustrations avec un langage soutenu. Je ne pouvais que d’emblée me mettre de son côté. Certes, le film fait un peu dans la facilité en ne proposant que son protagoniste et en face de lui des ploucs crétins, mais peu importe, je me serais identifié à Frank de toute façon.
J’ai eu encore plus d’empathie, et me suis encore plus reconnu en lui, quand on le voit progresser, l’air morne, parmi tous les moutons qui l’entourent au quotidien, des cons qui, contrairement à notre héros, acceptent non seulement les conneries qu’on leur sert sans arrêt dans les média, mais les régurgitent aussi.
Ca m’avait déjà frappé dans les bandes-annonces : parmi les programmes qui accablent Frank quand il zappe devant sa télévision, il y a ceux pour lesquels on reconnaît la vraie émission parodiée, et d’autres où la référence est plus vague et plus large, mais qui semblent si réels. C’en est horrible que la parodie et le réel soient d’une absurdité égale au point qu’on pourrait les confondre. Plusieurs fois dans le film on reviendra sur ces émissions de TV, on peut reprocher la répétition, mais moi je ne m’en lassais pas de voir le talent d’imitation du de Bobcat Goldthwait.
Par moments, aussi bien avec les émissions dans le film que les personnages qui entourent Frank, on aurait pu croire à des passages d’ "Idiocracy", et pourtant, ça ressemblait encore beaucoup à la réalité.
Ca me faisait rire de voir les collègues ou voisins idiots, mais je ne riais plus en voyant les caprices de la gamine pourrie-gâtée de Frank, j’avais un sentiment de gravité plus fort, peut-être parce qu’on en oubliait la dimension parodique et que là, ça ressemblait beaucoup trop à une réalité. Ca fait vraiment peur.

Les diatribes de Frank sont géniales et très inspirées. On reconnaît derrière le personnage le réalisateur qui se défoule sur tout ce qui selon lui ne va pas dans notre société et fait dire à son alter égo fictif tout ce qu’il a sur le cœur. On perd tout réalisme quand le personnage se lâche ainsi dans de longs monologues, mais le propos de Goldthwait est si délectable qu’on excuse facilement.
Toutefois ces monologues, eux, souffrent de la répétition et perdent de leur impact ; j’ai un peu lâché prise quand la fille part dans un discours politique d’une façon qui veut donner l’air qu’elle improvise, alors qu’on voit bien que ce ne sont pas ses mots qu’elle prononce et que tout est préparé.
Heureusement la complainte finale lors du climax est suffisamment bien aménagée pour qu’elle ait toute la puissance nécessaire à servir un propos.
Goldthwait a clairement travaillé ses répliques, au final la plupart du temps peu importe qu’on ne puisse pas croire en la spontanéité des paroles, tellement la façon de servir les messages est savoureuse. C’est bien mieux écrit que ne le laissent penser les sous-titres français, qui font des raccourcis, et évacuent des références bien plaisantes à 2 girls 1 cup ou Trent Reznor.

Frank est frustré. Et vient le moment, génial, de la révélation. Au lieu de se tuer, il va tuer tous ceux qu’il juge mériter de mourir.
Etant un débutant dans tout ce qui concerne les tueries, il y a des gags sur sa maladresse (le chiffon qui s’envole… excellent).
Vient la rencontre avec Roxie, une ado qui se situe entre Boltie de "Super" pour son enthousiasme et son hystérie, et Hit-girl de "Kick-ass" juste parce que c’est une jeune fille qui bute des gens méchants et que c’est politiquement incorrect et que ça choque les USA pour mon plus grand plaisir.
Un truc un peu raté par contre avec les personnages, c'est la backstory annoncée par Roxie, auquel on ne croit pas une seconde, et je pensais qu'on n'était pas censé y croire justement, avant qu'on ne découvre plus tard que si.

Le duo des protagonistes s’avèrera touchant par moment. Les acteurs sont par ailleurs très bons.
Frank et Roxie forment un "platonic couple of spree killers", bien que sera abordée l’ambigüité que voient les autres dans leur relation. Pour Bobcat Goldthwait, lorsque Roxie cherche à ce qu’on la trouve jolie et veut juste se sentir aimée par son comparse, c’est une occasion d’aborder un autre thème, de servir un autre propos critique sur notre société.
Si la plupart du temps, j’étais d’accord avec le réalisateur parce qu’il critique des choses qui devraient révolter quiconque étant "normal" (le racisme, l’antisémitisme, le fait de parler à voix haute dans une salle de cinéma, …), j’ai trouvé que ça devenait parfois trop personnel et subjectif. Traduction : moi j’aime bien Juno !
J’aime bien toutefois que le Goldthwait n’hésite pas à cibler autant ses critiques, en n’y allant vraiment pas de main morte avec Diablo Cody ou encore Woody Allen. C’est très osé je trouve, car en général, même dans les œuvres subversives, on ne lance pas d’attaques aussi personnelles.
Par contre le personnage de Roxie encense complètement Alice Cooper, et ça c’est bien. (surtout que je suis dans ma période "découverte d’Alice Cooper", j’en écoute beaucoup ces temps-ci)


