La Crypte

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 Showgirls

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Fry3000
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MessageSujet: Showgirls   Ven 5 Aoû 2011 - 20:35


Fiche du film :
Réalisateur : Paul Verhoeven
Scénariste : Joe Eszterhas
Année : 1995
Genre : Drame
Acteurs principaux : Elizabeth Berkley, Gina Gershon, Kyle MacLachlan
Résumé : Nomi Malone arrive à Las Vegas en espérant pouvoir tout recommencer à zéro. Elle espère être danseuse, mais se rend compte dès son arrivée en ville qu'elle va devoir se battre et se méfier de tous pour grimper s'en sortir.

Mon avis :
Showgirls, pendant longtemps j'ai vu ça comme un film semi-érotique, que regardent les gens pour pas avoir la honte de regarder un vrai film à caractère sexuel, et c'est aussi comme ça que j'imaginais "Strip-tease", sorti un an plus tard d'ailleurs. C'était avant que je connaisse vraiment Verhoeven, et avant qu'au début de cette année scolaire, un prof nous ait montré le début, en disant que c'était génial. Peu dans la salle avaient vu ce film, juste deux mecs, l'un se défendant en ayant dit avoir regardé ça un soir sur M6.
Ce extrait qu'on avait vu présageait visiblement tout le film, la première mauvaise aventure de Nomi à Las Vegas correspondant à peu près, métaphoriquement, à ce qui lui arrivait plus tard. Ce n'est pas le genre de chose que j'aurais remarqué, mais je veux bien croire que Showgirls est plus malin qu'il n'y paraît.

Ce qui m'a tout de même happé dans Showgirls pendant sa première demi-heure, ce n'est pas tellement se que cache le film mais ce qui se trouve en façade, car mon attention a été captée par le début bien rythmé puis les spectacles de Vegas ont pris le relais pour s'assurer que je ne pourrais me détourner de l'écran, sans que je m'en rende compte.
Disons que les actrices font bien moins d'histoires que Sharon Stone, qui avait été mécontente que Verhoeven ait laissé voir son vagin à son insu (tiens j'ai lu sur IMDB qu'elle a auditionné pour Showgirls, alors que j'avais lu ou vu à la TV qu'elle ne voulait plus travailler avec ce réalisateur après cet incident).
En parlant de Basic instinct, le travail de caméra était formidable, c'était tout autant ça que ce qui se passait qui était excitant, or dans Showgirls je n'ai plus ressenti ça. J'ai admiré les actrices, les danses, les numéros, mais pas la mise en scène. Et ça je ne m'en suis pas rendu compte de suite, mais les spectacles m'ont donné l'impression d'être filmés, bien, mais sans rien de vraiment marquant ; j'ai admiré les numéros des danseuses en tant que tels.
Il faut dire que je ne suis pas trop difficile tant qu'il y a une simple captation de quelque chose d'un peu fascinant, là j'ai été captivé rien que par la scène dans le nightclub en voyant Elizabeth Berkley se déchaîner sur la piste. On peut quand même accorder à Verhoeven un talent pour rendre les scènes de danse en club attrayantes, c'était déjà le cas dans Basic instinct, ou alors il choisit bien ses actrices.

