La Crypte

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 Deadgirl

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Fry3000
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MessageSujet: Deadgirl   Mar 26 Juil 2011 - 23:55


Fiche du film :
Réalisateurs : Marcel Sarmiento, Gadi Harel
Scénariste : Trent Haaga
Année : 2008
Genres : Drame / Horreur
Acteurs principaux : Shiloh Fernandez, Noah Segan, Candice Accola, Jenny Spain, Eric Podnar
Résumé : Rick et JT, deux amis, sèchent les cours pour se rendrent dans un asile psychiatrique abandonné. Dans les sous-sols, ils découvrent une femme nue, morte, mais qui continue de bouger comme quelqu'un de vivant. Rick veut s'en aller à tout prix, mais JT décide de faire de cette fille son esclave sexuel.

Mon avis :
Durant ma période où j'étais à fond dans Troma, j'avais sûrement regardé de près la liste des participants récurrents de la compagnie, dont Trent Haaga, que j'ai remarqué comme acteur de Terror firmer et Toxic avenger 4, et aussi comme scénariste de ce dernier. J'aimais bien ce type, et dans sa filmographie je suis tombé sur Deadgirl, film qu'il a écrit, encore tout récent à l'époque. J'aurais pu gagner le DVD à la même époque, mais en fait non, donc mon visionnage a été retardé, et je ne m'y suis mis qu'aujourd'hui.

L'idée de départ me plaisait, c'était très intéressant, il fallait voir où ça allait mener, que pendant 1h30 ça ne tourne pas uniquement autour d'une bande d'ados qui s'envoient en l'air à tour de rôle avec un cadavre. Quoique ce genre de film doit exister. Bon déjà, au vu du sujet et de son traitement plutôt cru, qui ne se gêne pas pour montrer la deadgirl belle et bien nue, totalement, il y a de quoi se demander comment un film pareil a pu se faire. Ca parle de nécrophilie avec des ados, eh, quand même, et visiblement ce n'est pas une petite production qui a été élaborée en secret, dans une cave, entre une bande de potes sans le sou. L'image déjà indique que l'équipe a eu accès à un certain matériel, preuve qu'il y a quand même des gens qui ont accepté ce Deadgirl, même si les producteurs sont également les réalisateurs.
On sent quand même qu'on n'est pas non plus dans la cour des grands, il y a comme quelques rappels des origines cheap d'un film comme celui-là : un accéléré lors d'un punch qui est un effet assez inutile pour faire "genre", une réalisation et un montage assez gauches, comme lors de la scène de destruction dans l'asile trop courte et trop molle, incapable de rendre compte de l'énergie déployée par les jeunes malgré une tentative avec la musique rock par-dessus. C'est pas trop mauvais non plus, à part vers la fin quand le montage ne coupe pas au bon moment pour dissimuler que l'acteur se jette lui-même contre la grille, alors que son personnage est censé être balancé par la zombie.

Les réalisateurs ont aussi opté pour la facilité avec l'usage d'un filtre verdâtre appliqué à certains plans pour les rendre plus glauques. Il y a quand même un aspect dérangeant qui parvient à s'installer, et il y a au début quelques moments d'angoisse à la découverte du corps, essentiellement grâce à la musique qui accompagne la lenteur calculée de certaines scènes. La musique dans ces cas-là est une sorte de mélasse musicale qui ressemblait à "Carpathian ridge" de Donnie Darko en moins complexe et moins varié... cette intuition de ma part est en fait confirmée un peu plus tard à environ 35mn avec un pur plagiat de ma musique préférée dans Donnie Darko : "Slipping away". On dirait qu'ils ont juste changé un peu la partition et la sonorité, mais sinon c'est exactement ça, c'est assez honteux.
C'est le seul gros truc que je reproche à ce film, je ne sais pas si les réalisateurs ont dit à un compositeur "copiez-moi ça", mais c'est vraiment pas normal, et ça a de quoi affecter le reste du film avec une aura de malhonnêteté.
En tout cas pour le reste, et notamment l'aspect perturbant du film, on peut compter sur le jeu d'acteur auquel, pour le coup, on ne peut rien reprocher. L'acteur principal est jeune mais m'a marqué par sa capacité à un moment précis à sourire en même temps qu'il essaye de se retenir, pour revenir à son air inquiet d'auparavant, comme s'il reprenait ses esprits alors que son ami vient de lui proposer de toucher le sein de la zombie, alors que juste avant il voulait absolument s'en aller.

Ce qui est trop nul au début c'est qu'il y a plusieurs jump-scares à la con, comme dans beaucoup, beaucoup trop de films d'horreur. Ca peut aussi bien venir de la réalisation que de l'écriture, en tout cas des fois les deux ensemble semblent collaborer assez bien, aidés par le jeu des acteurs, primordiaux. Je pense surtout au début, avec la découverte, où la réalisation fait prendre son temps au film, comme pour préparer l'un des personnages à ce qu'il va apprendre, et les réactions sont réalistes face à la situation impossible qui comprend la fille zombie, ce qui donne une part de crédibilité à l'histoire.
On pense de suite que la situation est dégradante pour l'actrice, jouer en permanence nue, maquillée, une esclave sexuelle zombie, mais peut être qu'une des raisons pour que quelqu'un ait accepté c'est la signification accordée à tout ça. Je vois la deadgirl comme une allégorie du porno, ou des prostituées. Peut être plutôt les revues X, puisqu'un personnage dit quelque chose comme "c'est comme dans ces magazines".
Les personnages font partie d'une génération qui a à disposition tout un tas de substitut à une relation humaine, mais ils veulent la solution de facilité, le sexe directement sans avoir à se casser la tête, peu importe si c'est froid (comme un cadavre), dénué d'amour ou d'affection. Les adolescents de Deadgirl s'échappent de la réalité où ils ne peuvent avoir de relation avec une fille avec une zombie, là où d'autres se contentent de porno, et ils s'y habituent, n'accordant plus aucune importance à une vraie relation, cédant à la facilité du sexe tout simple et facile.
Je trouve l'un des slogans du film assez pertinent : "you'll never have anything better", c'est vrai, du point de vue de ces jeunes, ils pensent ne jamais pouvoir avoir de vraies filles, celle décédée est ce qu'ils pourront avoir de mieux dans leur vie, et en plus de ça il n'y a rien de plus facile à sauter qu'un cadavre...
Il n'y a que l'un d'eux, personnage principal, qui garde ses principes, et garde en tête l'idée de sortir avec la fille dont il rêve.

