Nombre de messages: 5337 Age: 20 Date d'inscription: 16/05/2007
Sujet: La grande évasion Sam 11 Fév - 17:38
Fiche du film : Réalisateur : John Sturges Scénaristes : W.R. Burnett, James Clavell Année : 1963 Genre : Drame ? Acteurs principaux : Richard Attenborough, Steve McQueen, James Garner, Charles Bronson, Donald Pleasence
Mon avis : Je n'aurais sûrement jamais regardé ce film si mon père ne s'était pas abonné à la collection "La dernière séance", dont La grande évasion constitue le premier numéro. Malgré la renommée film, je pense que je n'aurais pas vraiment été intéressé. Et pourtant il semblerait que je l'avais ajouté à mes DVD souhaités. Peut-être juste comme ça, parce que c'est un classique, mais sans que j'aie eu l'intention bien précise de voir le film. Si j'avais su qu'il durait 2h45, ça m'aurait sûrement rebuté aussi. Sinon, pour moi, jusque là, La grande évasion, c'était le film sur lequel on faisait une blague dans Reservoir dogs, sûrement parce qu'il y a Charles Bronson dedans et que Tarantino semble aimer faire référence à cet acteur.
Comme le film dure si longtemps, j’ai surtout pris en note les défauts, et pour moi le film en comporte pas mal ! Ca commençait mal quand au bout de 10mn, je ne comprenais pas. Je pense que c’est un problème d’époque : sûrement que 30 ans après la guerre, les spectateurs étaient plus apte à comprendre le contexte du film. Moi je n’avais pas compris qui étaient les prisonniers ni l’officier allemand chargé du camp. Tiens d’ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi ce type-ci s’est échappé ? Ca m’a d’autant plus embrouillé que ça le met dans le même panier que ses "subordonnés" (ce terme désigne en réalité les prisonniers à sa charge) qui se sont évadés aussi. Qui étaient ces prisonniers ? J’ai eu du mal à comprendre que, bien qu’ils soient désignés comme "officiers" eux aussi alors qu’ils sont prisonniers, ce sont des ennemis du régime nazi de nationalités différentes. Un problème de termes, en fin de compte. Finalement c’est tout simple : des soldats ennemis sont placés dans un camp allemand. Voilà. Par contre pourquoi l’officier allemand s’est évadé, sérieusement ? Bref. Ce qui m’a probablement aussi embrouillé, c’est qu’on est dans un de ces films américains où tout le monde parle anglais, même les allemands entre eux, donc ça a placé dans le flou l’appartenance de chacun à une nation, à un camp. A partir de là, me suis dit que McQueen et sa bande jouaient peut-être des "officiers" allemands aussi, après tout pourquoi pas, au point où on en est. Ce qui est marrant, c’est lorsqu’un garde allemand arrive vers un prisonnier anglo-saxon, le réprimande en anglais, puis quand l’autre lui répond, il s’exclame "oh you’re an american". Sans blague, pourquoi lui avoir parlé en anglais dès le départ ? Cette confusion en moi, c’était avant que chaque personnage n’affirme sa provenance par des accents exagérés. L’écossais utilise pleins d’expressions de son coin, Bronson adopte un gros accent d’Europe de l’est, l’espagnol qu’on voit à la fin du film ne dit qu’un truc en anglais et ajoute "senor" à la fin. Sans blagues. Etonnamment, les acteurs principaux ont bien appris à parler français, en tout cas mieux que la plupart des acteurs qu’on voit dans les films jouer des personnages français. Un peu comme le personnage de serveur Français dans ce film, justement. Et qui bosse au café "Chez Suzette". Sérieusement. Pour les sous-titres français, on sent que les traducteurs ont eu du mal à rendre les différences d’expressions entre les différents anglais. Ca donne des trucs bizarres comme "souris" pour désigner des filles selon le personnage Irlandais, ou l’utilisation abusive de "ça gaze/ça gazera" quand un personnage dit "it works/will work". Je ne connaissais pas cet emploi du mot. Les traducteurs ont-ils été influencés par le contexte comprenant des nazis ?
Le scénario, basé sur une histoire vraie visiblement, parle d’un camp tout neuf destinés aux prisonniers qui ont multiplié les tentatives d’évasion. Ca permet, en faveur du film, de montrer plusieurs tentatives et façons de s’enfuir. Quoique ça ne dure pas longtemps, et que les hommes se mettent vite d’accord pour tenter un gros coup, "la grande évasion" quoi, qui consiste à faire sortir 250 hommes pour que les allemands ramènent plus d’hommes pour surveiller le camp, des hommes qui auraient pu servir au combat. On voit quand même plusieurs astuces plus ou moins amusantes, toujours dans le but de s’évader : la terre creusée qu’on disperse dehors en la faisant tomber d’un dispositif dans son pantalon, les différents tissus exposé et commentés par un homme qui s’en sert pour faire des habits divers et présente toutes les possibilités avec. Mais on fait semblant de nous expliquer sans nous expliquer en réalité : un personnage demande un autre comment untel a eu tous ces tissus, la réponse est qu’il a dit "don’t ask". Pourquoi user de tels détournements si le film est basé sur une histoire vraie ? J’imagine que les prisonniers avaient peut-être un moyen de se procurer des tissus, mais dans le cas contraire, les scénaristes affabulent et retirent une part de logique et de crédibilité au film en n’expliquant pas cet élément.
