La Crypte

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 Dans l'abîme du temps

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Nhoj
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MessageSujet: Dans l'abîme du temps   Mar 17 Jan 2012 - 12:01

.: Dans l'abîme du temps :.



What a shitty cover, Mark.
Auteur : H. P. Lovecraft
Langue d'origine : Anglais
Première édition : 1954 (France)
Type: Recueil de nouvelles

Résumé :

Il s'agit d'un recueil de quatre nouvelles d'épouvante et de SF signées par Lovecraft entre les années 20 et 30, publiées originellement dans les magazines Weird Tales ou l'Astounding Stories.

Mon avis :

Je serai concis, dans la mesure du possible.

.: Dans l'abîme du temps (The Shadow out of Time - 1935)


Cette histoire a une idée de départ légèrement alambiquée mais qui est assez originale, bonne et bien menée pour vous triturer plutôt allégrement l'esprit pendant un petit moment, même aujourd'hui.
Je n'essaierai même pas de vous donner un synopsis en quelques mots - ça vous gâcherait pas mal de surprises et ça paraitrait quand même trop chargé.
Lovecraft développe un récit assez complexe en quelques dizaines de pages avec efficacité mais aussi avec pas mal de répétitions, qui font parti de son style et contribuent à l'ambiance générale. Lorsqu'il décrit les mêmes choses de façon évasive à plusieurs reprises, cela marche très bien parce que notre imagination voyage relativement librement en suivant les indications de l'auteur, mais lorsque ce dernier donne certains de détails - qui pouvaient sembler très impressionnants à l'époque - on frise presque le ridicule. J'avais déjà rencontré ce problème dans d'autres de ses nouvelles, telle que L'abomination de Dunwich (la description de l'hybride) par exemple. Ici ce sont les créatures d'avant notre ère dont la Grand-Race occupe les corps qui ont mal vieilli. Mais pour la plupart des éléments, je crois que les descriptions sont " intemporellement saisissantes " si vous me passez l'expression.
Toute sa carrière l'auteur a pris soin de remettre le lecteur à sa place, pour parler vulgairement, dans les ténèbres originelles. Ici ses côtés nihiliste ou " anti-humaniste " ressortent particulièrement. Pas de quoi jouer les vaniteux après avoir lu ça.
Personnellement je n'ai pas adoré, mais je dois avouer qu'elle met en forme quelque chose de vraiment intéressant , et on a droit à des moments de suspense plutôt savoureux vers la fin (malgré le fait que l'on sache que le narrateur s'en sort puisque c'est lui qui rapporte le tout par écrit, mais les enjeux dépassent largement sa propre vie.)
L’écrivain sait ce qui nous trouble (il en a même fait une liste assez large publiée chez nous dans Night ocean) et il réutilise ces concepts de différentes façons, j'avais déjà lu l'idée principale de cette histoire dans d'autres de ses écrits et je dois dire que c'est ici que je la trouve la mieux exploitée.

Ma note : 7/10

.: La Maison de la sorcière (The Dreams in the Witch-House - 1932)

D'après ce que j'ai pu lire ailleurs avant d'entamer la rédaction de mon avis, The Dreams in the Witch-House est l'un des " Grands textes " les moins appréciés. Lovecraft lui-même le trouvait mauvais, mais moins encore que son ami l'éditeur Derleth, qui le jugeait carrément très pauvre.
Et bien je dois avoir un mauvais goût prononcé, parce que je le préfère nettement au précédent.
Cette fois-ci nous pouvons déduire facilement que l'inspiration est un peu plus d'origine folklorique (la vision du sabbat) même si sur une bonne partie du texte l'auteur allie folklore/occultisme et mathématiques/surréalisme.
Nous avons un mélange plutôt équilibré entre horreur et science-fiction.
J'ai toujours du mal à vraiment accrocher lorsqu'il s'agît de dimensions alternatives peuplées de cubes organiques reliés en grappes - quoi que l'image est pas mal en elle-même - ou de trois cercles de feu aux teintes différentes superposés au centre d'un paysage fantasmagorique, mais ces visions sont justifiées ne serait-ce que parce que le rêve a ici une part importante (même si ce sont en réalité des descriptions de dimensions inconnues de l'homme.)
Lovecraft arrive bien à concilier les deux univers, mais mes parties favorites sont de loin celles où il traite d'une horreur plus traditionnelle. On retrouve étonnamment la réticence de l'antagoniste face au crucifix, même si, au vu de la théogonie lovecraftienne, cela me paraisse étrange.
On a une vieille bâtisse aux angles faussés, une sorcière bossue avec son animal familier au visage d'homme barbu (je pense aux mazzeri qui appartiennent au mythes de ma région, c'est très appréciable), un homme noir, des messes noires, des sacrifices d'enfants, des psalmodies mystérieuses... comment ne pas baver ?
L'histoire est moins originale, moins ambitieuse, mais beaucoup plus sympathique (même si je doute que ce fut l'objectif à la base.)
Je regarderai l'adaptation de Stuart Gordon pour Masters of Horror.
Un bon moment malgré quelques lacunes.
edit : j'ai vu l'adaptation, après avoir lu la nouvelle, ça va. Mais sinon j'aurais pas tout compris, et c'est assez ridicule. Mais certains changements sont pas trop mal et ça se laisse regarder.

Ma note : 7/10.

