La Crypte

Zombies, horreur, SF. Et cinéma en tous genres.
 
AccueilPortailFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 My boring-ass life - Kevin Smith

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Fry3000
King of the zombies
King of the zombies
avatar

Masculin Nombre de messages : 8764
Age : 25
Date d'inscription : 16/05/2007

MessageSujet: My boring-ass life - Kevin Smith   Sam 7 Avr 2012 - 0:17


Fiche du livre :
Auteur : Kevin Smith
Année : 2007
Résumé : Les articles du blog "My boring-ass life" écrit par Kevin Smith, réunis en un livre.

Mon avis :
J'aurais pas pris l'initiative de moi-même de lire un jour un bouquin écrit par Kevin Smith ; en rester à voir ses films et ses séries me suffisait. J'ai quand même été drôlement content quand Kevin (pas Smith ; celui sur ce forum) m'a offert "My boring-ass life" pour mon anniversaire, l'an dernier. Un cadeau personnel, montrant qu'il me connaît assez bien, et toutefous plus original qu'un DVD. J'avais emmené ce bouquin à Cannes, quand j'avais raté Red state, mais j'ai mis du temps avant de le commencer. Je lisais je sais plus quoi avant, des bouqins de Douglas Adams peut-être, et je me devais de finir. Et le bouquin de Smith fait quand même 500 pages, ce qui explique que je ne l'ai fini que maintenant.
Le volume m'avait aussi un peu rebuté quand j'avais commencé la lecture, me disant "je vais quand même pas lire 500 pages de ça ?", surtout qu'en ouvrant l'ouvrage j'ai découvert que ce n'était pas une bio à proprement parler, ou même un recueil de pensées de Smith, mais en gros un regroupement des textes postés sur son blog. Il se fait pas chier, quoi, de vendre ça ; "New york times bestseller", sans déconner.
Smith explique en intro qu'un mec lui a demandé un jour sur son forum ce qu'il faisait de ses journées. A la suite de quoi il a ouvert le blog à l'origine de "My boring-ass life", où il s'est mis à poster quotidiennement.

Le meilleur moyen de savoir quels jours Kevin Smith a chié, au cours de l'année 2005 ; voilà ce à quoi ressemble ce livre au départ.
Kevin Smith raconte tout de ses journées, vraiment, même, ou plutôt "surtout", les choses futiles, ce type ayant une vie qui la plupart du temps ne diffère pas tant de celle de n’importe qui. Sauf que lui, on le paye pour lire raconter qu’il a une érection matinale, qu’il va jouer à la DS en faisant caca, qu’il fume un pétard, et quand et comment il baise sa femme. En effet, il raconte vraiment tout.
Je me demande comment Jennifer Schwalbach-Smith a pu réagir par rapport à l’entreprise de son mari, mais comme toujours quand Kevin Smith parle d’elle, il y a un respect certain.
Il évoque en début de bouquin la façon dont ils se sont rencontrés, ressortant presque l’anecdote du pénis blessé qu’il avait racontée durant le film "An evening with Kevin Smith", mais sinon à chaque fois qu’il parle de son épouse, c’est avec une sorte de vénération, comme toujours. Kevin est un type qui aime particulièrement sa femme, comme on l’aura remarqué en de diverses occasions, ce qui peut se comprendre de par le fait qu’il la trouve très belle et qu’il ait peu d’estime personnelle, se moquant régulièrement de lui-même.
Bon en tout cas, pendant les 300 premières pages, sérieusement, Kevin Smith écrit chaque jour sur son blog, même quand il n’a rien à dire. Il raconte où il est allé mangé, à quelle heure il s’est levé, quand il a chié, … Il raconte des trucs que j’allais oublier dès les avoir lus, et pourtant je continuais à lire, me demandant quand même quand ça allait devenir intéressant.
Tout ce qu’on peut retirer de ces moments où rien de spécial ne se passe, c’est quand même un témoignage sur le mode de vie de Smith, et par extension, le style de vie US.
On remarque que Smith ne cuisine jamais, à la place il emmène sa famille dans des restos, toujours les mêmes, et en général des fast-foods ou autres machins où l’on mange gras (genre The griddle).
C’est grotesque pour un réalisateur, mais Smith s’endort devant des séries enregistrées sur Tivo (Les Simpsons ou Law & Order), et il ne peut pas regarder un film sans faire autre chose en même temps ! C’est révoltant ! Il consulte ses mails, son forum, il joue au poker en ligne, … Ca explique que la mise en scène soit si faible dans ses films (que j’adore néanmoins, ayant des qualités ailleurs). Après il s’étonne sur le tournage de Catch & release, où il était acteur, que la réalisatrice Susannah Grant, dont c’est le premier film, soit déjà plus capable de raconter quelque chose visuellement.

