Auteur : Mark Millar
Dessinateur : J.G. Jones
Années : 2003-2005
Résumé : Wesley Gibson est un employé de bureau qui ne cesse de se plaindre de son quotidien. Un jour, il découvre que son père était le Killer, le plus grand tueur de tous les temps, et pour que Wesley touche son héritage, il doit intégrer la Fraternité et passer un long test afin qu'il puisse enfin avoir le contrôle sur sa vie.
Mon avis :
Il y a quelques années, je n'avais pas envie de voir le film, et donc je ne voyais pas l'intérêt de lire le comic. Mais apparemment, le comic était complètement différent du film et beaucoup plus trash.
Depuis j'ai vu le film, et en ce moment j'attend le film Kick-ass avec autant de ferveur que lorsque j'attendais Hot fuzz. Mark Millar est l'auteur de Kick-ass, il est l'auteur de Wanted, alors j'ai lu Wanted.
Le début est assez similaire au film, c'est juste plus développé dans l'adaptation cinéma. Ah et le héros est le sosie de Eminem. Enfin bref, à partir de 10 pages, même moins je pense, ça change complètement : le père de Wesley se fait tirer dessus alors qu'il était en train de filmer une scène porno gay. A son enterrement, il y a des sortes de mutants, un gnome, un être appelé "tas de merde"... j'avais du mal à y croire, mais ce n'est que le début de la descente dans une connerie extrême.
Wanted c'est sûrement le comic le plus con et le plus taré que j'ai lu. Rien ne nous est épargné, c'est plein de vulgarité, de violence sans limite et de stupidité incroyable.
Je pense que ceux qui avaient lu le comic avant le film devaient s'inquiéter, comment adapter un truc pareil au cinéma ? Heureusement (?), le film est complètement différent, ce n'est que l'idée de base qui est reprise, après ça diverge totalement. L'idée des balles déviées n'est même pas dans le comic.
Par contre Wesley rejoint un groupe de super-vilains qui ont tué tous les super-héros sur terre et ils continuent à en tuer dans des dimensions parallèles. A part ça, les membres de la Fraternité ont un pin's sur leur costume qui fait qu'ils peuvent faire ce qu'ils veulent, tuer ou violer n'importe qui, on leur dira rien ! Et sinon il y a aussi un monstre fait de merde , un clone de super-héros trisomique, des êtres mécaniques miniatures, un préservatif radioactif, ...
Bref c'est un gros bordel halucinant. Après je vous passe les paroles de Wesley Gibson ou la description qui nous est faite de Tas-de-merde.
Wanted se permet de faire tout ce qui est inimaginable. Le fait que les persos peuvent faire ce qu'ils veulent enlève toute morale, contrairement au film où ils tuent pour sauver d'autres personnes. Là le héros tue son voisin trop joyeux et tous les gens qu'il n'aime pas, même si ce n'est que pour un petit détail.
Les univers Marvel et DC en prennent donc plein la gueule aussi (Wanted est sorti chez Marvel), puisqu'on nous laisse comprendre que Wesley a tué Superman, Batman, et autres héros. Ca va même parfois trop loin, lorsque le vilain principal se défoule dans un commissariat.
Wanted c'est complètement écervelé, et c'est pourquoi la morale qu'ils essayent de nous faire avaler à la fin est dure à digérer.
Donc pour résumer : Wesley Gibson devient super riche en tuant tous ceux qu'il veut et sans limite, de plus à chaque fois qu'il tire il atteint sa cible comme par magie (il le dit presque lui-même).
Et à la fin, Wesley dit au lecteur qu'il est pathétique, et que lui aussi l'était, auparavant. Et ça essaye même de placer une critique de la société de consommation, puisqu'il dit qu'on va aller acheter un truc pour combler le vide dans notre vie.
Non faut pas trop déconner là. Ca essaye de nous dire qu'il faut devenir comme Wesley Gibson, sinon on a une vie pathétique ? Non mais c'était minable, après un récit aussi barjot, on peut pas essayer de faire rentrer une morale pareille.
Je crois que l'idée c'est de faire quelque chose de sa vie au lieu d'être simple spectateur, et ça passe mieux avec Kick-ass qui traite le sujet de façon réelle, mais là c'est tellement dur à avaler que ça en donne envie de vomir.
Le comic était bien en tout cas (oui oui, vraiment), jusqu'à cette fin débile. Dont l'idée a été conservée dans le film, d'ailleurs.