Pendant un moment il a suffi des déhanchements et des lap-dances pour que je sois intéressé. Ca peut être vu comme bien gratuit, oui, et... je n'ai rien à dire en retour pour le moment.
Eh, à la fin il y a même l'héroïne qui kicke la gueule d'un type en étant topless !
Il y a quand même un enjeu... des fois. La scène du lap-dance de Nomi est pas mal, on la voit faire son show habituel, et elle séduit l'homme tout en narguant sa maîtresse en face, tout en ayant l'air de suivre sa chorégraphie habituelle pour ses clients ; assez bonne façon de réinvestir une scène de full nudity pour y intégrer de quoi aider l'intrigue.
Showgirls montre les coulisses sordides de ces spectacles de charme, même si je me dis que ça tombe souvent dans la facilité et la caricature. Le patron qui dit à une de ses employées de le sucer pour rester plus d'une semaine, le type qui s'est bâti une réputation de connard pour obtenir le meilleur des danseuses qu'il auditionne, qui demande soudainement "show your tits" à une audition où il a viré quelqu'un pour ses "watermelons", et qui tend des glaçons à l'héroïne en exigeant que, comme lui, elle soit "erect".
Durant les auditions il lâche aussi un "sell your body", qui passerait presque inaperçu mais qui est très significatif. Il veut dire "mettez votre corps en avant", mais en même temps on en revient à l'exploitation de son corps pour de l'argent, ça brouille la distinction entre la danseuse et la pute, et à laquelle l'héroïne tenait car elle voulait bien se dénuder mais ne pas être une prostituée.
Un homme lui dit que ce qu'elle fait c'est "fucking them without fucking them", en parlant de ses clients. C'est assez vrai si on en reste sur cette idée de dénonciation, même si on ne peut nier que Verhoeven s'est fait plaisir à filmer ses actrices dénudées la plupart du temps, et qu'il fait plaisir aussi.
Cette réplique correspond bien au film aussi : la limite avec le long-métrage érotique est parfois très fine, et quand on voit Nomi jouée par Elizabeth Berkley insister pour dire qu'elle n'est pas une pute, où se place l'actrice, la femme derrière le personnage, dans tout ça ? Elle doit être seins nus ou entièrement nue la moitié du temps, quand elle n'est pas habillée de façon osée. Cet écho de la revendication du personnage sur ce que font les actrices du film est assez dérangeant, quand on y pense. Comment est-ce que, elles, font la différence, vu qu'elles exposent aussi entièrement leur corps ?
Tiens et dans le même genre, je me suis dit : et si Kyle MacLachlan avait vraiment souillé son pantalon ? A moins qu'ils lui aient mis une poche de glaçon autour des parties avant, je pense que ce serait possible.

Je me demande comment réagit le public féminin à ce film, est-ce que les femmes y voient un film entièrement gratuit ? Parce que vu toute la nudité étalée, on ne peut maintenir longtemps l'idée d'une dénonciation de l'exploitation des femmes. Showgirls doit tout autant exploiter les dames que les institutions qu'ils pointent du doigt Laughing
Il est flagrant que les spectacles prennent une place majeure dans le film, c'est bel et bien ça qui m'a captivé un bon moment, mais que penser d'un film qui se complaît autant de la simple monstration de numéros aux danseuses topless ? On nous les montre bien plus que le nécessite vraiment le film, et l'intrigue entre peu en compte dans ces moments là.
En fait l'histoire autour des numéros de danse est très simple, parfois il suffit juste d'un évènement entre eux, comme un intermède avant que ça reparte. Trahisons, jalousies, coup-bas, c'est aussi simple que ça, et parfois, mais pas toujours, ça a des répercussions sur les spectacles.
Quand une des danseuses fait tomber des billes sur la scène pour faire tomber une autre, c'est pas tellement discret, mais ce qui est plus intéressant c'est de voir comment le conflit entre Nomi et Cristal se retrouve devant le public. Elles se mettent des bâtons dans les roues durant leur danse, mais il y a quand même quelques moments où leur colère mutuelle se mêle au jeu de scène ; elles se retrouvent partenaires, leur dispute se mêle à la représentation, et le numéro apporte sa théâtralité au conflit pour le mener à un autre niveau.
Il y a une bonne ambiguité dans la relation entre les deux femmes, qui représentent la nouvelle génération qui détrône l'ancienne, qui elle-même s'était débarrassée de celle d'avant (la visite à l'hôpital quand on se rend compte de ça fait presque penser que Showgirls est à ajouter à la liste de ceux que Black swan a recyclés).
On ne sait pas ce que pense vraiment l'une ou l'autre des rivales, il y a de nombreux retournements, quand l'une semble moins en vouloir à l'autre, voilà que c'est l'autre qui se comporte un peu plus en salope. La tension est toujours présente, jusqu'à la fin, quand elles... s'embrassent. Ouais... ?