La vision du camp présentée dans La grande évasion me laisse dubitatif quoi qu’il en soit, car on croirait presque que c’est sympathique. Les premières tentatives d’évasion ne sont pas réprimandées, du coup ça a l’air d’un jeu auquel n’importe qui peut se prêter. Les personnages se moquent des gardes, ils rigolent entre eux, à un moment ils fêtent carrément l’Independance day en buvant de l’alcool qu’ils ont fait eux-même. On dirait qu’il n’y a aucun problème, que les gardes sont tous extrêmement indulgents, qu’il n’y a aucun danger. Quand le perso de McQueen fait le mariolle en allant dans un angle mort des miradors, il se fait mitrailler, mais sans qu’on ressente un réel risque, car évidemment il s’en sort comme si c’était naturel. Un personnage, selon ses dires, en aurait bavé avec les SS, mais il ne fait qu’en parler brièvement, comme si c’était hors du film. Il y a quand même plus tard dans le film quelqu’un qui meurt. Un autre qui, assez soudainement, devient presque aveugle, alors que jusque là il a fait pleins de faux papiers. Pour moi, ce film a un problème de ton. Il est décrédibilisé par son traitement trop léger de la plupart des évènements. La musique elle-même, souvent répétée, évoque la légèreté, la comédie presque. A un moment, elle se fait entendre juste après la mort d’un personnage. Faut pas déconner. Dans un moment sensé être terrible, lors de l’évasion, quand McQueen à l’extérieur tire une corde pour faire signe de sortir du tunnel et traverser, il y a un con qui trouve encore le temps de parler à un autre pour lui dire "see you at Picadilly", et l’autre de répondre "at Scott’s bar", avant de partir. Damnit ! C’est le genre de manque de considération qui me déplaît en un personnage, que je considère du coup comme un con, et qui reflète malheureusement, en quelque sorte, ce manque de sérieux du film qui prend trop certaines choses à la légère.
Le film, qu’il soit basé sur une histoire vraie ou non, m’a paru bourré d’incohérences aussi. Il y a ce garde à la con qui se confie à un prisonnier, disant des trucs qu’il ne faudrait pas que ses supérieurs entendent (il le dit lui-même), et puis découvre que le prisonnier est un voleur, mais ne le dénonce pas alors même qu’il voulait le faire, et encore plus stupide encore, quand il a perdu son porte-feuille, il vient revoir cette personne en pensant qu’en tant qu’ "ami" (comment il peut croire ça, ce con ?) il va l’aider à le retrouver. Il ne peut pas se douter qu’il le lui a volé ? De même qu’en sachant que ce prisonnier est connu pour être un "chapardeur", comment se fait-il qu’à aucun moment dans le film, avec tous les objets qu’il vole, personne ne vienne le voir ? Enfin même, pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de fouilles ? Ou s’il y en a, car apparemment il y en a, comment se fait-il que les gardes ne remarquent rien ? Que ce soit les objets volés, la terre déblayée placée dans le grenier, ou les planches des lits retirées pour soutenir un tunnel ?
Techniquement, j’ai aussi des reproches à faire au film. Je reproche l’usage d’un éclairage en extérieur pour éclairer l’orée de la forêt en pleine nuit. On sent bien l’éclairage de cinéma à côté de la caméra, et le pire c’est que même quand toutes les lumières du camp sont éteintes, à cause d’un raid aérien, il y a ce même éclairage en extérieur ! Aucune logique. Il aurait fallu opter pour une nuit américaine, pour que ça paraisse plus réaliste. Le plus nul, c’est lorsqu’un prisonnier est allongé aux pieds d’un garde, qui ne le voit absolument pas. Alors qu’avec l’éclairage de dingue pour la scène, un spectateur ordinaire à toutes les raisons de se demander pourquoi le soldat ne le voit pas. On n’y croit absolument pas. Problème similaire, du moins je l’ai cru, dans une scène dans un hangar, sous lequel l’image est sous-exposée. J’ai finalement pensé, puisque cette sous-exposition se poursuivait après le hangar, que c’était un effet pour faire croire que la nuit tombée. Ce qui ne marchait absolument pas car au début de la séquence, sous ce hangar, on voyait les personnages arriver dans le lieu depuis la lumière du jour. Et finalement, dans les scènes suivantes, il faut encore jour. A mon avis, l’équipe a raté l’exposition, et le réalisateur a dû dire "tant pis, continuons de tourner comme ça", pour une question d’homogénéité.
Ce que j’ai bien aimé, c’est les petits détails du genre Bronson qui note "17" sur le sol, car il s’apprête à creuser son 17ème tunnel ; ça donne un semblant de profondeur au personnage. J’ai apprécié aussi le fait que McQueen ne soit pas le héros du film. Il n’y en a pas, c’est un film sur un groupe, sans personnage principal. On voit assez peu l’acteur finalement, vu qu’il va souvent en cellule. Il a son allure de frimeur et sa phase héroïque, mais est en définitive pas mis en valeur tant que ça. Et il échoue. Son nom ne doit être en haut des affiches et des DVD que parce qu’il est le plus connu.
Ouais bon, rien trouvé d’extraordinaire à cette Grande évasion. Lui ai-même trouvé toute une flopée de défauts. Je pourrais dire que ça a "mal vieilli", mais ce serait trop réducteur.
Sinon, je me suis demandé en voyant le film si on pouvait trouver des insignes ou casquettes nazis sur eBay, comme celle de Chuck Testa. Non, on ne trouve que des insignes anti-nazis, mais on trouve ce type de costumes : http://cgi.ebay.fr/Ladies-Gestapo-German-40s-Military-Marlene-Dietrich-Army-Fancy-Dress-10-14-/170777736821?pt=Adult_Fancy_Dress_UK&hash=item27c3257675 Parfait pour une soirée en couple. Par contre sur chaque costume trouvé, la croix gammée est absente, malgré la présence du brassard rouge à rond blanc.
…Quand j’y pense, à quoi servent les shirts ou logos anti-nazis ?