Dans la salle de cinéma, la plupart du temps, il n’y avait que mon camarade et moi qui riions. On était complètement seuls quand on en venait aux scènes gores (FX pas mal, au passage) ; je dois dire que je me suis quand même un peu retenu lors de la scène avec le bébé…
Et moi qui d’habitude, n’aimant pas me démarquer, attends toujours que quelqu’un d’autre applaudisse avant de me lancer, j’ai été le premier à applaudir. Mon ami étant le second et… dernier. On était vraiment que tous les deux à applaudir au générique de fin !
Je suis pas mécontent néanmoins d’être allé à cette séance et non une autre, et je vais en venir maintenant à la seconde citation du réalisateur que j’ai retenue, et qui m’a donné à réfléchir pendant le film : "est-ce qu’on fait partie de la solution ou du problème de ce pays ?".
Qu’en est-il pour Frank et Roxie ? Je pense qu’ils font partie des deux. En tuant des gens, ils sont soumis à leur subjectivité dans leur choix de qui doit vivre ou mourir, et rien qu’en se lançant dans cette croisade, ils se retrouvent à avoir des travers tout comme les gens qu’ils éliminent.
Mais comment régler le problème alors ? C’est une vraie question, je me demande s’il y a vraiment une solution.
En tuant un présentateur TV, Frank et Roxie font de lui un martyr. Comme on le fait justement remarquer, ce que font les personnages ne sert pas à grand-chose, si ce n’est se soulager un moment, étant donné qu’il y a le problème de l’absence de remise en question de la population américaine, qui cherche à chaque fois à blâmer autre chose qu’eux-mêmes.

En conclusion : on est foutus.
Tant qu’à faire, regardons de bons films en attendant la fin.

God bless America, je recommande. Il y a des défauts, mais que j'excuse sans trop de problèmes, tant le message et la prise de position radicale du réalisateur font plaisir.

Bande-annonce VOST :


EDIT :
Deux chansons superbes de la BO (sans compter celles d'Alice Cooper) :



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Dernière édition par Fry3000 le Ven 13 Juin 2014 - 23:21, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: God bless America   Mer 19 Sep 2012 - 13:30

Ce monde et la société qui l'engendrent et de plus en plus déguelasse , grostesque et fade !
Donc les films rentre dans le lard sont salutaire !
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MessageSujet: Re: God bless America   Mer 19 Sep 2012 - 17:33

Je te recommande de le voir dès qu'il sort, le 10 octobre.
(suis content à mon tour de donner envie de voir le film ^^)

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MessageSujet: Re: God bless America   Dim 16 Déc 2012 - 15:01

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Festival-de-Deauville.-God-bless-America-flingue-la-betise-avec-humour_40790-2110657------14220-aud_actu.Htm
Propos interessants du réal.

Le DVD sort en février... putain j'ai hâte de pouvoir l'acheter. J'adore le visuel français du film, sinon j'achèterais le DVD anglais ou américain...

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MessageSujet: Re: God bless America   Mer 16 Juil 2014 - 8:59

J'ai récemment acheté le DVD, j'ai revu le film avec un ami, et là j'ai commencé à regarder les bonus.
Le premier est un entretien avec Bobcat Goldthwait, le réalisateur. J'ai été surpris, je m'attendais à ce qu'il soit plus jeune, et je ne l'imaginais pas aussi enjoué, aussi joueur. J'ai du mal à me faire à l'idée que c'est lui qui a fait un film aussi acide que God bless america, dont l'aigreur envers la société est transformée en un sens de l'humour trash.

Bobcat nous dévoile qu'il a eu l'idée pour le film en voyant qu'il y avait à Londres un marathon de l'émission "My super sweet sixteen" (j'ai du mal à le croire, quel intérêt ça a ?).
Encore plus choquant : il dit que pour les extraits fictifs d'infos qui passent à la TV dans God bless America, il a juste fait des reconstitutions de réelles infos qu'il a vu à la TV. C'est le cas pour celle où des manifestants poussent au sol un homme atteint de Parkinson.
L'interview s'achève sur ces mots : "it's a very violent movie about kindness".

Ensuite, l'interview avec les deux acteurs principaux, qui m'ont quant à eux appris que la scène où les deux héros discutent en jouant à la roulette russe avec un faux pistolet a été improvisée. Justement, en voyant la scène, je me demandais comment ils avaient fait pour que le pistolet ne tire qu'au 6ème coup, laissant alors les acteurs dire toutes leurs répliques. En fait, ils ont tout inventé au fur et à mesure. Et c'est d'autant plus étonnant que je trouve que c'est une des meilleures scènes montrant une complicité entre Frank et Roxy.

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MessageSujet: Re: God bless America   Sam 19 Juil 2014 - 12:45

Ahlala, ces japonais...

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