.: L'Appel de Cthulhu (The Call of Cthulhu - 1926)

Nous avons ici la nouvelle la plus courte du recueil, on appréciera donc l'absence de répétitions et de lourdeurs. C'est aussi le texte le plus ancien du corpus, il présente les Grands Anciens avec plus de détails que je ne l'aurais espéré, j'ai été surpris. J'aimais bien le fait de rester dans le vague quasi complet, mais ces informations sont très intéressantes et bien menées. On en sait plus sur le mode de fonctionnement de ces divinités chaotiques et leur rapport à l'homme (car ici l'être humain a une part un peu plus importante que d'habitude, semble-t'il (cf: les cultes)).
Comme pour la première histoire, nous avons un témoignage écrit par le narrateur (cette fois-ci en en synthétisant d'autres témoignages choisis), sauf que nous savons dès le départ que l'auteur a trouvé la mort. Ça améliore considérablement l'impact des quelques dernières lignes du récit qui touchent indirectement le lecteur, puisqu'elles sous-entendent que celui qui lit ce texte est aussi en danger de mort.
Pour répondre à Fry, la question des " angles faussés " est similaire ici, sauf qu'elle est beaucoup plus développée/exploitée.
Je tiens à souligner que l'extrait le plus intense est sans aucun doute la libération de Cthulhu, qui reste très impressionnante encore aujourd'hui, ce qui n'est pas le cas de toutes les " aberrations " de Lovecraft. Quand il se hisse hors de la porte, avec ces " ténèbres concrètes "... génial.
Mention spéciale aussi pour la descente des policiers chez les sectateurs.

Ce que je vais dire est sûrement très peu pertinent, mais de tous les écrits de cet écrivain que j'ai eu sous la main, c'est sans doute celui où son racisme et son intolérance sont le plus manifestes. Il n'y à qu'à voir comment il traite ses personnages non-aryens ou comment il présente des mouvements artistiques modernes tel que le futurisme (sur qui il s'appuie pour décrire R'lyeh d'ailleurs, autre horreur en elle-même.)
La seule raison pour laquelle je souligne cela ici, c'est parce que dans ce texte cette impression ressort vraiment explicitement.
Lovecraft a un style lourd et en dehors du temps, mais il suscite des images si terribles qu'on serait presque prêts à lui pardonner n'importe quoi, tellement il amène de choses en retour.
Cette apparition de Cthulhu, bon sang...

8/10

.: Les Montagnes hallucinées (At the Mountains of Madness - 1932)

Après un début laborieux, ce " petit roman " se révèle très interessant. Pouvant faire penser à The Thing par moments, où même à certains passages du Frankenstein de Shelley, on retrouve aussi certains aspects de la première nouvelle de ce recueil.
On apprend pas mal de choses sur l'univers de l'auteur, et diverses questions sont soulevées d'autre part. On se surprend à avoir un peu peur parfois. Je n'aime pas trop la fin et " l'humanisation " des " Autres " (la suprématie nouvelle des Shoggoths gâche un peu l’intérêt je trouve), mais c'est assez excusable.

8/10

Je en regrette pas d'avoir lu ces quatre histoires, même si c'était un peu laborieux quelquefois, et si ça n'a pas toujours très bien vieilli.


Note globale: 7,5/10


Dernière édition par Nhoj le Sam 4 Fév 2012 - 11:30, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: Dans l'abîme du temps   Mar 17 Jan 2012 - 13:58

Citation :
On a une vieille bâtisse aux angles faussés
J'espère que c'est pas trop copié sur L'appel de Cthulhu, ça. Tu me diras après l'avoir lu.

Ce qui est marrant, c'est qu'en lisant ton avis sur La maison de la sorcière, au bout d'un moment je me suis dit "ah oui, tiens, je suis en train de lire à propos de ce récit qu'a adapté Stuart Gordon". J'avais lu de quelle histoire tu parlais, mais j'ai oublié en cours de lecture en même temps que le rapport de l'histoire avec l'épisode de Masters of horror, tant je ne retrouve pas du tout ce que j'ai vu dans l'épisode. A part pour la sorcière et le rat.
(je crois que dans l'épisode c'est une jeune femme nue, il y a ça dans le livre ou c'est Gordon qui s'est emporté ? Very Happy ahaha)

Si j'avais su, j'aurais acheté Dans l'abîme du temps, pour avoir plusieurs récits classiques de Lovecraft tout en ayant celui que je voulais avant tout, L'appel de Cthulhu. Mais au moins, j'ai découvert Clark Ashton Smith...

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MessageSujet: Re: Dans l'abîme du temps   Mar 17 Jan 2012 - 14:46

Les angles faussés dans la littérature d'épouvante sont assez courants, donc ça me dérangerait pas. Il y en a dans la littérature gothique ou même encore plus tard chez Shirley Jackson ou Poppy Z. Brite.

J'ai trouvé l'adaptation pas mal, après avoir lu la nouvelle. J'aurais pas tout compris sinon, et c'est assez ridicule, mais regardable. Pour la femme nue, c'est une bonne idée dans la mesure où on retrouve la même chose dans Shining ou dans Ça par exemple. Un objet de désir qui une fois entamé se révèle être de la pire nature imaginable (après l'avoir bécotée la sorcière révèle son vrai visage au héros).
Aussi cet épisode se recentre davantage sur l'épouvante que sur la SF (c'est ce que j'avais envie de voir) tout en gardant au minimum le rapport science/folklore.
C'est longuet, ridicule et un peu confus, pour les défauts. Mais c'est fidèle et ça adapte l’œuvre originale de façon pas trop bête.

Fun fact : le héros me disait trop quelque chose et je pensais l'avoir déjà vu. Mais me suis rendu compte qu'il ressemble juste à ce nul de Cyprien. mais genre... la même tête.


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MessageSujet: Re: Dans l'abîme du temps   Mar 17 Jan 2012 - 15:53

J'peux pas me détacher de l'idée que c'était pour avoir une excuse pour montrer une femme nue. Comme dans mother of tears. La sorcière nue aux gros seins avec une toge sombre...

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