Ca en devient presque antonionien, une influence que je ne connaissais pas chez Smith : une fois, page 49, il parle d’une blague qui l’a fait rire toute une journée. Mais il ne la retranscrit pas.
Une autre fois, il parle du choc qu’il a eu quand il a appris que quelqu’un n’étant pas celui qu’il prétendait être. Ca non plus, il ne le raconte pas, alors que c’est le seul truc qui nous passionne au milieu de banalités. On le lit plus faire des trucs triviaux autour de ses films (des conférences, des signatures de DVD, etc), qu’il ne parle de ses films.
Faut pas se fier au verso du bouquin, qui fait croire qu’il se passe pleins de trucs trépidants et qu’on apprend tout sur la pré-/post-/production de ses films. Il y a même un truc limite mensonger sur la jaquette, faisant croire à quelque chose de bien plus excitant que ce à quoi ça correspond vraiment à l’intérieur du livre.
Ayant lu sur un avis d’un utilisateur Amazon que ça devient bien que dans la seconde moitié, du coup plusieurs fois j’ai fortement hésité à balancer mon chapeau par-dessus le mur, comme dit Randall, et passer aux environs de la page 250.
J’ai plutôt essayé d’accélérer ma lecture, pour éviter de m’attarder sur ce qui est inutile, mais je n’ai pas sauté des pages, de crainte de rater ces quelques rares moments où Smith dit un truc digne d’intérêt.
Ouais, étant une star, il lui arrive quelque trucs intéressants en lien avec sa carrière.
Vais les lister, histoire de résumer tout ce qu’il faut ne pas rater, pour un lecteur qui voudrait passer direct à la fin du bouquin pour éviter de se faire chier :

-Zach Braff a failli joué Fletch dans "Fletch won", que Smith voulait réaliser. Finalement, ça s’est pas fait, à causes de désaccords avec le studio sur ce que devait être le film. Et Chevy Chase se montrait emmerdant. La collaboration Braff/Smith paraît logique de par ce lien : le New Jersey (Garden state, voyons).
-Amanda Peet était considérée pour être Becky dans Clerks II.
-Smith a voulu que le DVD zone 2 de Mallrats ait un équivalent à la version anniversaire du zone 1. Mais c’est pas Universal qui se chargeait du film en Europe, ou un truc comme ça, donc ils n’avaient aucune influence sur le zone 2.
-Il a parlé de Ranger danger à Robert Rodriguez, qui était intéressé.
-Il a fait un autre cut de Jersey girl, pour un festival ou quoi. On peut pas le voir, nous.
-Il évoque un autre film, "What a lovely tea party", making-of de Jay & Silent Bob strike back, monté pour un festival aussi. On peut le voir nulle part, sur aucun DVD du réal, car ça dure 3h, ce bordel. Smith en parle dans son blog sans dire ce que c’est, j’ai dû me renseigner sur Wikipedia à l’instant.
-Jason Mewes bossait dans "Bottoms up", avec Paris Hilton. Le producteur n’ayant pu faire un caméo le dernier jour de tournage, Smith l’a remplacé.
-Il a participé à une émission, Dinner for five, avec comme invités à sa table : JJ Abrams, Stan Lee, Jason Lee, et Mark Hamill. Classe.
-Edgar Wright est en ville, Smith l’appelle et ils se voient, tout simplement.
-Dans le même genre : Smith revoit Kill Bill (en foutant autre chose en même temps), aime beaucoup, et donc appelle Tarantino pour le féliciter. Si on pouvait faire ça…
-McCallum l’appelle pour connaître son avis sur Star Wars III. Et sa critique sur internet a 800 clics par minute.
-Il tient des "poetry events" avec une liste d’invités dingue.
-Il fait du stand-up, une fois.
-Il se rend à Hollywood boulevard, évoque un mec en Superman, mais malheureusement ce n’est pas le plus connu, ce bouffon qu’on voit dans The reinactors, à la place c’est un petit blond à lunettes avec un costume naze.
La honte : Kevin Smith écrit "Chuckie" au lieu de "Chucky".