Showgirls veut montrer un monde pas cool, où derrière les paillettes et les seins nus se déroulent des choses pas sympas. Dommage que ce ne soit pas aussi bien mené que dans d'autres films de Verhoeven, ce n'est pas assez percutant, et les quelques tentatives de secouer les spectateurs visent à perturber de façon trop évidente.
Encore, le type qui se marie avec une danseuse en disant qu'il ne sait pas s'il l'aime mais qu'en tout cas elle est enceinte, c'était pas mal ; le viol d'une groopie par sa star favorite c'est déjà vu mais ça fonctionne encore, quoique le montage qui montre une scène de bal tranquille en parallèle c'est un peu trop cliché. Par contre le moment où les enfants sont présents dans la loge où les danseuses s'habillent, et qu'ils se plaignent du mot en "f", c'est un peu trop facile.
Il y a un personnage qui dérange, c'est Henry, cette femme vulgaire aux blagues plus que douteuses qui fusent, aux chansons détournées où elle ajoute juste "full of shit" à la fin ; en plus elle est en surpoids et a un dispositif dans sa robe pour montrer ses seins, c'est un personnage fait pour incommoder le public.
Pourtant il n'y avait rien de suffisamment corrosif pour moi. Il n'y avait sûrement que Verhoeven pour filmer des scènes de sexe si explicites, mais par rapport à ses autres réalisations, la force du film n'est pas la même.

Showgirls m'a quand même bien plu, mais pourquoi en fait ? Je ne sais même pas. Ai-je été piégé ? Est-ce que ce film a du mérite ?
La fin qui répète le début est assez simple, un peu bête en fait. Est-ce qu'il faut y voir autre chose ? D'un côté on peut s'imaginer que Nomi tombe de nouveau dans le panneau, au vu des évènements du film qui sont un peu une répétition du tout début où elle perd tout, et quand on sait qu'une suite était prévue à Hollywood il aurait été possible qu'elle se fasse piéger par un monde pourri encore une fois, et les scènes dans le film qui reviennent sous des angles différents peuvent confirmer ça ; d'un autre côté on la voit prendre sa revanche sur l'arnaqueur du début, et elle ressort de toutes ses mésaventures pas trop mécontente. C'est assez étrange, vu ce qu'elle et son amie ont subies, mais elle a l'attitude de quelqu'un qui ressort grandit de quelque chose.
Je ne sais toujours pas comment noter, car j'ai pris du plaisir à voir le film, mais qu'est ce qui m'a plu ?
Bon allez, j'avais mis 7, je mets 6. J'aurai peut être les idées plus claires si je le revois un jour.
Et puis non, je mets 7, le cinéma c'est un spectacle après tout. Ou 6,5 ?

Je finis en signalant que l'actrice qui joue Hope, Rena Riffel, est du genre à me plaire. En 2009 elle a réalisé "Trasharella", le titre en dit long, et elle prévoit de réaliser et de jouer dans Showgirls 2 ! C'est tellement fou et tellement sot, mais au vu de ses autres réalisations, ça en dit suffisamment sur sa personnalité pour que j'approuve !

Bande-annonce VO :

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MessageSujet: Re: Showgirls   Sam 20 Juil 2013 - 15:21

LA critique que j'attendais pour ce film, une critique qui le réhabilite, en avançant ses bons points et en expliquant pourquoi ça a été un tel échec :
http://www.senscritique.com/film/Showgirls/critique/269263

EDIT : Putain j'ai essayé de relire ce que j'ai écrit sur le film ci-dessus et c'est vraiment chiant à lire, c'est de la merde. Si je voyais le film aujourd'hui, j'ose espérer que je rédigerais un truc moins long et plus constructif.

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MessageSujet: Re: Showgirls   Ven 1 Jan 2016 - 23:06

Un ami m'ayant reparlé de Showgirls, j'ai de nouveau été pris d'un malaise en pensant à quel point ce film est incompris, par un public qui en fait une lecture trop superficielle.
Je me suis dit que j'en ferais un article, un jour.
Mais en fait, il y a eu ça :
http://www.courte-focale.fr/cinema/analyses/showgirls/#comment-4404
Tout est dit là-dedans.

"Encore et toujours cet aller-retour entre le faux et le vrai, entre les paillettes et le sordide, entre l’excitation et le sadisme, avec la volonté de faire la lumière sur une réalité désagréable que beaucoup ne veulent pas voir en face."