Dommage que l'on tombe dans le cliché du connard de sportif qui sort avec la belle fille, et qui la perd en partie quand il démolit le héros. De plus, après ça, l'histoire d'amour entre Rick et la fille est trop forcée, on les a trop peu vus ensemble, on ne croit pas à leur relation, surtout que lui est juste obsédé par leur premier baiser quand ils avaient 12 ans. On dirait que ce n'est que pour ça qu'il aime cette fille, et fait comme si c'était l'amour fou, lui répétant alors qu'elle meurt "I love you, I love you so much"... heureusement qu'elle lui répond à ce moment là "grow up", ça change complètement la donne, et là j'ai applaudi.
Vers la fin du film il y a pas mal de situations un peu loufoques pour tenter de renouveler l'histoire : une fellation qui tourne mal, une attaque de chien, un kidnapping raté dans l'intention d'avoir une nouvelle esclave, et un passage aux toilettes complètement what the fuck. Malheureusement c'est trop mou, les scènes paraissent trop décousu, et les enjeux dramatiques ne sont pas tellement forts. L'inquiétude du début du film n'est plus présente, et l'histoire faillit à maintenir une angoisse : Rick a failli laissé ses amis se faire tuer, mais après ça on croirait qu'il peut revenir les voir sans problèmes, malgré sa trahison. On sentait une tension entre Rick et JT, les deux amis, au début, de par leur divergence d'opinion, mais elle n'est pas exploitée par la suite non plus.
Ce qui aurait pu aider le film à mes yeux, c'est du trash plus explicite, plus de gore, alors que pour tout ce qu'il se passe dans le film, ce qui est montré est assez soft. Malgré des mises en images de scènes hards, on n'en capte que des bouts qui ne durent même pas une seconde, ce qui m'a réjoui de brefs instants, mais on sent trop que les réalisateurs ont hésité entre se lâcher et se retenir, et ils ont fait les deux en même temps. Ils montrent la Deadgirl entièrement nue mais n'osent pas représenter quelqu'un qui se branle, même pour de faux, ce n'est que suggéré. Ils montrent quelqu'un avec les tripes qui sortent, mais seulement par des flashs d'à peine une seconde. C'est étrange, quand par contre ils osent suggérer que la zombie se fait baiser par ses trous d'impacts de balles.
Je m'étais dit que Trent Haaga, lui qui a bossé sur des Troma complètement décomplexé, avait sûrement été plus libre lors de l'écriture du scénario, et qu'il était allé plus loin. Apparemment le scénario a effectivement été modifié, adouci, et c'est dommage.

Un film plutôt inégal, de bonnes idées je dirais, mais qui n'ont pas montré leur plein potentiel une fois concrétisées.
Deadgirl n’était pas si bon que ça, mais j'ai quand même envie de le conseiller, pour sa fin bien immorale, même si elle n'a pas tellement de sens avec ce qu'on sait du héros dans le reste du film...

Bande-annonce VO :

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Dernière édition par Fry3000 le Sam 30 Juil 2011 - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Deadgirl   Jeu 28 Juil 2011 - 15:43

J'ai justement particulièrement apprécier que le film ne tombe pas dans le Trash et le gore facile, se concentrant su la psychologie et la déviance sexuel des personnages.
Une ambiance sombre et malsaine, loin de la crudité de Nekromantik
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Fry3000
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MessageSujet: Re: Deadgirl   Jeu 28 Juil 2011 - 15:46

Bah j'aurais eu tendance à préférer un peu plus de gore car je n'ai pas ressenti assez d'ambiance malsaine, ou de suspense, ou autre élément d'un intérêt fort. Seulement quelques scènes plutôt intéressantes de temps en temps.
Et dans ces moments gores, ce qui m'a dérange surtout c'est le fait que les réalisateurs n'aient pas pu se décider à y aller à fond, ils sont restés entre deux, et du coup on sent qu'il se sont restreint.

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MessageSujet: Re: Deadgirl   Sam 30 Juil 2011 - 12:24

Une interview de Jenny Spain, "Deadgirl" elle-même :
http://www.horrorsociety.com/2010/11/12/interview-with-deadgirl-jenny-spain/

Je me demandais pourquoi elle n'avait fait que 2 films, et du coup comment elle s'est retrouvée dans le film. Un ami lui a parlé du tournage, mais sinon elle est mannequin, ce que je ne savais pas, ce qui doit expliquer qu'elle ait une si carrière si peu remplie au cinéma.

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