Fiche du comic :
Auteur et dessinateur : Daniel Clowes
Années : 1993 à 1997
Mon avis :
J'avais déjà envie de lire le comic Ghost world, mais en ayant vu le film que j'ai adoré, j'ai mis l'oeuvre originale en tête de liste pour l'acheter il y a quelques temps.
Je ne pouvais pas savoir, mais j'aurais du lire le comic book avant de voir le film, car ce dernier m'a un peu gâché la lecture. Clowes a participé à l'écriture du film, mais les deux oeuvres sont finalement très différentes. Mêmes persos, même esprit, mais même le message en arrive à être modifié.
Le comic book peut se voir comme le début du film mais en beaucoup plus long, où l'on s'amuse en critiquant tout ce sur quon on tombe, et ce par des filles légèrement déjantées et à l'humour acerbe. Une majeure partie du comic est ainsi, moi qui aurais souhaité voir plus de scènes de ce genre dans le film j'étais servi... en quelque sorte, car ça reste moins drôle. On retrouve les satanistes, Weird Al et Josh par exemple, mais ce devait être le jeu des acteurs du film qui rendait ça hilarant. Ce qui n'empêche que le comic reste quand même très drôle, et m'a même fait rire ouvertement.
Mais puisque le comic se déroule ainsi, on passe d'un sujet à critiquer à un autre sans qu'il n'y ait vraiment de linéarité ni d'intrigue à longue durée qui se crée. Ce sont justes ces petits délires qui se succèdent et s'effacent pour laisser place à d'autres.
Et comme tout cela se passe durant une période de liberté où aucun devoir n'appelle ces ados qui peuvent faire ce qu'elles veulent (on ne sait même pas à quelle moment de leur scolarité elles se situent), la critique provient d'elles mais il n'y a pas de critique générale de la société venant de l'auteur concernant les responsabilités qu'il faut prendre à un moment dans sa vie.
En fait, ce n'est qu'à la fin que ça arrive, ça n'est pas aussi développé que j'aurais voulu, et peut être que je n'aurais pas capté le message si je n'avais pas vu le film... si on considère que le message est le même, mais je pense que c'est le cas si j'ai bien réussi à décrypter les indices. En tout cas, Enid dans le comic n'est pas si extérieure à la société, elle essaye en fait de continuer ses études mais échoue, et c'est là qu'elle se sépare de son amie qui, elle, est entrée dans le monde du travail. Ce n'est que dans les dernières pages qu'on sent que l'une s'est adaptée alors que l'autre non, ce qui arrive de façon (trop ?) abrupte par rapport au reste de l'ouvrage, et ce bien que l'idée de devoir aller de l'avant soit introduite par le fait qu'Enid passe un test d'entreé à une université, et qu'il y ait un moment clé quand elle parle de quitter la ville. C'est certainement voulu que ça arrive si subitement qu'on ne le voit même pas venir, mais pour moi ça ne marchait pas si bien... parce que j'ai vu le film (cad que je savais comment ça allait se finir, et aussi parce que pour moi la manière donc c'était traité au cinéma était mieux !)
Ghost world en comic est sympa, ça fait que 80 pages mais qui occupent quand même pendant un moment. Je le relirais en prêtant une grande attention et avec un autre regard car, ayant vu le film avant, je m'attendais exactement à cette même dépiction exacte d'un moment de l'adolescence, drôle et tragique et décisif. Alors qu'en réalité cet aspect reste mineur, pour laisser place à plus d'humour. J'aurais du lire Ghost world en m'attendant à devoir essentiellement rire, avec une gravité moins présente.
Même si j'aurais pu l'être, je ne peux pas dire que j'ai été déçu car j'ai tout de même apprécié ce que j'ai lu, mais je n'ai pas eu ce à quoi je m'attendais en tout cas.
PS : C'est dingue quand même ce qu'ils ont fait du film, car il s'étend sur presque deux heures et développe ce qui était déjà dans le comic mais sans tout gâcher, mais au contraire en faire quelque chose d'incroyablement bien.