Les temps forts ou infos importantes du bouquin :
-Page 144, le récit du décès du père de Smith.
-Page 205 : Kevin raconte que même quand il couche avec sa femme, il ne retire pas son shirt. Et il raconte comment je sais plus qui a insisté pour que Joey Lauren Adams montre ses seins dans Mallrats, et les a flashé devant Smith dans un centre commercial, pour demander si ça allait si elle le faisait comme ça. En gros.
-En faisant la liste des plans sur Clerks II, Smith s’est aperçu qu’au bout de 5 scènes, il y avait plus de plans que dans tout Clerks I.
-Les couleurs au lieu de travail dans Clerks II sont désaturées ; c’est vrai que maintenant que je le sais, j’ai l’impression que c’est bien apparent, sans même avoir revu le film depuis.
Et au départ, ils avaient hésité à donner un air rétro et cheap au film pour le rapprocher du 1.
-Page 412, on a une liste des films que le public doit avoir vu pour assister à une projection-test de Clerks II, où ils ne savent pas quel est le film. Ceux listés pour entrer sont alarmants, ils n’ont rien à voir avec l’humour de Smith. Trop crétins, selon moi, pour la plupart. Genre teen movies US à la con, quoi.
-Page 415, Smith parle d’une idée de segment pour un film de super-héros qu’il avait eu ; idée qui ressemble au film sorti depuis nommé "Ma super-ex". En plus soft que ce qu’il voulait faire.
-Page 427, il parle du jour de son 21ème anniversaire. Le jour où, après avoir fini son boulot au Quick stop, en cette époque où sa copine l’avait lâché parce qu’elle avait de plus en plus de mal à voir un futur mari en ce mec qui assistait si peu à ses cours de criminologie (ça vous rappelle rien ?), il est allé avec un pote voir Slacker au cinéma, à New York, alors qu’il n’avait rien de prévu. C’est avec ce film qu’il a eu la révélation, celle qui allait le mener à réaliser Clerks, se disant que si Slacker était du cinéma, lui aussi pouvait en faire.
Enorme.
-Il raconte le tournage plein d’embûches de Die hard 4. Il s’en rend peut-être pas compte, mais Smith dit pleins de trucs négatifs sur Bruce Willis. Il n’a pu que ne pas s’en rendre compte, pour accepter de bosser avec lui sur Cop out, avant de se plaindre largement de lui une fois le tournage achevé.
Sinon, Smith a réécrit les dialogues de son personnage, y rajoutant des blagues sur l’internet et les filles gothiques (yeah ! mais je sais plus si c’est dans le film au final).
-"Me and my shadow", le récit des déboires de Jason Mewes avec la drogue.
-Le meilleur passage du livre sûrement : page 297, Kevin Smith qui parle de sa "fissure anale". C’est à la fois affreux et à pleurer de rire. Je me souviens, arrivé vers les 250 pages, je m’étais dit "si au bout de 300, c’est toujours chiant, j’arrête". L’histoire des hémorroïdes de Smith m’a fait continuer.
C’est à partir de là que Smith arrêtait de poster tous les jours, et racontait des trucs plus intéressants. Comme ses escapades dans un club de striptease.
EDIT 23/04/2012 : Kevin retranscrit aussi le début du script original de Mallrats, disant que c'était beaucoup mieux que ce qu'on a dans le film au final. Moi j'ai trouvé ça mauvais.

Kevin Smith raconte quand même des trucs qui m’ont fait le déprécier.
A un moment, il répond sur le forum de Rotten tomatoes à un mec qui dit du mal de ses films. Smith le descend, mais de façon totalement immature. Il manque d’arguments, et en vient à s’en prendre à son pseudo, prétextant en même temps qu’il se cache derrière. Facile à dire, quand on s’appelle Kevin Smith ; et tout le monde n’a pas envie qu’on connaisse son identité sur le net.
Il a vraiment été con sur ce coup, mais il est assez fier pour en parler sur son blog et dans son bouquin.
Vers la fin du livre, lors de la sortie de Clerks II, My boring-ass life devient un recueil de pamphlets où Smith se fait chier à répondre à des critiques, avec trop de rage pour qu’on soit de son côté.
On voit les débuts de la perdition de ce réalisateur que j’adore mais qui a trop déconné depuis l’an dernier (les affaires Red state, son envie d’arrêter le ciné, etc).

My boring-ass life, un livre au titre malheureusement trop vrai, moi qui croyais que c’était une blague.
A moitié chiant, à moitié intéressant. A lire pour les gros fans de Smith, mais à condition de savoir quels passages sauter pour aller à l’essentiel.

_________________


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://deadbydawn.users-board.net
 
My boring-ass life - Kevin Smith
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Tusk (2014,kevin smith)
» Arès/Kevin Smith
» What about Kevin Smith ?
» Red state
» Red State (Kevin Smith, 2011)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La Crypte :: Discussions :: Livres-
Sauter vers: