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 La ronde et autres faits divers

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Nhoj
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MessageSujet: La ronde et autres faits divers   Dim 16 Oct 2011 - 17:36

.: La ronde et autres faits divers :.



Auteur : Jean-Marie Gustave Le Clézio
Langue d'origine : Français
Première édition : 1982
Type: Recueil de nouvelles

Résumé :

Onze « faits divers », d'une banalité tout apparente.
Qu'il s'agisse d'un groupe d'ouvriers misérables passant en fraude la frontière italienne, de deux jeunes filles fugueuses ("La grande vie"), d'un enfant voleur, d'une femme accouchant seule sur la moquette d'un mobile home, surveillée par un chien-loup au regard de braise ; ou qu'il s'agisse encore de la fillette broyée par un camion, ou de la jeune fille violée dans une cave d'H.L.M., l'auteur impose aux faits une étrangeté bouleversante.

L'incident s'annule au profit du dénominateur commun de toute souffrance humaine qu'articulent l'horreur de la solitude, de la répression, l'injustice, et quoi qu'il arrive, le fol et vain espoir de rencontrer, dans l'amour et dans la liberté, une merveilleuse douceur. (Source : Quatrième de couverture)

Mon avis :

Ce livre faisait parti de la liste d'œuvres à étudier pour le cours de Français de ma classe seconde en 2005 — soit trois ans avant que l'auteur ne se voie décerner le prix Nobel.
Évidemment à l'époque je n'en avais lu que la moitié malgré le fait que les histoires m'intéressaient, ensuite je l'avais délaissé pour mieux vaquer à mes occupations respectables de jeune adolescent un peu foufou. Trois ans plus tard, j'en reprends la lecture durant ma première année de fac, avant de l'abandonner lâchement au profit de celle d'un autre livre - une fois encore à mi-chemin - sans raison particulière. Plein de malice, j'ai décidé récemment (après ma licence) de poursuivre en repartant de là où je m'étais arrêté... et ça y est, six années après, le sort est levé : j'ai traversé ces onze petites nouvelles comme il se devait.

Comme cela a été dit plus longuement par d'autres, Le Clézio nous raconte ici des histoires qui auraient pu être écrites froidement en quelques lignes dans un journal quelconque, mais en les développant dans le but de leur donner une valeur affective, d’insuffler une âme, une personnalité, un vécu, des sentiments et des doutes aux protagonistes. Il est question d'affect et de compassion.

Je n'insisterai pas sur le thème de la misère humaine (affective et financière) qui est largement abordé dans cet ouvrage, mais j'ai particulièrement envie de souligner le désir d'exotisme et la retranscription quasi-infernale du monde urbain qui jalonnent l'ensemble. La plupart des personnages ont envie de fuir leur condition (citées grises HLM, misère, monotonie, deuil, etc...) pour avancer aveuglément vers l'inconnu, seule source de réconfort ou au moins d’espérance (autre pays, fuite vers le rêve, le recours au crime " obligé " pour garder la tête hors de l'eau, le suicide (voire même le suicide social dans la dernière nouvelle, où l'enfant est prêt à aller en maison de redressement ne serait-ce que pour se rédimer vis-à-vis de son frère ou au moins pour le revoir). Évidemment, ces échappatoires sont frêles ou illusoires et ne mènent presque jamais à grand chose de concret. Les personnages préservent leur innocence, ou plutôt leur humanité, grâce à des espoirs naïfs qui les empêchent de sombrer dans l'apathie ou autre état critique.
Ces échappatoires aggravent souvent leur situation en réalité. Mais elles ont aussi l'air nécessaires.
En extrapolant un peu, on peut dire qu'un certain romantisme maintient et pousse ces persos qui luttent contre leurs carcans. Ces nouvelles sont en même temps empreintes d'une profonde nostalgie (Villa Aurore, Le passeur... ) qui tend à tenir le passé pour destination impossible (lorsque quelqu'un prend le route du passé c'est la désillusion, le temps a fait son œuvre et les mentalités ont évolué).

Le style d'écriture se veut très fluide — presque léger — pour décrire des événements graves, entraînant ainsi facilement le lecteur en avant comme dans un cours d'eau délétère, et le plonge dans des angoisses assez primaires, lui donnant envie parfois de reposer le livre pour x temps.
Et cet état est rendu possible aussi par la compassion qu'a l'auteur en se penchant sur ces histoires et à la faculté qu'il a de la faire sourdre sur le lecteur.

Donc voilà, si la forme et les propos sont courts et assez simples - oserai-je dire presque naïfs ? Disons sincères - ces récits sont plutôt poignants et saisissants. Ils sont surtout loin de laisser indifférent.

Ma note : 8/10 (mais il y a peut-être une part de nostalgie par rapport à ma première lecture)
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