EDIT : Putain j'ai relu mon avis après mon premier visionnage, c'est de la pure putain de merde ! J'ai honte d'avoir eu aussi peu d'esprit critique à une époque.

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MessageSujet: Re: Showgirls   Sam 2 Jan 2016 - 14:41

Le discours de Verhoeven aux razzies :

Paul Verhoeven, je t'aime.

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MessageSujet: Re: Showgirls   Dim 7 Fév 2016 - 7:41

Je voulais revoir Showgirls, et j'en ai eu l'occasion lors de la nuit Verhoeven organisée à la Cinémathèque.

Le film est tapageur, clinquant, un véritable bijou de vulgarité et de mauvais goût, ça en est jouissif. Mais c'est fait avec un énorme cynisme, un regard cru porté sur les Etats-Unis, dont les vices sont exacerbés dans le contexte de Las Vegas.
Un peu à la façon des Lettres Persanes, il y a une réplique prononcée par un étranger qui est présentée comme comique mais n'en est pas moins pertinente : "Aux USA, tout le monde est gynécologue", dit un Japonais dans une boite de strip-tease.
Showgirls fait un étalage d'horreurs, de beauferies, de personnages over-the-top à la perception de la réalité et des rapports humains complètement déformée, et ça en est hilarant.
Avant la projection, Verhoeven citait une critique qui l'avait traité de néo-nazi pour Starship troopers ; le ridicule de cette remarque semble évident, le film étant une satire qui tourne en dérision ses personnages et leurs univers, à l'aide notamment de cette imagerie nazie.
Mais pourquoi serait-ce si difficile d'avoir le même recul pour Showgirls ?

Tous les personnages sont sales, vicieux, ils se crachent leur venin à la figure avec des répliques qui claquent, d'une vilenie savoureuse. Ceux qui ont un minimum de bonté se retrouvent forcément corrompus ou perdent leur innocence.
L'héroïne est une fille "white trash", qui quand elle ne se montre pas niaise ou excitée par du shopping ou des stars, se révèle être matérialiste et manipulatrice. Elle est partie de rien et peu à peu laisse tomber les quelques principes qui lui restent pour se faire une place dans un monde monstrueux, quitte à devenir un monstre elle-même.
Sur scène, les chorégraphies requièrent des danseuses une précision de machines, et en coulisses, elles se comportent entre elles comme des animales. Pas des êtres humains.
Et en même temps, Verhoeven filme de façon à mettre en avant les spectacles ; qui ne sont d'ailleurs pas totalement gratuits et intègrent à chaque fois des éléments de dramaturgie, en rapport avec l'intrigue en cours.
Il y a des boobs, il y a du cul, mais ce qui empêche le film d'être trop complaisant, c'est cette double fonction des séquences de spectacle, de lap-dance, de pole-dance, etc, qui n'existent pas uniquement pour le plaisir lubrique des spectateurs mais pour faire avancer une intrigue qui, justement, pointe du doigt les travers de ce monde de perversion.
Il en va de même concernant cette énergie qui déborde de chaque séquence (et Showgirls dure tout de même plus de 2h !), c'est d'une frénésie qui retranscrit l'outrance de Vegas, et pourtant Verhoeven se sert de ces longs plans aux mouvements de caméras complexes pour en dire long sur les personnages et leurs rapports juste par le placement ou les déplacements des personnages.

Beaucoup de films de Paul Verhoeven aujourd'hui encensés ont été défoncés à leur sortie, et ont mis du temps avant d'être réhabilités. Combien de temps encore pour Showgirls ?
Je comprends qu'on n'apprécie pas, d'ailleurs je le comprends d'autant mieux maintenant que j'ai revu le film et son abondance de mauvais goût, mais il y a une mauvaise foi qui règne encore dans la plupart des reproches qu'on lui fait. Elizabeth Berkley est loin d'être mauvaise actrice. Le scénario n'est pas moins astucieux que celui de Basic instinct ou RoboCop. Et la réalisation est appliquée.


Bon je parle plus de la forme, mais cet article dit à la perfection tout ce que je pense de Showgirls sur le fond :
http://www.courte-focale.fr/cinema/analyses/showgirls/

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