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 Les morsures de l'aube - Tonino Benacquista

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Fry3000
King of the zombies
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MessageSujet: Les morsures de l'aube - Tonino Benacquista   Ven 14 Sep 2012 - 20:53


Fiche du livre :
Auteur : Tonino Benacquista
Année de publication : 1992
Editeur : Rivages/Noir

Mon avis :
"Les morsures de l'aube", un titre qui m'intriguait déjà quand j'étais gamin, que je voyais le film dans le programme TV ou en DVD en magasin. Etait-ce un film français ? J'avais du mal à concevoir un film de vampires dans notre pays. C'était quand j'étais trop jeune pour penser qu'on pouvait trouver l'info sur le net. Ou pour en avoir quelque chose à foutre.
Je sais plus pourquoi, il y a peut-être un mois, j'ai repensé au film, et ai subitement eu envie de lire le bouquin. C'est sûrement le fait qu'il soit axé sur deux profiteurs vivant la nuit pour se nourrir de soirées alcoolisées, qui m'a fait envie. Marrant, dans le résumé, il n'était nullement fait mention de vampires. Soit le film s'axait beaucoup plus sur le sujet, soit il n'était pas vraiment question de vampires, pas de vrais en tout cas, et ça ne suffisait pas pour qu'on les évoque sur la 4ème de couverture du roman.

Depuis quelques temps, quand je me lance dans la lecture d’une œuvre, je note les pages comportant des phrases marquantes, des passages que je veux pouvoir consulter quand j’en ai envie. Avec Les morsures de l’aube, dès le départ, je notais presque toutes les pages. Me suis dit finalement que le mieux si je voulais retrouver les moments cultes, ce serait de relire tout le début. Le juge toutes les premières pages précieuses.
On voit que l’auteur connaît son sujet, le monde de la nuit et ses parasites (ou "hirondelles", comme on les appelait auparavant). Errer toute la journée dans la rue dans l’attente du soir où il y aura espoir de s’incruster à telle ou telle soirée avec petits fours et champagnes gratuits, les personnages principaux, Antoine et Bertrand, en ont fait un mode de vie, avec ses astuces, son économie propre, son fonctionnement qu’ils connaissent très bien. Benacquista nous donne de quoi y croire, à ce qu’il nous décrit, en faisant évoquer par Antoine tout ce qu’il peut obtenir avec telle somme d’argent, ou fait simplement allusion à tous ces coins méconnus de Paris qu’il connaît.
Le héros fait également des remarques sur sa condition, sur ce qu’il traverse, ce qui renforce l’impression de réalisme du récit, une grande part de ce que nous dit le narrateur ressemblant au fruit de longues réflexions qui ont mûri avec le temps passé à parasiter pendant des années.
Tout ce qu’il faut pour rendre palpable l’univers sur lequel se penche l’auteur est concentré en très peu de pages, tout est présenté de façon concise mais complète, et les personnages sont bien définis le temps de quelques heures seulement, dans la temporalité du roman.
Ainsi Benacquista peut se permettre de faire apparaître très tôt, dès la première soirée des personnages à laquelle on assiste en fait, une autre créature nocturne qu’eux, au teint blafard de cadavre.
Le livre ne fait que 200 pages, tout de même…

Et après cette rencontre étrange aux conséquences importantes… le roman repart comme avant, avec ses phrases bien senties, ses mots d’esprit teintés de remarques pertinentes, ses anecdotes gaguesques sûrement fictive mais drôles, ses portraits fascinants d’autres facettes du monde de la nuit encore, ses descriptions imagées superbes, sa façon de poser une ambiance tout en plaçant un détail sympa, une petite note comique ou un propos sarcastique qui donne parfaitement le ton concernant le lieu où se trouvent les protagonistes, ou la personne avec qui ils sont.
Il y a un moment où l’on ne sait pas auquel des deux personnages principaux correspond chaque réplique d’un dialogue entre eux ; j’avais déjà vu ça récemment dans "Le facteur sonne toujours deux fois", où ça m’avait beaucoup dérangé, or dans Les morsures de l’aube, cela n’arrive qu’une fois, et ça a un sens. Les personnages sont eux-même dans la confusion lors de cet échange, ils hésitent chacun à abandonner l’autre, on ne sait pas qui est lâche ou non, et même si on avait su qui parlait à ce moment là, on n’aurait pas pu savoir ce qu’il en était vraiment et quelle part de vérité résidait dans leurs propos.

Benacquista est étonnamment pas fin par contre quand il en vient à traiter des vampires. Ca me fait penser à l’équivalent littéraire d’un réalisateur à qui vient l’envie de se mettre à faire un film d’horreur alors qu’il n’y connaît pas grand-chose au genre.
"Jordan", le noctambule livide, boit du Bloody Mary, il blague sur l’idée de mordre quelqu’un (avant qu’on apprenne qu’il le fait vraiment), et son amie Violaine, tout de noir vêtue elle aussi, fait allusion auprès d’Antoine au fait que les miroirs ne lui servent à rien. C’est un peu lourd, mais notre héros, lui, ne fait pas le rapprochement avant d’être la victime du duo.
Tout cela est un peu rattrapé par le fait que Violaine et Jordan soient de faux vampires, qui ne font que prendre l’apparence de ceux-ci, et par le fait que l’auteur décrive la femme comme un cliché de la vamp, reprenant tous les attributs vestimentaires sans y apporter aucune imagination ou touche personnelle.
La justification de ce comportement chez ces deux personnages atypiques est superbe, je trouve.

Je n’ai à reprocher au livre que certains passages où le personnage principal a l’air un peu ridicule, avec ses affirmations prétentieuses qui font assez poseur : "je suis un mort-vivant, je reviens vous hanter, etc". Un peu de modestie, voyons !
J’avais lu dans des critiques que la fin est décevante. Je ne dirais pas ça, elle est juste curieuse, laisse certaines choses en suspens, et fait apparaître des questionnements de dernière minute (wait, qu’est-ce qu’il se passe avec la femme dans les dernières pages, pourquoi Antoine se barre comme ça ?)

En tout cas, je recommande chaudement Les morsures de l’aube. C’est plein de bons plans pour vivre sans argent ni domicile, et il y a des phrases géniales pratiquement sans arrêt.

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